Berlin Blog

mercredi 10 février 2010

ASSE II, le stockage des déchets nucléaires tourne au désastre.

En inaugurant le stockage des déchets nucléaires dans une mine de sel il y a quarante ans l'Allemagne était à la pointe de la technique. Quarante plus tard elle a toujours une longueur d'avance, mais en préparant son évacuation!
Les autorités fédérales de surveillance des rayonnement et déchets nucléaires (BFS) ont remis en effet le 15 janvier leur expertise recommandent le dé-stockage des 126000 barils de déchets nucléaires entreposés entre 1967 et 1979 dans la mine de sel de Asse II, en Basse-Saxe, dans la région de Braunschweig. Dont 1300 fûts de déchets de moyenne activité, contenant environ 11 kg de plutonium de l'usine de traitement de combustible usé de Karlsruhe.

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samedi 23 janvier 2010

Lafontaine contraint de prendre du recul.

Oskar Lafontaine a donc décidé de prendre du recul. A peine remis d'une opération du cancer, il est contraint de songer à sa santé en priorité. Il abandonnera donc la présidence de « die Linke » (la Gauche) en mai, lors du prochain congrès, et renonce à son siège de député au Bundestag. Lafontaine est un rescapé. Il échappa de justesse à la mort, lors d'un attentat en avril 1990 et songea alors à raccrocher. Il soulignait samedi à Berlin devant un parterre de journalistes, qu'il ne pouvait pas ignorer ce "second avertissement". Contraint et forcé il retourne donc dans son fief, à Sarrebrück, ou il restera chef du groupe de "la Gauche", au parlement du Land.
Mais il donnera toujours son « point de vue » dans les débats fédéraux, "de temps en temps"...

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vendredi 22 janvier 2010

Mémoires: Anne Frank retrouve sa famille

Dans une page de son journal, écrite en octobre 1942, sous les toits de la maison d'Amsterdam ou sa famille était cachée, Anne Frank rêve de retrouver son cousin Bernd, son « professeur » de « patin à glace » pour valser ensemble sur la piste. « Nous formerons le duo le plus admirable ensemble».
Bernd, devenu le comédien Buddy Elias après guerre, sera pendant quinze ans vedette de la revue Holiday on ice dans les années cinquante.
A Berlin, en ce début du mois de décembre 2009, il se souvient d'une belle journée de l'été 1935, dans la villa de la tante française Olga Spitzer, près de Saint Moritz, ou Anne était venue passer ses vacances avec son père Otto. Elle a 6 ans, lui 10, et elle l'a emmené dans la chambre de leur grande-mère, Alice. Il doit se déguiser en empruntant robe, chapeau, coussins pour la poitrine, c'est un gage. Il rit en se regardant dans la glace, mais il n'osera pas aller s'exhiber au salon, dans cet accoutrement.

« Quant elle avait quelque chose dans la tête on ne lui enlevait pas », se souvient-il. A l'évocation de ces jeux d'enfants, les sourires ont éclairé un instant les visages des auditeurs tassés dans la salle du centre Anne Frank, à Berlin...

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mercredi 20 janvier 2010

Oskar Lafontaine règle ses comptes au sein de die Linke

Oskar Lafontaine, a fait sa première réapparition politique, sortant de sa convalescence, lundi soir, à Sarrebrück, lors de la réunion de "la Gauche". Prononçant un discours combatif et appelant à la fin des querelles de personnes au sein de son parti. Ce qui ne manque pas de sel.
Il s'est affronté vivement en effet ces dernières semaines avec Dietmar Barsch, le secrétaire général du parti la Gauche.
Lafontaine aurait reproché à Bartsch d'avoir rompu la confiance indispensable entre le secrétaire général et le président du parti. Alors qu'Oskar était mis sur la touche par la maladie, Bartsch aurait déjà eu sa succession en tête.
Pire, il aurait participé à la course aux rumeurs répandues dans les médias, "der Spiegel" en tête...

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dimanche 10 janvier 2010

AVEC LES VOEUX LES MEILLEURS DU RÉDACTEUR

:-))

mercredi 9 décembre 2009

Le bombardement de Kunduz poursuit le gouvernement allemand

L'offre du gouvernement allemand d'indemniser les victimes civiles du bombardement de Kunduz, est sans précédent. Le 4 septembre l'officier Georg Klein, commandant les troupes de la Bundeswehr de la région, faisait bombarder deux camions citernes volés par les Talibans à l'Otan. Alors que des habitants du village voisin étaient en train de s'y ravitailler en essence.
Dans un fax adressé lundi à l'avocat des victimes, Karim Popal, le porte parole du ministère de la défense, Christian Dienst, lui propose d'entamer un processus d'indemnisation à l'amiable, pour éviter dix ans de tracas judiciaire. Le ministère de la défense précise cependant qu': « il ne s'agit en aucun cas de la reconnaissance d'une obligation, d'un droit». Un geste « positif » de toute façon, selon l'avocat qui estime cependant qu'il faudra garantir une vie décente aux blessés et aux familles de ceux qui ont été tués. « Il ne s'agit pas de leur donner 1000 ou 2000 euros ».
Le gouvernement Afghan aurait déjà versé 1000 à 2000 dollars aux familles des victimes, soit de quoi vivre environ pendant une dizaine de mois. dans un autre contexte, la Bundeswehr a par ailleurs dédommagé de son côté des familles de victimes de ses soldats, qui ne s'étaient pas arrêtées à temps aux contrôles. Une somme de 13500 euros a été versée pour le décès d'une mère et de ses deux enfants.
Mais ces dédommagements individuels ne sont pas assimilables à l'offre de dédommagement de plusieurs dizaines de victimes de bombardement.
Afghan d'origine, Karim Popal est arrivé en Allemagne en 1979. Établi à Brème, allemand aujourd'hui, il s'est rendu plusieurs fois sur place à Kunduz pour faire l'inventaire complet du drame.



Il y aurait eu, selon lui, 179 victimes civiles, dont 20 blessés, 22 disparus et 137 morts. 5 Talibans auraient été abattus. Les bilans officiels faisaient en général des Talibans les principales victimes du raid – le bilan de l'Otan envisage lui jusqu'à 142 morts. Selon les estimations de l'avocat de Brème 163 enfants seraient aujourd'hui orphelins, 91 femmes auraient perdu leur mari, et sont aujourd'hui dans une situation qui les laisse pour beaucoup sans ressources.
Après avoir constitué ses dossiers, l'avocat s'était adressé en novembre au ministère de la défense. La réponse s'est faite attendre, le passage de l'avocat sur la 1ére chaine de télévision Ard, les menaces de victimes de porter plainte devant la cour internationale de la Hague, l'ont probablement accélérée. L'affaire de Kunduz a par ailleurs fait ses premières victimes politiques à Berlin, après la publication par le quotidien Bild de documents restés dissimulés au ministère de la défense depuis le drame, qui infirment la version officielle du bombardement. voir mon billet à ce propos
Le chef d'état major de la Bundeswehr, le général Wolfgang Schneiderhan devait démissionner. Karl Josef Jung (CDU), ministre de la défense en poste au moment du bombardement, ministre du travail du gouvernement actuel, de même. Une commission d'enquête parlementaire a été constituée, qui risque d'impliquer jusqu'à la chancelière. Le ministre démocrate chrétien de la défense, Karl Theodor zu Guttenberg (CSU), a reconnu devant le Bundestag que le bombardement avait été une erreur contre-disant ses déclarations précédentes, tout en soutenant l'officier qui l'aurait ordonné, « pour protéger ses hommes ». Il est aujourd'hui la première cible des critiques que ses explications n'ont toujours pas convaincu.
Selon l'hebdomadaire Stern un rapport de la croix-rouge dont zu Guttenberg aurait eu connaissance dés le 6 novembre soulignait déjà que le bombardement de Kunduz n'avait pas respecté les conventions internationales, enfreignait les droits des peuples. Le ministre affirmait pourtant alors que le raid était justifié militairement.
L'officier Klein qui commanda le bombardement avec un de ses collègues sous le nom de code de « red baron » -pseudonyme d'un as de l'aviation allemande de la première guerre mondiale, « héros » d'un jeu d'ordinateur de combat aérien aujourd'hui - refusa à cinq reprises les « piqués d'intimidation » proposées par les aviateurs US pour faire fuir les civils. Il prétendra que les camions citernes constituaient un «danger immédiat » pour ses troupes et aurait réclamé l'usage de 6 projectiles pour les anéantir, les pilotes refuseront et utiliseront « seulement » deux bombes. Il affirmera ensuite avoir craint de voir les Talibans utiliser les camions dans un attentat suicide contre le camp de la Bundeswehr, à 6 kilomètres de là. Une hypothèse peu plausible.
Selon les témoignages que l'avocat Karim Popal a recueilli sur place, les villageois venus en masse se ravitailler en essence sur les camions citernes avaient évidemment vu les avions. Ceux-ci semblaient être simplement en reconnaissance. Ils ne pratiquèrent aucun tir d'avertissement, aucun piqué sur les cibles avant une heure du matin (les camions avaient été détournés vers vingt heures). Le gros des villageois avait donc conclu qu'ils avaient reconnus la présence quasi-exclusive de civils sur le terrain et s'étaient éloignés après leur ravitaillement. Avant que l'officier allemand ne déclenche le bombardement fatal.

lundi 30 novembre 2009

Deutschland lied, hymne nazi et Peter Doherty

J'ai été tout de même un peu surpris en lisant cette dépêche sur le site de "24 Heures".
MUNICH | Peter Doherty a provoqué un scandale lors d'un festival de rock à Munich. Le chanteur britannique a entonné «Deutschland, Deutschland über alles», strophe bannie de l'hymne allemand depuis l'après-guerre. afp / ats | 30.11.2009 | 13:27
Le chanteur des Babyshambles, connu pour ses frasques et sa consommation de drogues, s'est fait huer par le public mais a continué de chanter jusqu'à ce qu'une animatrice de ce festival pour jeunes lui enjoigne de quitter la scène, rapporte la presse munichoise.
Mise à jour le 1er décembre: Peter Doherty s'est excusé. Enfin, son manager l'a fait pour lui. «Nous avons décidé d'interrompre le passage de Peter Doherty sur scène dès que possible», ont expliqué les organisateurs dans un communiqué. Ce festival, organisé par la radio publique bavaroise, a également été diffusé en direct sur les ondes.
«Deutschland, Deutschland über alles» est la première strophe du «Chant des Allemands», l'hymne national de l'Allemagne. Elle a servi d'hymne aux nazis sous Adolf Hitler qui en ont fait un chant pangermanique.
Cette strophe n'est pas interdite officiellement, mais n'est plus chantée depuis la Seconde Guerre mondiale. Le troisième couplet de ce Chant des Allemands a été adopté comme hymne national après la Guerre.
Décidément ce genre d "incident" a la peau dure. Et m'a rappelé la bourde de l'Élysée, le 11 novembre dernier ( voir mon billet à ce propos). La réaction des Münichois montre, et c'est ça qui est important, combien ce genre de provocation irrite en premier les Allemands qui doivent la subir.
Mise à jour le 1er décembre: Peter Doherty s'est excusé. Enfin, son manager l'a fait pour lui.

jeudi 26 novembre 2009

Afghanistan, le chef d'état major de l'armée allemande démissionne

L'atmosphère était lourde au Bundestag aujourd'hui. Les révélations du quotidien populaire Bild Zeitung accusant le ministère de la défense d'avoir dissimulé des informations sur les dizaines de victimes civiles du bombardement aérien du 4 septembre dernier, en Afghanistan ont fait l'effet d'un bombe. L'opération avait été requise le 4 septembre par le commandant de la Bundeswehr, Georg Klein, près de Kunduz. La vidéo témoin prise par le bombardier F15 de l'aviation US est sans appel ( voir ma revue de presse). Des grappes de silhouettes s'agitent autour de deux camions citernes volés par les Talibans à l'Otan. Le pilote du F15 demande s'il doit faire un survol d'avertissement pour faire fuir les civils, venus se ravitailler en essence.
L'officier allemand, nom de code « red baron », qui dirige l'opération, répond: « négatif ». Le pilote demande alors si les cibles constituent bien « le danger immédiat » pour les troupes allemandes, condition impérative pour avoir droit de faire feu. « Red baron» confirme. C'est une contre-vérité. Mais l'officier Klein justifiera le bombardement en arguant de sa crainte de voir les Talibans utiliser les camions citernes dans un attentat suicide contre le camp de la Bundeswehr à 6 kilomètres de là. Les bombardiers feront 142 morts, dont 30 à 40 civils.
La vidéo et le rapport de la gendarmerie militaire allemande qui confirme les victimes civiles seront dissimulés à l'opinion, à la commission défense du Bundestag et aux parlementaires. Ils donnent évidemment une toute autre image du drame que la version officielle diffusée après le bombardement. Devant le Bundestag, le ministre de la défense d'alors, le démocrate-chrétien Franz Josef Jung, s'appuiera sur « des sources afghanes », dont le gouverneur de la région de Kunduz, pour affirmer que seuls des « terroristes Talibans » ont été tués. Évoquant comme une simple hypothèse, d'éventuelles victimes civiles.
Le visage fermé, après avoir confirmé l'existence des documents cachés, Karl Theodor zu Guttenberg (CSU), le ministre de la défense du nouveau gouvernement Merkel, annonçait lui hier aux parlementaires la démission du chef d'état major de la Bundeswehr, le général Wolfgang Schneiderhan, et celle de Peter Wichert, secrétaire d'état du ministère, les premières victimes du scandale.
Sur les banc du gouvernement, Karl Josef Jung, ministre du travail d'Angela Merkel aujourd'hui, se retrouvait le dos au mur et faisait alors face aux questions des députés. Avait-il eu oui ou non connaissance de ces documents? Les avait-il consciemment dissimulés aux parlementaires? Répliquant à l'opposition qui réclamait sa démission, Jung choisissait l'esquive, et assurant en fin de journée, les avoir transmis à la commission d'enquête de l'OTAN sur le bombardement de Kunduz, sans même en avoir pris connaissance.
Une défense qui déclenchera le tollé de l'opposition et qui, si elle lui permet de rester à son poste pour l'instant, risque d'attiser encore le scandale plutôt que de l'éteindre.

lundi 16 novembre 2009

Sigmar Gabriel s'engage à ranimer un SPD en coma profond

Élu avec 94% des suffrages par les 525 délégués réunis à Dresde ce week-end, le nouveau président du SPD, Sigmar Gabriel, 50 ans, hérite d'un parti en ruine. Imposant, percutant, parfois jovial, Sigmar Gabriel, a conquis des troupes déboussolés, amères, qui tirent un bilan souvent négatif de onze ans de participation de leur parti au pouvoir. Il a promis de remonter la pente, après la défaite enregistrée lors des dernières élections fédérales, avec 23% des suffrages.
C'est une « débâcle effrayante » selon les termes du président sortant, Franz Müntefering, qui sera ovationné debout, longuement, après son discours d'adieu. Les quatre premiers intervenant, prenant immédiatement la parole après lui, réduiront pourtant à un tas de décombres la politique qu'il incarne, depuis l'élection de Schröder en 1998, avec Franck Walter Steinmeier. Le candidat chancelier malheureux du SPD face à Angela Merkel, en septembre dernier, est aujourd'hui président du groupe parlementaire social démocrate au Bundestag, Porte-parole de l'opposition au nouveau gouvernement d'Angela Merkel, ils est en quelque sorte numéro deux du parti,
Le premier orateur, un bavarois, assénera qu'il existe deux mondes au SPD. Celui de la direction du parti qui décide de la politique et celui de la base qui en fait les frais. Il en va ainsi de la réforme dite « Harz IV » par exemple, qui a réduit considérablement les prestations des chômeurs. Bilan de la distance qui sépare ces deux planètes: en dix ans de gouvernement, le SPD a perdu la moitié de ses électeurs et 400000 membres.
Le second orateur, un bavarois lui aussi, soulignera que le parti a perdu toute culture associant ses membres à l'élaboration de sa politique. Tandis que le troisième, venu de Rhénanie du nord, député au Bundestag, décrira des dirigeants incapables de s'apercevoir qu'ils se trompent et de redresser la barre avant d'aller droit au mur.
Quatrième intervenante, Ursula Engelin-kiefer, porte-parole respectée du mouvement syndical, finira de planter le décor d'un parti en ruine en retraçant comment le SPD s'est « distancié des travailleurs » dont il se dit le porte parole. Perdant ainsi leurs suffrages. La réforme de la retraite à soixante sept ans, impulsée par Müntefering alors ministre du travail du gouvernement Merkel, aura été, selon elle, le coup fatal.
Les intervenants qui se succédèrent ensuite reprirent en grande majorité ces reproches.
On avait parfois l'impression d'entendre mot pour mot les critiques qu'adresse Oskar Lafontaine à la politique de son ancien parti! Ceux qui tentèrent de faire la part des choses, de tirer un bilan plutôt positif de la politique gouvernementale du SPD depuis Schröder argumentaient essentiellement sur trois points. La crise et les défaites des sociaux-démocrates sont un phénomène européen.
Les électeurs qui se sont détournés du SPD ont aussi bien voté à droite, pour la CDU et le FDP, qu'à gauche pour die Linke.
Les mesures prises par l'ex chancelier Schröder pour la réforme du marché du travail visaient à relancer l'emploi et y sont parvenues, en partie au moins.
Franck-Walter Steinmeier, interrogé par la presse, reprendra quant à lui, imperturbable, la défense de la politique dont il fut l'un des auteurs et l'un des concepteurs aux côtés de Gerhard Schröder. Ignorant avec superbe la litanie des critiques des délégués de la base de son propre parti.
Dans son discours d'intronisation, Sigmar Gabriel devait conquérir lui les délégués du congrès, qui devaient l'élire ensuite au poste de président du SPD. Il ne pouvait donc en aucun cas faire la sourde oreille à leurs critiques.
Il a donc voulu démonter définitivement le mécanisme qui a enclenché la débâcle du parti social-démocrate, faisant un sort au « nouveau centre », le « neue Mitte », cher au chancelier Schröder, et dont la conquête lui aurait permis de vaincre Helmut Kohl.
Un centre sociologiquement inexistant, selon Gabriel, et dont la quête a conduit le SPD à rogner les angles de son programme social, pour ne pas effrayer le « neue Mitte » justement.
Le parti a ainsi affadi son programme, mis de l'eau dans son vin pourrait on dire. Et au lieu de conquérir l'hypothétique « neue Mitte », de le convaincre avec des idées de gauche, le SPD a perdu une bonne part de sa base dans les rangs des salariés, sans rien conquérir de stable « au centre ». Un bilan qui ne manque pas de pertinence.
Pour remonter la pente, estime Gabriel, le SPD devra convaincre à nouveau que le concours de tous, à fortiori de ceux qui vivent mieux que les autres, « chacun à la mesure de ses moyens», est indispensable pour tisser la solidarité nécessaire au bien être de chacun. Il devra reconquérir l'opinion au centre à partir de la gauche.

Un discours qui donnera aussitôt des ailes aux « Jusos », les jeunes du SPD, qui feront adopter avec une majorité écrasante par le congrès un texte en faveur de la « ré-instauration de l'impôt sur la fortune »!
Un amendement que la direction du parti souhaitait éviter justement, Franck Walter Steinmeier en tête. Et qu'elle devra finalement accepter, à contre-coeur. Mais « l'incident » est plus que révélateur alors que Sigmar Gabriel s'est engagé à démontrer aux électeurs que le « nouveau » SPD n'est plus celui qui les a déçu.

Voir également ma revue de presse, changement de capitaine sur le pont du SPD.

Bürger, Le bourgeois remplace le citoyen

Erhard Eppler, 82 ans, spécialiste du programme au SPD a fait un discours passionnant pour le cinquantenaire du programme de Bad Godesberg du SPD, pour remonter le moral des troupes de son parti, à Dresde. Remontant aux racines de la justice sociale, de la prise en compte de l'autre et non de son seul propre individu, il a fait référence bien sûr au christianisme. Le politique en Allemagne reste marquée par les lumières, la réforme protestante, l'affrontement entre les princes catholiques, Luther, et les réformateurs radicaux de l'insurrection paysanne emmenée par le pasteur Münzer. Un affrontement qui fut une vrai guerre civile.
Mais il a fait référence aussi à la révolution française qui a institutionnalisé le droit à la différence, la solidarité, avec les mots d'égalité, de citoyens. Eppler regrette « la misère de la langue allemande » -de quoi faire sursauter certains philosophes français- qui n'a pas inventé de mot propre pour la notion de citoyen et confond toujours celui-ci avec le possédant, les réunissant dans le terme Bürger, bourgeois, et donnant ainsi aux Bürgerpartei, CDU et FDP, la légitimité que les autres n'ont pas.
Il remarquait que le jeune homme qui fait son service militaire est un « Bürger in Uniform ». Doit-il lorsqu'il quitte l'uniforme voter pour l'un des deux partis précédents pour rester un « Bürger ». Un mot suffit parfois pour concentrer deux histoires différentes.

Bloc Note

Musiques:



Histoires
en photos

Une "vieille" photo qui me tient à coeur, à Leipzig en 1989, il y a bientôt vingt ans, le mur tombe, on vient s'informer sur le kiosque, devant la salle de concert du Gewandthaus, de quoi l'avenir sera-t-il fait?

Marathon berlinois 2008 sous un ciel bleu comme la Méditerranée, et en arrière fond, vous ne les voyez pas, la photo est trop réduite, mais ce sont des danseuses danoises qui font la samba d'honneur aux coureurs imperturbabes.

Marathon berlinois toujours. Cette fois on voit mieux marathoniens et danseuses.






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Je suis correspondant de presse en Allemagne pour les quotidiens la Croix, Sud Ouest, La Tribune de Genève, 24 heures de Lausanne. Vous trouverez sur ce blog billets et articles sur la vie politique, sociale, culturelle, en Allemagne et à Berlin.
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Revue de la presse allemande
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