Berlin Blog

vendredi 28 août 2009

Dîner de têtes pour l'anniversaire du chef de la Deutsche Bank à la chancellerie

Après le feuilleton des déplacements de la ministre de la santé Ulla Schmidt (SPD) avec son véhicule de fonction lors de ses vacances en Espagne (lire mon billet à ce propos), l'anniversaire de Josef Ackermann, président de la Deutsche Bank a fait la une de la chronique des scandales de l'été.

Josef Ackermann, le banquier suisse qui dirige la première banque allemande, a été accusé d'avoir profité d'une invitation de son « amie » Angela Merkel, pour fêter ses soixante ans à la chancellerie, selon un reportage de « Report Mainz », le magazine politique de la première chaîne allemande, ARD. Il ne conteste par les faits d'ailleurs et confiait voici deux semaines sur ZDF, la seconde chaine: « Elle (Merkel, ndr) m'a dit à l'époque » que « je devais inviter 30 amis et amies venus d'Allemagne et du monde avec lesquels j'aimerais passer la soirée(…) et je dois dire que ce fut une soirée merveilleuse ».

Le dîner de têtes remonte au 22 avril 2008 et n'avait éveillé dans un premier temps que la curiosité d'une député du Bundestag, Gesine Lötzsch, membre de la commission budgétaire pour le parti la Gauche. Elle demanda des explications au gouvernement en avril 2009. La réponse officielle ne fit guère de vagues: « le Dr Ackermann n'a pas fêté ses soixante ans à la chancellerie », la chancelière a simplement « saisi l'occasion de son anniversaire pour organiser un dîner avec des représentants du monde économique et social. » La commission du Bundestag responsable du contrôle du budget et des dépenses de la chancellerie a fini par examiner l'affaire mercredi 26 août. S'il est impossible d'estimer le coût total de la petite soirée, le simple recours à des « services extérieurs » à la chancellerie est évalué à 2100 euros. Ackermann -classé cinquième avec 9,6 millions de dollars dans le palmarès des revenus annuels des managers européens selon « magazin-manager »-, n'a pas déboursé un cent, apparemment.

Le dîner de tête d'Angela et « Joe » a d'abord déclenché quelques salves furibardes de l'opposition et du SPD. « Une chancelière ne peut pas se permettre d'inviter quelqu'un à fêter son anniversaire avec du bon vin et une bonne chère aux frais du contribuable, assène Renate Künast, cheffe des Verts. Elle n'est pas là pour ça ».
« C'est dépasser les bornes, renchérit Johannes Kars, responsable des affaires budgétaires du SPD. La chancellerie n'est pas une agence de rencontres. Il n'est pas possible que monsieur Ackermann y convie ses invités aux frais des contribuables. Nous ne sommes pas une république bananière. »

Puis plusieurs personnalitées social-démocrates,dont l'ex chancelier Schröder ou le ministre des finances Peer Steinbrück, ont pris la chancelière « sous protection »
, assurant qu'elle avait le droit d'inviter qui elle voulait et condamnant les polémiques de bas étages.

Au sein de la commission budgétaire du Bundestag la CDU, la CSU et le SPD ont fait front commun pour absoudre Ulla Schmidt, Angela, et Karl Theodor zu Guttenberg, le ministre de l'industrie, soupçonné d'avoir favorisé le cabinet d'un proche pour les travaux d'expertises de son ministère. Puis la liste des invités du dîner de la chancellerie a fini par sortir dans la presse.

On retrouvait autour de la table notamment: Franck Elstner, animateur de TV, Franck Schirrmacher, éditeur du Frankfurter Allgemeine zeitung, Kai Dickman, rédacteur en chef de Bild, Matthias Döpfner des éditions Springer et Friede Springer, -la veuve du magnat de la presse populaire Springer , Stephan Sattler de l'hebdomadaire Focus. Jürgen Hambrecht, président de Basf, Werner Wenning de Bayer, Gerhard Cromme de Siemens, le conseiller Roland Berger, les banquiers Tessen von Heydebreck et Friedrich von Metzler, ainsi que la propriétaire du groupe d'équipements automobiles Marie Elizabeth Schaeffler, représentaient la banque et l'industrie.
Annette Schavan (ministre de la formation et de la recherche) et Petra Roth, maire de Francfort, toutes deux de la CDU, donnaient le ton politique de la soirée, tandis que le président de l'institut Goethe, Klaus-Dieter Lehman, et l'organisateur des rencontres des prix Nobel Wolfgang Schürer, apportaient leur touche culturelle à l'anniversaire du président de la Deutsche Bank.

Le quotidien Süddeutsche Zeitung souligne vertement la célérité avec laquelle les parutions du groupe Springer (Bild, Die Welt, BZ, Berliner Morgenpost) ont défendu le dîner auquel participait leur état major. Alors qu'elles s'acharnent toujours sur le scandale Ulla Schmidt et sa voiture de fonction. « Bild n'informe pas sur la campagne électorale, il fait campagne ». le Süddeutsche Zeitung signale par ailleurs que la Deutsche Bank de Joe Ackermann est actionnaire du groupe Springer à hauteur de 8,4%.

mardi 25 août 2009

HORST SCHLÄMMER, CHANCELIER ?

La politique, tournée en dérision par Hors Schlämmer, un candidat chancelier surprise, n'a pas pris de vacance en Allemagne ou les élections régionales de ce dimanche seront un test grandeur nature pour le scrutin fédéral du 27 septembre prochain. Cheveux ébouriffés, moustache, barbe naissante et lunettes, Horst Schlämmer a pris les grands moyens pour s'inviter dans la campagne électorale. Il a fondé le « Horst Schlämmer Partei » (HSP), son parti de « gauche, libéral et conservateur ». Il a sorti son film « Je suis candidat » le 4 août, en première dans les salles de cinéma, et multiplié les affiches humoristiques du style « Yes Week-end », singeant le « Yes we can » de la campagne d'Obama.

Présentation du film "Isch Kandidiere"


Au cours d'une conférence de presse convoquée au Ritz-Carlton à Berlin, à laquelle assistaient les principaux médias et journalistes politiques de la capitale, il s'est fixé l'objectif de faire jeu égal avec Angela Merkel pour les élections fédérales du 27 septembre. Selon lui, Steinmeier est foutu et ne fait pas le poids face à Schämmer! Un sondage Forsa/Stern paru le 17 août, le HSP recueillerait déjà 18% des voix des électeurs Il atteint même 25% même chez les électeurs de la tranche d'âge 18 à 29 ans!

Mais Schlämmer n'est candidat « qu »au cinéma », comme les affiches de son film l'indiquent. Son parti promet « la justice en tout », la chirurgie esthétique gratuite pour tous, un revenu minimum garanti de 2500 euros, le droit de vote à 12 ans. Il assure que les enfants sont "notre avenir". Entre autres. Le candidat chancelier surprise est une création d'Hape Kerkeling, l'un des rois du rire en Allemagne qui a profité de la campagne électorale pour lancer son film. Et son « succès », qui le placerait dans les intentions de vote des électeurs immédiatement derrière Merkel et Steinmeier, est avant tout révélateur du discrédit de la politique qui s'est enraciné au cours des dernières années en République fédérale.

"Horst Schlämmer, pour la patrie".


Hape Kerkeling, le père de Horst Schlämmer, livre une Trabi, 10 ans après la commande et la chute du mur".


Hape Kerkeling live.
Il explique que les Allemands ne sont pas tellement appréciés à l'étranger
avec deux exemples. Un cours de langue à New York et l'appel à prier avec le Pape à Rome..."

Bloc Note

Musiques



Photos



Manifestation anti-atome à Berlin le 5 septembre 2009, colonne de tracteurs venus de la région de Gorleben, le site de stockage des déchets nucléaires, devant la porte de Brandenbourg

Les jeunes anti-nucléaires ont pris d'assaut les chars russes du mémorial à l'armée rouge.

Anti-nucléaire toujours, à Asse, le site catastrophe de stockage qui devra être évacué.

Marathon berlinois 2008, sous un ciel bleu, des danseuses danoises font la samba d'honneur aux coureurs imperturbabes.


Marathon berlinois toujours.


Leipzig en 1989, il y a plus de vingt ans, le mur tombe, on s'informe sur le kiosque, devant la salle de concert du Gewandthaus, de quoi l'avenir sera-t-il fait?





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Je suis correspondant de presse en Allemagne pour les quotidiens la Croix, Sud Ouest, La Tribune de Genève, 24 heures de Lausanne. Vous trouverez sur ce blog billets et articles sur la vie politique, sociale, culturelle, en Allemagne et à Berlin.
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