Klaus Ernst, vice président du parti la Gauche

Klaus Ernst, 54 ans, vice président du parti la Gauche d'Oskar Lafontaine, a été exclu du SPD en 2004, après trente ans de militantisme fidèle. Hostile à la politique de l'ex chancelier Schröder, il venait de constituer avec ses amis « l'alternative électorale pour le travail et la justice sociale », implanté dans les Länder de l'ouest de l'Allemagne. Le « WASG», fusionnera finalement avec le PDS, le successeur du parti communiste dans l'ex RDA de Gregor Gyzi et Lothar Bisky, pour fonder « die Linke ».
Mais Klaus Ernst reste un social-démocrate « pur sucre ». Défenseur des valeurs traditionnelles de la social-démocratie, la solidarité, l'accès au bien-être pour tous, la justice sociale, il se sentait chez lui au sein du SPD, jusqu'à la rupture, après l'élection de Gerhard Schröder face à Helmut Kohl, en 1998. « le SPD a renié alors son identité et suivi le vent du libéralisme. L'accès au pouvoir les avaient éloigné de la base, des électeurs, ils ne faisaient plus la politique pour les gens ». Ils pensaient seulement au pouvoir, à leurs jobs. » La réforme des retraites impulsée par le ministre du travail Walter Riester fut pour lui le « signal rouge »: elle signifiait « plus de sacrifices pour les salariés que la politique de Kohl. » Impossible à admettre pour un responsable syndical.
Originaire de Münich et cultivant son accent bavarois, Klaus Ernst a fait ses études d'économie à Hambourg, avant de s'investir dans la lutte pour les 35 heures au sein de l'IG Metall, le syndicat de la métallurgie, dans les années quatre-vingt. Devenu fonctionnaire de l'organisation, il sera élu en 1995 à la direction de la région de Schweinfurt, un bastion de l'industrie automobile ou les constructeurs viennent s'approvisionner quotidiennement en pièces, chez les gros équipementiers, Bosch, SKF, Sachs.
Quand Oskar Lafontaine, président du SPD, claque la porte du gouvernement Schröder, en mars 1999 pour protester contre  la politique « néo-libérale » du gouvernement du SPD et des Verts, Klaus Ernst décide de conjuguer ses efforts avec lui. Le fonctionnaire de l'IG Metall, pilier de la gauche du syndicat, organise la tournée des syndicats de base, afin que le leader social-démocrate rebelle viennent exposer ses idées, et rassemble les déçus de Schröder. Mais attention précise Klaus Ernst: « nous somme sun syndicat unitaire, vous ne connaissez pas ça en France. Nous avons invité aussi Norbert Blum, l'ex ministre du travail d'Helmut Kohl ». L'un de mes meilleurs collègues au syndicat est à la CSU (la démocratie chrétienne bavaroise). D'autres sont au SPD ou chez les Verts.
Il y cinq ans, une fusion du « Wasg » avec le PDS paraissait impossible pour Klaus Ernst. L'anti-communisme largement enraciné à l'ouest ne l'aurait pas toléré. Mais il n'y avait pas place pour deux organisations à gauche du SPD, dans l'Allemagne réunifié. Lafontaine ayant rejoint « l'alternative électorale pour la justice sociale et le travail », avait besoin d'un parti solide pour concurrencer les sociaux démocrates, dont il fut longtemps le « président charismatique ». Le rapprochement avec le PDS était donc inéluctable.
Klaus Ernst, élu député au Bundestag en 2005, aspire à ce que « la Gauche » prenne tôt ou tard ses responsabilités dans un futur gouvernement fédéral aux côtés du SPD! Mais « ce ne sera possible qu'avec un parti ayant renoué avec ses racines  social-démocrates», précise-t-il. Le retrait des troupes de la Bundeswehr d'Afghanistan, l'abrogation des mesures de réformes sociales impulsées par le gouvernement Schröder, et de la retraite à 67 ans, sont des préalables minimum pour une éventuelle action commune. Il prédit d'ailleurs une révolte au sein du parti social démocrate si le SPD ne prend pas ce tournant. A fortiori si le score du parti dimanche est inférieur à 28 %. Dans les deux ans qui viennent une nouvelle direction prendrait alors la tête du SPD. Et en 2013, pour le prochaines élections fédérales, une coalition rassemblant la Gauche, les Verts et le SPD pourrait devenir une vrai alternative.
« En attendant plus la Gauche est forte et plus elle contraint les autres partis à faire du social ».

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