la Sarre en route vers la Jamaïque, les Verts s'allient avec les libéraux et la CDU
Par Michel Verrier, lundi 12 octobre 2009 à 13:59 :: General :: permalien #130
« Nous coupons le cordon qui nous liait au sociaux démocrates, nous ne serons plus ainsi classés automatiquement à gauche », affirmait hier Hubert Ulrich, le leader des écologistes sarrois. C'est un «une expérience historique ». A Berlin la direction du parti écologiste n'est guère enthousiaste. « On n'avait certes encore jamais obtenu un tel accord, se réjouit Cem Özdemir, président du parti vert. Ce n'est pas un signal qui vaille pour la politique fédérale affirme Jürgen Trittin chef du groupe parlementaire Vert au Bundestag et hostile aux alliances « à la jamaïcaine » -une étiquette qui fait référence aux couleurs du drapeau jamaïcain qui sont les couleurs fétiches des trois partis, noir (CDU), jaune (Libéraux), Vert.
A Berlin les Verts veulent jouer au Bundestag le rôle de l'opposition modèle au nouveau gouvernement démocrate chrétien et libéral d'Angela Merkel. Sarrebrück risque d'être une épine dans le pied.
Pour la CDU le coup est par contre remarquable. Peter Müller semblait fini et renait de ses cendres. Il a su faire les concessions nécessaires pour donner aux Verts l'impression de façonner le futur accord de gouvernement. La taxe d'étude universitaire sera abrogée, la sélection en fin d'école primaire devrait être révisée et les élèves fréquenter ensemble jusqu'à 16 ans un collège unique -dans certaines établissements au moins. Une loi stricte pour l'interdiction de fumer devrait être adoptée.
Cerise sur le gâteau, Müller s'affiche aujourd'hui même comme un partisan de la sortie du nucléaire. Alors que son parti prépare actuellement à Berlin avec les libéraux, la levée de la loi de sortie de l'atome adoptée sous le gouvernement de Gerhard Schröder par le SPD et les Verts. Deux postes de ministres au gouvernement régional -pour trois députés verts élus au Landtag, que demander de mieux? 117 délégués sur 150 ont estimé au congrès du parti Vert dimanche qu'il fallait sauter sur l'occasion et voguer vers la Jamaïque.
35 d'entre eux seulement s'y sont opposés se prononçant au contraire en faveur d'une alliance avec le SPD et le parti la Gauche d'Oskar Lafontaine. Une mission impossible pour Norbert Ulrich qui « n'a aucune confiance en cet homme et son parti ».
Le coup de pocker des Verts est tout de même risqué. Ils avaient mené campagne contre Müller et laissé entendre qu'ils voulaient gouverner la Sarre avec Heiko Maas, le chef du SPD. Ils veulent maintenant « le changement », avec Müller.
« Échange crédibilité contre pouvoir », commente le quotidien alternatif Tageszeitung, plutôt favorable au parti écologiste. « Votez Verts et vous vous retrouvez encore avec la CDU », fulminent les électeurs déçus. Le parti écologiste est condamnés à réussir, selon la présidente régionale du parti écologiste, Claudia Willger-Lambert. Faute de résultats concrets au gouvernement il ne regagnera pas les électeurs qui avaient voté pour lui en croyant assurer ainsi la victoire d'une alliance à gauche, avec le SPD et le parti d'Oskar Lafontaine, après 10 ans de pouvoir de la CDU.
Chez les jeunes en particulier ce type de décisions passe mal. L'organisation des jeunes Verts s'affichait dés vendredi hostile aux choix du parti adulte. En Thuringe, à l'est, à l'autre extrémité de l'Allemagne ce sont les jeunes socialistes qui se rebellent également contre la décision de la direction du SPD de négocier un accord de gouvernement avec la CDU, au lieu de constituer une alliance avec la parti la Gauche et les Verts. Dans ce Land de l'ex RDA c'est une véritable rébellion de la base qui s'est exprimée ce week-end. 600 personnes se sont rassemblées à Erfurt à l'appel de notables du SPD pour contrer la décision du président de leur parti, Christoph Matschie, favorable aux démocrates-chrétiens.
Là encore la CDU semblait avoir été la grande défaite des élections régionales du 30 août. Le ministre président démocrate chrétien du Land, Dieter Althaus, 31%, chutant de 12 points sur les élections précédentes, perdant sa majorité absolue avant de démissionner, finalement, de son poste. Matschie, comme Ulrich en Saxe, accuse la Gauche d'être un allié impossible. Un argument qui ne convainc pas son propre parti, semble-t-il.
Le troisième bouleversement de panorama politique aura lieu aujourd'hui dans le Brandenburg, ce Land de l'ex RDA, fief du SPD depuis la réunification. A l'inverse de la direction du SPD en Thuringe, le ministre président social démocrate Mathias Platzeck va changer d'allié pour gouverner dorénavant avec le parti la Gauche. Mettant fin à dix ans de grande-coalition avec la CDU.


Les jeunes anti-nucléaires ont pris d'assaut les chars russes du mémorial à l'armée rouge.
Anti-nucléaire toujours, à Asse, le site catastrophe de stockage qui devra être évacué.
Marathon berlinois 2008, sous un ciel bleu, des danseuses danoises font la samba d'honneur aux coureurs imperturbabes.
Marathon berlinois toujours.
Leipzig en 1989, il y a plus de vingt ans, le mur tombe, on s'informe sur le kiosque, devant la salle de concert du Gewandthaus, de quoi l'avenir sera-t-il fait?
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