lundi 30 novembre 2009

Deutschland lied, hymne nazi et Peter Doherty

J'ai été tout de même un peu surpris en lisant cette dépêche sur le site de "24 Heures".
MUNICH | Peter Doherty a provoqué un scandale lors d'un festival de rock à Munich. Le chanteur britannique a entonné «Deutschland, Deutschland über alles», strophe bannie de l'hymne allemand depuis l'après-guerre. afp / ats | 30.11.2009 | 13:27
Le chanteur des Babyshambles, connu pour ses frasques et sa consommation de drogues, s'est fait huer par le public mais a continué de chanter jusqu'à ce qu'une animatrice de ce festival pour jeunes lui enjoigne de quitter la scène, rapporte la presse munichoise.
Mise à jour le 1er décembre: Peter Doherty s'est excusé. Enfin, son manager l'a fait pour lui. «Nous avons décidé d'interrompre le passage de Peter Doherty sur scène dès que possible», ont expliqué les organisateurs dans un communiqué. Ce festival, organisé par la radio publique bavaroise, a également été diffusé en direct sur les ondes.
«Deutschland, Deutschland über alles» est la première strophe du «Chant des Allemands», l'hymne national de l'Allemagne. Elle a servi d'hymne aux nazis sous Adolf Hitler qui en ont fait un chant pangermanique.
Cette strophe n'est pas interdite officiellement, mais n'est plus chantée depuis la Seconde Guerre mondiale. Le troisième couplet de ce Chant des Allemands a été adopté comme hymne national après la Guerre.
Décidément ce genre d "incident" a la peau dure. Et m'a rappelé la bourde de l'Élysée, le 11 novembre dernier ( voir mon billet à ce propos). La réaction des Münichois montre, et c'est ça qui est important, combien ce genre de provocation irrite en premier les Allemands qui doivent la subir.
Mise à jour le 1er décembre: Peter Doherty s'est excusé. Enfin, son manager l'a fait pour lui.

jeudi 26 novembre 2009

Afghanistan, le chef d'état major de l'armée allemande démissionne

L'atmosphère était lourde au Bundestag aujourd'hui. Les révélations du quotidien populaire Bild Zeitung accusant le ministère de la défense d'avoir dissimulé des informations sur les dizaines de victimes civiles du bombardement aérien du 4 septembre dernier, en Afghanistan ont fait l'effet d'un bombe. L'opération avait été requise le 4 septembre par le commandant de la Bundeswehr, Georg Klein, près de Kunduz. La vidéo témoin prise par le bombardier F15 de l'aviation US est sans appel ( voir ma revue de presse). Des grappes de silhouettes s'agitent autour de deux camions citernes volés par les Talibans à l'Otan. Le pilote du F15 demande s'il doit faire un survol d'avertissement pour faire fuir les civils, venus se ravitailler en essence.
L'officier allemand, nom de code « red baron », qui dirige l'opération, répond: « négatif ». Le pilote demande alors si les cibles constituent bien « le danger immédiat » pour les troupes allemandes, condition impérative pour avoir droit de faire feu. « Red baron» confirme. C'est une contre-vérité. Mais l'officier Klein justifiera le bombardement en arguant de sa crainte de voir les Talibans utiliser les camions citernes dans un attentat suicide contre le camp de la Bundeswehr à 6 kilomètres de là. Les bombardiers feront 142 morts, dont 30 à 40 civils.
La vidéo et le rapport de la gendarmerie militaire allemande qui confirme les victimes civiles seront dissimulés à l'opinion, à la commission défense du Bundestag et aux parlementaires. Ils donnent évidemment une toute autre image du drame que la version officielle diffusée après le bombardement. Devant le Bundestag, le ministre de la défense d'alors, le démocrate-chrétien Franz Josef Jung, s'appuiera sur « des sources afghanes », dont le gouverneur de la région de Kunduz, pour affirmer que seuls des « terroristes Talibans » ont été tués. Évoquant comme une simple hypothèse, d'éventuelles victimes civiles.
Le visage fermé, après avoir confirmé l'existence des documents cachés, Karl Theodor zu Guttenberg (CSU), le ministre de la défense du nouveau gouvernement Merkel, annonçait lui hier aux parlementaires la démission du chef d'état major de la Bundeswehr, le général Wolfgang Schneiderhan, et celle de Peter Wichert, secrétaire d'état du ministère, les premières victimes du scandale.
Sur les banc du gouvernement, Karl Josef Jung, ministre du travail d'Angela Merkel aujourd'hui, se retrouvait le dos au mur et faisait alors face aux questions des députés. Avait-il eu oui ou non connaissance de ces documents? Les avait-il consciemment dissimulés aux parlementaires? Répliquant à l'opposition qui réclamait sa démission, Jung choisissait l'esquive, et assurant en fin de journée, les avoir transmis à la commission d'enquête de l'OTAN sur le bombardement de Kunduz, sans même en avoir pris connaissance.
Une défense qui déclenchera le tollé de l'opposition et qui, si elle lui permet de rester à son poste pour l'instant, risque d'attiser encore le scandale plutôt que de l'éteindre.

lundi 16 novembre 2009

Sigmar Gabriel s'engage à ranimer un SPD en coma profond

Élu avec 94% des suffrages par les 525 délégués réunis à Dresde ce week-end, le nouveau président du SPD, Sigmar Gabriel, 50 ans, hérite d'un parti en ruine. Imposant, percutant, parfois jovial, Sigmar Gabriel, a conquis des troupes déboussolés, amères, qui tirent un bilan souvent négatif de onze ans de participation de leur parti au pouvoir. Il a promis de remonter la pente, après la défaite enregistrée lors des dernières élections fédérales, avec 23% des suffrages.
C'est une « débâcle effrayante » selon les termes du président sortant, Franz Müntefering, qui sera ovationné debout, longuement, après son discours d'adieu. Les quatre premiers intervenant, prenant immédiatement la parole après lui, réduiront pourtant à un tas de décombres la politique qu'il incarne, depuis l'élection de Schröder en 1998, avec Franck Walter Steinmeier. Le candidat chancelier malheureux du SPD face à Angela Merkel, en septembre dernier, est aujourd'hui président du groupe parlementaire social démocrate au Bundestag, Porte-parole de l'opposition au nouveau gouvernement d'Angela Merkel, ils est en quelque sorte numéro deux du parti,
Le premier orateur, un bavarois, assénera qu'il existe deux mondes au SPD. Celui de la direction du parti qui décide de la politique et celui de la base qui en fait les frais. Il en va ainsi de la réforme dite « Harz IV » par exemple, qui a réduit considérablement les prestations des chômeurs. Bilan de la distance qui sépare ces deux planètes: en dix ans de gouvernement, le SPD a perdu la moitié de ses électeurs et 400000 membres.
Le second orateur, un bavarois lui aussi, soulignera que le parti a perdu toute culture associant ses membres à l'élaboration de sa politique. Tandis que le troisième, venu de Rhénanie du nord, député au Bundestag, décrira des dirigeants incapables de s'apercevoir qu'ils se trompent et de redresser la barre avant d'aller droit au mur.
Quatrième intervenante, Ursula Engelin-kiefer, porte-parole respectée du mouvement syndical, finira de planter le décor d'un parti en ruine en retraçant comment le SPD s'est « distancié des travailleurs » dont il se dit le porte parole. Perdant ainsi leurs suffrages. La réforme de la retraite à soixante sept ans, impulsée par Müntefering alors ministre du travail du gouvernement Merkel, aura été, selon elle, le coup fatal.
Les intervenants qui se succédèrent ensuite reprirent en grande majorité ces reproches.
On avait parfois l'impression d'entendre mot pour mot les critiques qu'adresse Oskar Lafontaine à la politique de son ancien parti! Ceux qui tentèrent de faire la part des choses, de tirer un bilan plutôt positif de la politique gouvernementale du SPD depuis Schröder argumentaient essentiellement sur trois points. La crise et les défaites des sociaux-démocrates sont un phénomène européen.
Les électeurs qui se sont détournés du SPD ont aussi bien voté à droite, pour la CDU et le FDP, qu'à gauche pour die Linke.
Les mesures prises par l'ex chancelier Schröder pour la réforme du marché du travail visaient à relancer l'emploi et y sont parvenues, en partie au moins.
Franck-Walter Steinmeier, interrogé par la presse, reprendra quant à lui, imperturbable, la défense de la politique dont il fut l'un des auteurs et l'un des concepteurs aux côtés de Gerhard Schröder. Ignorant avec superbe la litanie des critiques des délégués de la base de son propre parti.
Dans son discours d'intronisation, Sigmar Gabriel devait conquérir lui les délégués du congrès, qui devaient l'élire ensuite au poste de président du SPD. Il ne pouvait donc en aucun cas faire la sourde oreille à leurs critiques.
Il a donc voulu démonter définitivement le mécanisme qui a enclenché la débâcle du parti social-démocrate, faisant un sort au « nouveau centre », le « neue Mitte », cher au chancelier Schröder, et dont la conquête lui aurait permis de vaincre Helmut Kohl.
Un centre sociologiquement inexistant, selon Gabriel, et dont la quête a conduit le SPD à rogner les angles de son programme social, pour ne pas effrayer le « neue Mitte » justement.
Le parti a ainsi affadi son programme, mis de l'eau dans son vin pourrait on dire. Et au lieu de conquérir l'hypothétique « neue Mitte », de le convaincre avec des idées de gauche, le SPD a perdu une bonne part de sa base dans les rangs des salariés, sans rien conquérir de stable « au centre ». Un bilan qui ne manque pas de pertinence.
Pour remonter la pente, estime Gabriel, le SPD devra convaincre à nouveau que le concours de tous, à fortiori de ceux qui vivent mieux que les autres, « chacun à la mesure de ses moyens», est indispensable pour tisser la solidarité nécessaire au bien être de chacun. Il devra reconquérir l'opinion au centre à partir de la gauche.

Un discours qui donnera aussitôt des ailes aux « Jusos », les jeunes du SPD, qui feront adopter avec une majorité écrasante par le congrès un texte en faveur de la « ré-instauration de l'impôt sur la fortune »!
Un amendement que la direction du parti souhaitait éviter justement, Franck Walter Steinmeier en tête. Et qu'elle devra finalement accepter, à contre-coeur. Mais « l'incident » est plus que révélateur alors que Sigmar Gabriel s'est engagé à démontrer aux électeurs que le « nouveau » SPD n'est plus celui qui les a déçu.

Voir également ma revue de presse, changement de capitaine sur le pont du SPD.

Bürger, Le bourgeois remplace le citoyen

Erhard Eppler, 82 ans, spécialiste du programme au SPD a fait un discours passionnant pour le cinquantenaire du programme de Bad Godesberg du SPD, pour remonter le moral des troupes de son parti, à Dresde. Remontant aux racines de la justice sociale, de la prise en compte de l'autre et non de son seul propre individu, il a fait référence bien sûr au christianisme. Le politique en Allemagne reste marquée par les lumières, la réforme protestante, l'affrontement entre les princes catholiques, Luther, et les réformateurs radicaux de l'insurrection paysanne emmenée par le pasteur Münzer. Un affrontement qui fut une vrai guerre civile.
Mais il a fait référence aussi à la révolution française qui a institutionnalisé le droit à la différence, la solidarité, avec les mots d'égalité, de citoyens. Eppler regrette « la misère de la langue allemande » -de quoi faire sursauter certains philosophes français- qui n'a pas inventé de mot propre pour la notion de citoyen et confond toujours celui-ci avec le possédant, les réunissant dans le terme Bürger, bourgeois, et donnant ainsi aux Bürgerpartei, CDU et FDP, la légitimité que les autres n'ont pas.
Il remarquait que le jeune homme qui fait son service militaire est un « Bürger in Uniform ». Doit-il lorsqu'il quitte l'uniforme voter pour l'un des deux partis précédents pour rester un « Bürger ». Un mot suffit parfois pour concentrer deux histoires différentes.

samedi 14 novembre 2009

"Deutschlandlied", Hymne allemand ou hymne nazi?


(mise à jour le 21/08/2011) Dur pour les championnes du monde de Canoë sur 1000 Mètres, Anne Knorr et Debora Niche! Elles ont dû endurer vendredi 19 août 2011 l'hymne nazi, "Deutschland über alles", sur le podium, en Hongrie, à la place de l'hymne allemand "Einigkeit und Recht und Freiheit". Une confusion "inacceptable", selon leur entraîneur, qui s'est dit consterné. Et il y a de quoi. Mais les organisateurs hongrois de la compétition ne sont pas seuls coupables de ce genre d'erreur fatale.
Lors de la cérémonie commune du 11 novembre 2009 sous l'arc de triomphe, les services officiels français annonçaient eux aussi dans le programme de la cérémonie l'exécution de l'hymne national allemand, «Deutschland über alles» , désignant ainsi la première strophe du Deutschlandlied, de rigueur sous le IIIè Reich et « interdite » de fait depuis la fin de la seconde guerre mondiale en Allemagne.
Ce genre d'erreur montre au passage à quel point les vieilles images de l'Allemagne gardent leur poids.

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jeudi 12 novembre 2009

Le 11 novembre ne dit rien aux Allemands

Un reportage à midi sur la première chaine et quelques rares articles de presse, le 11 novembre parisien d'Angela Merkel n'éveillait guère d'échos hier à Berlin. Le 11 novembre allemand n'a rien de commun avec la fête nationale, la victoire que l'on célèbre depuis des décennies en France. Rentrant chez moi pour écrire cet article, j'ai croisé un cortège d'enfants d'une école maternelle ou ce qui en est l'équivalent ici. Ils défilent ce jour là avec les lampions, pour célébrer Saint Martin et le partage de son manteau avec les pauvres. Rien à voir avec la guerre de quatorze. Et chaque année le 11 novembre à 11h11 précise, c'est le coup d'envoi du carnaval pour les Rhénans, dans la vieille ville de Cologne.
Rien qui rappelle la défaite allemande en 1918, l'arrogance des vainqueurs, et la signature du traité de Versailles qui restera en travers de la gorge de l'Allemagne. Il visait d'abord à lui faire avaler sa défaite. Inacceptable pour les Allemands, il sera l'un des boutes-feu de la propagande de Hitler, de la montée du nazisme, et de la seconde guerre mondiale. L'Allemagne a concentré sur cette période son travail de mémoire. Voilant du coup le souvenir du premier conflit. Une catastrophe a effacé une autre. D'où cet « oubli du 11 novembre, qui flattera au contraire longtemps la fierté nationale de la France.
Le geste de Mitterrand et de Kohl se tendant la main à Douaumont sur les restes des combattants français et allemands est de ce point de vue inoubliable.
Avait-il besoin d'un bis, sous l'arc de triomphe à Paris? J'en doute.
Quoi qu'il en soit Angela Merkel a fait hier le geste que jamais aucun chancelier allemand n'avait fait avant elle. Pour qui regardait la cérémonie -ce que j'ai fait grâce à France 24- sans arrières pensées, elle était poignante, au delà du tra la la et des uniformes, médailles et fusils qui ne sont pas ma tasse de thé.
Chapeau à Merkel. Elle a osé prendre la proposition de Sarkozy -qui n'était peut être pas dénuée d'arrières pensées...- au vol. Alors qu'ici, en Allemagne, cela n'allait pas du tout de soi.
« Je considère l'invitation du président français Nicolas Sarkozy, comme un geste très important, résume madame Eva Sabine Kuntz, secrétaire générale allemande de l'Ofaj (office franco-allemand pour la jeunesse), mais en même temps il faut vraiment l'expliquer aux allemands. C'est un très bon exemple de ce que doit être l'échange inter-culturel. Le président a fait un geste, mais il faut l'accompagner pour que les Allemands le comprennent. Ça ne va pas de soi. »
Faire du 11 novembre une journée de la réconciliation assumée dans les deux pays, nécessiterait en fait que la France réforme le cérémonial de sa victoire  et laisse tomber le défilé militaire et l'arc de triomphe. De son côté l'Allemagne devrait sortir cette date de l'oubli. Les deux pays sont ils capables de faire ces deux démarches? Sans que cela ne soient que des initiatives du sommet, de l'Élysée et de la chancellerie.
Et puis il faudra faire un choix.
On célèbre déjà chaque année la « journée franco-allemande », le 22 janvier. Une date appréciée à l'Ofaj, qui réunit alors des jeunes des deux pays dans ses locaux, en France et en Allemagne. La journée commémore la signature du traité de l'Élysée, il y a quarante ans, dont l'Ofaj est le plus bel enfant remarque avec humour et affection sa secrétaire générale. Ne vaudrait-il pas mieux donner toute sa puissance à cette date là, plutôt que de chercher à en trouver une autre, en tentant de transformer le 11 novembre en journée de la réconciliation.
Depuis des décennies l'Ofaj, qui organise actuellement 200000 échanges de jeunes entre les deux pays actuellement, est un pilier, solide, de l'amitié entre les deux pays. Il fait partie de ces liens presque structurels qui lient aujourd'hui les deux pays. Des jeunes aux entreprises, en passant par l'administration, les ministères, les universités, la recherche et j'en passe.
A chaque fois que l'on décrit la crise du couple, ce sont les têtes, chefs d'état et premiers ministres, qui ont du mal à s'entendre et c'est ce corps là qui fait la continuité du duo. C'est lui le signe le plus sûr de la réconciliation entre les deux ennemis héréditaires.

mercredi 11 novembre 2009

Berlin la foule des visiteurs croise les Berlinois sous la pluie

La fête du vingtième anniversaire de la chute du mur hier soir a reposé sur un sacré quiproquo. La planète s'était donné rendez vous à Berlin, les Berlinois pour l'essentiel étaient absents ( voir ma revue de presse). Ils avaient eux envahi les rues de la capitale le 3 octobre, pour la fête de la réunification, quand « le monde » était ailleurs.
Pas de chance. Depuis quelques jours les hôtels étaient pleins et les commentaires en italien, français, anglais, russe, se mêlent aux exclamations des Allemands, berlinois ou venus d'ailleurs, autour de la Pariser Platz, le long du mur factice. Une pluie fine, ininterrompue s'est mise à tomber hier soir sur Berlin, sans relâche. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, cent mille selon les plus optimistes, assistèrent néanmoins au spectacle retransmis sur toutes les chaines du monde. Hilary Clinton Nicolas Sarkozy, Dimitri Medvedev, Gordon Brown, ont traversé la porte de Brandenbourg ensemble aux côtés d'Angela Merkel.
Barrack Obama, absent, créa la surprise. Angela Merkel lui avait refusé la porte de Brandenbourg, lors de son passage à Berlin alors qu'il n'était encore que candidat démocrate aux élections présidentielles, il pris sa revanche hier soir avec une vidéo inattendue, saluant la chute du mur...de Washington. Entre les discours d'Hilary Clinton et ceux de Sarkozy, et Brown.
« Make love not walls », « faites l'amour pas des murs », la maxime s'étalait avec malice sur l'un des 1000 dominos de 2,5 mètres de haut en polystyrene alignés sur deux kilomètres, depuis la Potsdamer platz jusqu'aux rives de la Spree aux bords du Bundestag, peints par des jeunes jeunes des écoles de Berlin, mais aussi des quatre coins de l'Allemagne, ou du collège de Saint Petersburg aux USA, d'une école des Antilles ou d'Afrique du sud. Certains montaient la garde autour depuis des heures sous la pluie autour de leurs ouvrages pour s'assurer que rien ne troublerait leur chute. A 20h32, Lech Walesa le fondateur de Solidarnosc, casquette sous son parapluie transparent, enfonça le premier d'une bourrade avec l'aide du président hongrois Miklos Nemeth. Sans résistance les dominos chutèrent les uns après les autres sous les ovations des spectateurs rassemblées sous les parapluies. Sacré spectacle.



Mais Stephane, Hugo, Carole-Anne et Sara, sur la Pariser Platz, face à la porte de Brandenbourg, étaient tout de même déçus. Stephane était venu de la Rochelle à Berlin pour la première fois parce que c'est le « bon moment , une date historique pour découvrir la ville . Carole-Anne avait un an lors de la chute du mur, et elle regrette toujours de « ne pas avoir vécu cette époque ». Mais « les Allemands s'en foutent, ils ne sont pas là, les jeunes surtout », maugréait Hugo, originaire de Limoges, étudiant actuellement à la faculté de Dresde.
Ce n'était pas la faute de la pluie. Le 9 novembre n'est pas un jour férié en Allemagne.
La plupart des Berlinois avaient vécu une journée de travail normal puis étaient rentrés chez eux regarder le spectacle sur leurs écrans de télé. Pour eux, la fête populaire avait déjà eu lieu il y a un mois en fait, le samedi 3 octobre, le « jour de la réunification de l'Allemagne».
1,5 millions de spectateurs avaient assistés dans les rues de Berlin au spectacle de la troupe nantaise « Royal de luxe ». Deux personnages géants, la "petite" et son oncle le scaphandrier, sorti des eaux de la Spree, avaient traversé la ville devant les spectateurs ébahis, avant de se retrouver devant la porte de Brandenbourg, pour la bise symbolisant a réunion de ceux qui avaient été séparés (voir ma revue de presse).
Hier soir, la foule berlinoise n'était pas au rendez-vous.
Wolfgang, venu seul de Berlin Prenzlauer Berg, à l'est de Berlin faisait partie de ceux -des milliers, ou dizaines de milliers- qui faisaient exception au milieu des « touristes », allemands et étrangers qui avaient investi la ville et ses hôtels depuis quelques jours.
Il y a vingt ans, il avait appris l'ouverture du mur au bistrot avec ses copains. Ils avaient suivi la soirée à la télé et n'étaient passés à l'ouest que le lendemain. Il est heureux, vingt ans plus tard: « plein de choses sont mieux, même si pas mal sont pires ». Dans son sac, sa caméra. Wolfgang l'a emmenée pour faire des images et les montrer à ses amis, sa famille, restés à la maison.

michel-verrier.com
prix franco-allemand du journalisme 2011, catégorie internet.

Spectacles, musiques, loisirs à Berlin

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Une super 2 cv découverte à Hambourg -la DS 19 a aussi ses adeptes, et la Renault R4 fut également une voiture-culte en 68 face à la Coccinelle, raconte die Zeit

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Un "Beluga" avale un fuselage Airbus à Hambourg, pour l'emmener à Toulouse.

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Carrelage

Jardin à Remlingen, à deux pas du site de stockage des déchets nucléaires d'Asse II

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Mur reconstitué et (fausses) croix pour ses victimes, checkpoint charlie






Par Michel Verrier journaliste à Berlin
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Les bons billets
à lire:

Berlin-Prenzlauer-Berg 2010, un premier mai anti-nazi (en photos) hué par les habitants du quartier,
le défilé des néos-nazis n'a pas pu finir son parcours
.


der, die, das, la journal, le voiture, la soleil et le lune.
Petites réflexions sur les traductions impossibles



Existe-t-il un racisme anti-allemand dans les collèges ou les jeunes immigrés sont la majorité?
Un "choc des cultures" contesté.



Hambourg, l'éclairant échec d'une réforme scolaire. La majorité des parents cautionne la "sélection précoce" des écoliers


L'Euro, comment Merkel est prise entre deux feux.
Les orthodoxes lui reprochent ses compromis à Bruxelles, les européens convaincus ses diktats


Lidl, salaire minimum et société à deux vitesses.
Précarité, dumping salarial, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne.


Stuttgart en révolte contre la "gare du 21 ème siècle".
Une mobilisation qui a coûté à la CDU un Land qu'elle gouvernait depuis 58 ans.


Les morts de Duisbourg ont tué la "Love Parade".
Née à Berlin avec la chute du mur elle avait redonné à l'Allemagne l'image de la jeunesse


Oskar Lafontaine, politique et religion en Allemagne.
Les super-marchés ne peuvent pas remplacer les églises.


L'Allemagne n'attire plus les immigrés.
Des jeunes turcs nés en Allemagne retournent "au pays".


Thilo Sarrazin est-il un imposteur?
Une équipe d'universitaires démonte son usage des statistiques



"L'Allemagne se liquide elle même", selon Thilo Sarrazin, record des ventes en librairie
Le livre-choc critique le poids de l'immigration



La CDU n'aura pas gouverné la Rhénanie du nord plus de cinq ans.
Elle l'avait conquise en 2005 au SPD



Le bombardement de Kunduz par la Bundeswehr en Afghanistan, poursuit le gouvernement.
Propositions d'indemnisation des victimes


Berlin les ours, les oursons, les sangliers, les Guerilla gardener.
Et les lapins dans les coins verts


Les infiltrations minent le site de stockage nucléaire d'Asse.
La mine de sel modèle est un désastre.


Les juges favorables à la notation des prof's par les élèves.
En défense du droit à la liberté d'expression



BMW et la Bavières espèrent sortir renforcés de la crise.
Après une année de creux dans les commandes.


Berlin ,les cafés fumeurs contre l'interdiction de fumer.
Comment tourner la loi anti-tabac!


Winnenden, rien ne sera plus comme avant.
Tim K. a tué neuf élèves, 3 professeurs, dans son collège


Porsche, VW, bras de fer familial.
VW rachète Porsche qui voulait acheter VW.


Les déserteurs du III Reich réhabilités.
Il a fallu 65 ans pour briser le tabou


Margot Käßman, présidente de l'église protestante.
Une femme pour la première fois à la tête de l'église réformée


L'Élysée se prend les pieds dans l'hymne allemand.
Et le confond avec le "Deutschland über alles" des nazis


retraite paisible à Stuttgart pour Martin Sandberger, criminel nazi.
Condamné à mort à Nüremberg, ses relations familiales faciliteront sa libération


Anne Frank retrouve sa famille.
Un livre écrit par son cousin Buddy Elias fait revivre sa jeunesse au milieu des siens


La politique familiale ne décolle pas.
Peut-elle donner l'envie de faire des enfants?