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Oskar Lafontaine règle ses comptes au sein de die Linke

Oskar Lafontaine, a fait sa première réapparition politique, sortant de sa convalescence, lundi soir, à Sarrebrück, lors de la réunion de "la Gauche". Prononçant un discours combatif et appelant à la fin des querelles de personnes au sein de son parti. Ce qui ne manque pas de sel.
Il s'est affronté vivement en effet ces dernières semaines avec Dietmar Barsch, le secrétaire général du parti la Gauche.
Lafontaine aurait reproché à Bartsch d'avoir rompu la confiance indispensable entre le secrétaire général et le président du parti. Alors qu'Oskar était mis sur la touche par la maladie, Bartsch aurait déjà eu sa succession en tête.
Pire, il aurait participé à la course aux rumeurs répandues dans les médias, "der Spiegel" en tête...
selon laquelle Oskar entretenait depuis plus d'un an une liaison amoureuse avec Sarah Wagenknecht, la porte parole de l'aile marxiste de la Gauche. Lafontaine aurait été contraint de revenir à Saarbrück pour "sauver son ménage", abandonnant du coup la présidence du groupe parlementaire de la Gauche au Bundestag, à Berlin, trompant ainsi ses électeurs.

Une campagne de caniveau, haineuse, et qui visait à démolir l'image de Lafontaine. Elle l'a contraint à dévoiler sa maladie pour couper court aux rumeurs sur son retour à Sarrebrück. Interrogé à plusieurs reprises lors de la conférence de presse de ce samedi à Berlin, Lafontaine s'est contenté de dire que les affrontements de personne avaient été surestimés par les médias. Sans les nier. Gregor Gyzi et Klaus Ernst, le bras droit de Lafontaine, auraient déjà tout dit à ce propos, répondra-t-il aux questions des journalistes.
Or les deux hommes ont effectivement reproché sa conduite à Bartsch, comme étant illoyale. Bartsch a d'ailleurs renoncé, sous la pression de Gyzi, à se représenter au poste de secrétaire général de la Gauche au prochain congrès du parti, en mai. Et si Klaus Ernst est pressenti pour prendre le relai d'Oskar Lafontaine à la présidence du parti -comme on l'évoque aujourd'hui- Bartsch a été mis sur la touche. Mais les divergences entre les deux hommes, Bartsch et Lafontaine, sont surtout politiques.

Bartsch est un réformiste pragmatique et réaliste qui vise avant tout à donner à la Gauche le profil d'un parti apte à gouverner. A la tête de la capitale allemande, Berlin, ou du Land de Brandenbourg, comme c'est déjà le cas, avec le SPD, mais aussi au Bundestag à l'horizon des prochaines élections fédérales. Et pour cela, Bartsch est prêt à faire les concessions nécessaires. « On » le dit proche du SPD. Il oppose la Gauche, parti de masse et de gestion à l'est, à la Gauche ouest, qui fonde en partie son profil sur son statut d'opposition radicale. Plusieurs fédérations de die Linke à l'ouest, dont celle de Rhénanie du nord Westphalie, auraient réclamé sa démission, estimant que ses commentaires sont un coup de poignard dans le dos pour leur campagne électorale.

Lafontaine lui est sur une toute autre trajectoire. Pour le moment au moins. Il veut reconstruire une force social démocrate telle qu'il l'entend, qui impose aux possesseurs et au capital un partage des richesses et une répartition des fruits de la croissance en faveur des intérêts des salariés.
Il n'a donc pas pour le moment l'intention de gouverner, avec les sociaux démocrates à tout prix. D'où ses critiques tant à l'égard du gouvernement SPD/LaGauche qui gouverne Berlin que de l'accord entre les deux partis à la tête du Brandenbourg. Deux expériences que soutient Bartsch, et deux gouvernements qui, pour gérer la crise, sont contraints de serrer la ceinture de leur électorat.
Gregor Gyzi avait jeté son poids dans la balance en prenant ouvertement parti pour Oskar, contre Dietmar, son ami. Ce qui lui avait valu une volée de bois vert des fédérations de l'est de la Gauche qui l'accusaient d'avoir trahi leur porte parole au sein du parti. Bartsch est l'un de ceux qui a assuré la transition entre le SED de l'ex RDA, le PDS, puis die Linke.
Mais Lafontaine, selon Gyzi, est le seul à pouvoir permettre le développement du parti la Gauche à l'ouest de l'Allemagne.
Un fait que même Bartsch ne peut nier et qui finalement l'a privé de tout argument de défense réel dans son bras de fer avec Lafontaine.

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Je suis correspondant de presse en Allemagne pour les quotidiens la Croix, Sud Ouest, La Tribune de Genève, 24 heures de Lausanne. Vous trouverez sur ce blog billets et articles sur la vie politique, sociale, culturelle, en Allemagne et à Berlin.
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