mercredi 5 mars 2008
Sarko vu de Berlin
Mais en lisant lundi midi le titre les "cabrioles européennes de la France" dans le quotidien Frankfurter Rundschau le jour de la visite de Sarkozy à Hanovre pour l'inauguration du Cebit avec Angela Merkel, j'ai d'abord jeté l'oeil sur la signature de l'auteur du billet, le professeur Eckart D. Stratenschulte, président de l'Académie européenne de Berlin. Bref un connaisseur. Son billet dit en gros:
* Sarkozy est de retour en Europe -on se demande ou il était parti entre temps- fort d'avoir fait avaliser le mini-traité européen, après que l'élite française l'aie coulé il y a deux ans. Il a trouvé un nouveau truc pour se faire mousser, sachant qu'il avait peu de chances de prendre la Banque centrale européenne en laisse, c'est l'Union méditerranéenne, qui devrait renforcer les liens des états du sud de l'Europe et de la mer Méditerranée, tenir la Turquie à l'écart de l'Union européenne et redonner à la France un rôle dirigeant au sein de l'Union.
*A terme son projet signifierait la mort de l'Europe, la constitution d'une Union de l'Europe de l'est, opposant finalement la France et l'Allemagne. Pour éviter ce sort funeste Angela Merkel a fait pression pour que l'Allemagne soit d'emblée partie prenante de l'Union méditerranéenne, et le perdant du match de boxe sera finalement Sarkozy. Le couple franco-allemand aura fait les frais de sa crise de la "middle-life" -les sursauts du quinquagénaire ndt. Heureusement les français en ont déjà visiblement assez de ses cabrioles et devraient le lui signifier, espérons le, lors des municipales du 9 mars.
Le soir même, à Hanovre, Sarkozy et Merkel annonçaient leur réconciliation -je caricature. L'Union méditerranéenne aura bien le profil "rectifié Merkel", et la chancelière annonçait également avec le sourire un accord sur la réduction des émissions de CO2 des véhicules automobiles, entre Paris et Berlin. Pour la petite histoire l'Allemagne obtiendrait ainsi le feu vert de Paris pour poursuivre la production de ses grosses cylindrées, Mercedes, Porsche, Audi et BMW sur le compte de la réduction globale des émissions de la communauté européenne -j'exagère, mais à peine. En prime notre président se fendait d'un éloge dithyrambique du modèle allemand que "nous" aurions décidé de suivre à la lettre: "nous voulons tout faire comme vous" concluait-il!
Ce qui est en gros la dernière des choses à faire, et la plus grosse bourde que l'on puisse dire à nos amis Allemands lorsque l'on veut engager un dialogue constructif.
Mercredi l'Allemagne était paralysée par une grève des transports, et les statistiques officielles soulignaient que les salaires réels ont été réduits en 2007 pour la quatrième année consécutive. Un bon modèle en effet pour le président français, héraut du "pouvoir d'achat".

Angela Merkel l'a faite sereine, avec la pointe d'humour nécessaire -mais légère- pour écarter quelques questions piquantes. C'est son style. Elle a fait passer comme une lettre à la poste son double rôle: sa participation à la campagne électorale de Roland Koch en Hesse en tant que présidente de la CDU, contre le SPD, et son rôle de chancelière, "au dessus de la mélée", à la tête de la grande coalition, SPD-CDU.
Puis "Speedy Sarko" a commencé à perdre son crédit.
Ses charges contre la politique monétaire de la BCE -inspirée de la tradition de la Bundesbank-, heurtent Berlin, comme les libertés prises avec les critères du traité de Maastricht. Les heurts avec le ministre des finances allemand, Steinbrück, ont été sévères. Son attitude a-critique vis à vis de la Russie de Poutine, très proche de celle de l'ex chancelier Schröder, irrite la chancelière. La médiatisation de l'expédition lybienne de Cécilia Sarkozy a été très mal vécue en Allemagne ou le ministre des affaires étrangères, Steinmeier, avait déployé énormément d'efforts pour la libération des infirmières. La perspective de l'Union méditerranéenne renforçant le poids de la France en priorité ne séduit pas plus, au contraire.
Mais pour l'instant l'interdiction en vigueur depuis le 1er janvier n'aurait guère d'effet. Les contrevenants "sans plaquette", sont nombreux. Et puis le réseau circulaire du S-Bahn ne filtre pas les gaz émis à l'extérieur de la zone réservée au plaquettes, où les sans plaquette peuvent circuler librement. La protection est quasi-nulle. C'est un peu comme la blague des nuages de Tchernobyl, qui ne franchissaient pas les frontières.

Les jeunes anti-nucléaires ont pris d'assaut les chars russes du mémorial à l'armée rouge.
Anti-nucléaire toujours, à Asse, le site catastrophe de stockage qui devra être évacué.
Marathon berlinois 2008, sous un ciel bleu, des danseuses danoises font la samba d'honneur aux coureurs imperturbabes.
Marathon berlinois toujours.
Leipzig en 1989, il y a plus de vingt ans, le mur tombe, on s'informe sur le kiosque, devant la salle de concert du Gewandthaus, de quoi l'avenir sera-t-il fait?