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  <title>Berlin Blog - témoignage-reportage</title>
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  <description>Informations, Analyses, Réflexions</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Sun, 04 Jan 2026 11:56:22 +0100</pubDate>
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    <title>Duisbourg 2010: Les 21 morts de la Love Parade</title>
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    <pubDate>Wed, 06 Dec 2017 12:14:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Michel Verrier</dc:creator>
        <category>témoignage-reportage</category>
        <category>Dr Motte</category><category>love parade</category><category>Schaller</category><category>Techno</category>
    <description>&lt;p&gt;Le procès des organisateurs de la &quot;Love parade&quot;, qui fit 21 morts&amp;nbsp; à Duisbourg le 24&amp;nbsp;juillet 2010, s'ouvre le 8 décembre à Düsseldorf.&lt;em&gt;&quot;&lt;a href=&quot;http://plus.faz.net/evr-editions/2017-12-06/5300351&quot; hreflang=&quot;de&quot;&gt;La catastrophe était prévisible et le rassemblement fut autorisé malgré tout&lt;/a&gt;&quot;&lt;/em&gt;, note le&lt;em&gt; Frankfurter Allgemeine.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;(&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.michel-verrier.com/BerlinBlog/?2010/07/26/175-les-morts-de-duisbourg-ont-tue-la-love-parade&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ce billet a été publié sur mon Berlin Blog le 26 juillet 2010&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;)&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;figure style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;love parade.PNG&quot; class=&quot;media&quot; src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/.love_parade_s.png&quot; /&gt;
&lt;figcaption&gt;Love parade Duisbourg&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tunnel de Duisbourg et les 21 morts et les centaines de blessés qui en ont été victimes ont donné le coup de grâce&lt;/strong&gt; à la fête de la musique techno. Née il y a vingt ans à Berlin -en rassemblant alors 150 participants-, la Love Parade avait donné à l'Allemagne des années 2000 une nouvelle image rassemblant la jeunesse, l'amour et la musique, après la chute du mur. A l'effarement devant les morts, et les scènes de panique de Duisbourg, succédait hier l'incompréhension puis la colère face à l'amateurisme de l'organisation du rassemblement. Plus d'un million de personnes coincées entre un autoroute, une voie ferrée, des murs et des barrières, ne disposaient que d'un « trou d'aiguille», selon un policier, pour accéder au terre-plein ou les Dj menaient la danse, ou en sortir.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;iframe allow=&quot;encrypted-media&quot; allowfullscreen=&quot;&quot; frameborder=&quot;0&quot; gesture=&quot;media&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/-2onoJLq2-8&quot; width=&quot;560&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fête pendant le drame.&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La télévision retransmet la Love Parade et les premières annonces concernant la panique dans le tunnel et les premiers morts. Pour ceux qui connaissent la région le danger paraissait évident. Sur le forum du portail du groupe de presse régional Waz, &quot;der Westen&quot;, les internautes s'inquiétaient dés le 20 juillet : « qui connaît Duisbourg, sait que ça va être le chaos total » écrivait &quot;Kerchak&quot;. « Ce qu'il font là est totalement criminel, renchérissait &quot;Voltago&quot;, que feront-ils si le chaos tourne en panique ? Ou les gens pourront-ils trouver de la place? ». « Faire passer un million de personne à travers la route du tunnel...cela ne marchera jamais, c'est impossible, écrivait &quot;Klotsche&quot;, je vois déjà les morts d'ici, à la fin du rassemblement, si tous veulent le quitter par cet itinéraire étroit. » L'espace réservé à la fête, 260 000 mètres carrés environ, avait été jugé suffisant par les organisateurs pour 500 000 participants prévus. Il en viendra le triple. Ce qui n'a rien d'étonnant.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Love Parade ont toujours rassemblé plus d'un million de « ravers »&lt;/strong&gt; ces dernières années.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La fête se déroulait en plus dans la Ruhr, capitale culturelle de l'Europe 2010, ou les manifestations se succèdent depuis des mois. Le dimanche précédent, 60 kilomètres d'autoroute avaient été fermés à la circulation entre Duisbourg et Düsseldorf, afin de permettre à un million d'habitants d'organiser leur fête de « la culture quotidienne», au milieu des tables de victuailles et des réserves de bière. Deux millions ou trois millions de participants envahiront la chaussée.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre les murs et le tunnel, c'est l'étouffement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dimanche midi, Rainer Schaller, secrétaire général de la « Love Parade AG » et détenteur de la chaîne de « studios fitness » « Mc Fit », assurait que tout serait fait pour éclairer les causes du drame. « Par respect pour les victimes », le rassemblement de Duisbourg n'aura pas de suite. La Love Parade est morte. conférence de presse de l'organisateur de la Love Parade et de la municipalité. La fuite devant les responsabilités du drame. L'affaire ne fait que débuter par contre sur le plan judiciaire. Dés dimanche le parquet perquisitionnait les bureaux de la mairie de Duisbourg pour saisir les documents concernant la préparation du rassemblement, et ouvrir une enquête. Les mises en garde des policiers ou des pompiers, estimant Duisbourg inadapté, trop exigu, pour un rassemblement de plus d'un million de personnes auraient débuté il y a un an déjà.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En 2009 la municipalité de Bochum avait refusé d'organiser la Love Parade. Sur l'avis notamment du président de la police locale, Thomas Wenner, qui ne voulait pas « sacrifier la sécurité des participants, sur l'autel du profit ». Le policier aurait décidé aujourd'hui de porter plainte contre le maire de Duisbourg pour cette raison même. Matthias Roeingh, l'inventeur berlinois de la Love Parade en 1989, surnommé Dr Motte, n'a pas attendu lui le résultat de l'enquête pour condamner dés samedi soir les « fautes de management crasses » des organisateurs qui ont pris sa marque, « avides » de profits.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;« Ils sont coupables. C'est un scandale. Comment peut on laisser une seule voie de passage&lt;/strong&gt; au gens pour rejoindre un tel rassemblement. »&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dr Motte attaque nominalement Raine Schaller dans plusieurs journaux ce lundi. « Il s'en fou de ce qui se passe avec la Love Parade, son seul souci c'est de faire de la pub' pour sa chaîne de studios-fitness et de pouvoir en même temps déduire ses investissements dans le rassemblement de ses impôts. Je me demande comment on peut être à ce point cynique, comment il se peut qu'un organisateur soit quasi prêt à piétiner des cadavres pour le profit et le marketing. » La Love Parade, selon son fondateur, était devenue ces dernières années un pur événement commercial, laissant les gens et la culture sur le bas-côté.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il avait fini par vendre sa part dans la Love Parade Ag au président de McFit en 2007. Ses critiques à son égard aujourd'hui seraient d'ailleurs une forme de vengeance, selon certains. Mais les centaines de milliers de visiteurs venus à la Love Parade samedi se sont heurtés à l'étroitesse du projet, comme des lieux de rassemblement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un éducateur raconte dans le quotidien Tageszeitung son écoeurement lorsqu'il a débarqué à Duisbourg. Les parcs et espaces verts étaient bouclés, interdits aux jeunes visiteurs indésirables, le centre ville aussi. Venus pour faire la fête ils ont été utilisé pour un spectacle-pub', un évènement destiné à mettre la ville en relief, dans un espace fermé. Entassés, comprimés au milieu des poussière, coincés par les murs et le tunnel, étouffant les uns contre les autres, les flots de visiteurs resteront bloqués des heures, les vapeurs d'alcool, de « joints », se mêlant à l'excitation et la chaleur.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La foule qui sortait du rassemblement s'affrontait à celle qui voulait y entrer&lt;/strong&gt; encore dans un interminable surplace. L'accès du site de rassemblement, complet, ayant été bloqué par les organisateurs, des échauffourées éclateront, l'ambiance tournera à la panique, certains tenteront d'emprunter un escalier, un container, pour s'échapper de la cohue coincée dans le tunnel et de l'étouffement et s'effondreront sur la foule, morts ou blessés. Ce seraient ces « dérapages individuels », imprévisibles, qui seraient finalement responsables de la catastrophe, selon le maire de Duisbourg, le démocrate chrétien Adolf Sauerland, et son conseiller, le professeur Michael Schreckenberg, «spécialiste en risque de panique ». Elles auraient pris en défaut un « plan de sécurité » qu'ils jugent toujours inattaquable. Mais: « on ne bâtit pas un rassemblement comme la Love Parade en tablant sur la sagesse de ses participants, réplique un policier ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La police et les pompiers auraient tenté avant le rassemblement d'imposer une autre organisation de la fête, afin d'éviter le piège du « trou d'aiguille » du tunnel. Mais leur proposition aurait nécessité beaucoup plus d'investissement, et auraient été rejetées par la mairie «sous pression des organisateurs ». Les morts ont été victimes de « purs motifs d'intérêts » concluait hier Erich Rettinghaus, président du syndicat des policiers&lt;/p&gt;</description>

    

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    <title>&quot;Amok&quot; Münich dans le miroir de Winnenden</title>
    <link>http://www.michel-verrier.com/index.php/post/2016/07/28/Amok-M%C3%BCnich-dans-le-miroir-de-Winnenden</link>
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    <pubDate>Thu, 28 Jul 2016 13:44:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Michel Verrier</dc:creator>
        <category>témoignage-reportage</category>
        <category>Amok</category><category>Amoklauf</category><category>Kretschmer</category><category>Münich</category><category>Winnenden</category>
    <description>&lt;p&gt;Ce reportage fut écrit sur place à Winnenden en 2009 -pour la Croix&amp;nbsp;notamment-, après l'Amok de Tim Kretschmer 15 ans qui tua 15 victimes&amp;nbsp;avant de se donner la mort. Un inspirateur pour David Sonboly le meurtier de Münich.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&amp;nbsp;Murs blancs, portes et fenêtres closes, au milieu du centre scolaire, à deux pas du terrain de sport et des champs, le collège Albertville est désert, depuis trois mois. Au lendemain de la tuerie de Tim Kretschmer qui tua&amp;nbsp;huit écolières, un élève, trois professeurs, le 11 mars au collège Alberville, et&amp;nbsp;tuera trois autres personnes dans sa fuite, dont l'une devant l'hôpital psy qui jouxtait le collège&amp;nbsp;avant de se donner&amp;nbsp;la mort, cerné par la police.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;figure style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;BildKretschmer.jpg&quot; class=&quot;media&quot; src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/BildKretschmer.jpg&quot; /&gt;
&lt;figcaption&gt;ces jeunes vies qu'il a fauchées.Bild.&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;

&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 1.6;&quot;&gt;Les élèves ont repris les cours dans les salles des deux lycées et du collège voisin. Puis ils ont emménagé dans une «&amp;nbsp;école&amp;nbsp;container&amp;nbsp;» provisoire. Ses parois gris clair s'étalent à côté de la piscine municipale, côtoyant l'Hopital psychiatrique installé depuis des lustres dans le château de Winnenden, au milieu d'un parc superbe ouvert aux visiteurs invités seulement à garder «&amp;nbsp;leur retenue face aux malades&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;«On ne pouvait pas contraindre les élèves à revenir sur les lieux du crimes, explique Roland Dörr, administrateur des écoles à la municipalité. Il faudra laisser passer du temps avant de réintégrer l'ancien bâtiment, ré- aménagé sans doute. Car on ne fera plus jamais cours dans les classes ou douze personnes sont mortes&amp;nbsp;». En soirée, un air de rock sort d'une aile du bâtiment déserté, un groupe de jeunes répète, réanimant un instant les murs fantôme. Trois mois après le carnage toute trace visible du drame, bougies, fleurs, couronnes, ont disparu. Le marché grouille sur la place de la ville, autour de la fontaine, au milieu de vieilles maisons aux poutres de bois. Les terrasses sont pleines. Sur les collines alentour s'alignent les maisons particulières, quelques immeubles et espaces verts. Winnenden est une jolie petite ville de 28000 habitants, aisée.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Amok&amp;nbsp;», comme on appelle les tueurs fous en Allemagne -un terme curieusement emprunté au mélanésien «&amp;nbsp;meng-âmok&amp;nbsp;»: tuer avec une colère aveugle- semblait inimaginable, ici. «&amp;nbsp;Le choc a été terrible, note Olga au café internet. Aujourd'hui on doit vivre avec.&amp;nbsp;» La fête d'été de la ville en août a été annulée, à Pâques, les cérémonies des 40 ans de jumelage avec Albertville assombries. «&amp;nbsp;Pour les proches des victimes évidemment rien ne sera jamais plus comme avant. Pour la famille du meurtrier non plus».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour tous les autres: «&amp;nbsp;on a l'impression que la vie redevient normale, explique Elfriede, au milieu des guitares de son magasin d'instrument de musique, mais c'est trompeur. Il suffit de quelques mots et tout à coup ça remonte, on revit le drame. Ça durera peut être aussi longtemps que l'école-container sera là&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour les jeunes scolarisés en général: «&amp;nbsp; la situation redevient normale note Roland Dör. Sauf pour ceux du collège Albertville, leurs professeurs et parents.&amp;nbsp;Et cela va durer des années encore comme nous l'a expliqué l'équipe du lycée Gütenberg d'Erfurt, venue nous aider. Là bas 7 ans après la tuerie qui fit 17 morts en avril 2002, «&amp;nbsp;certains craquent encore, tout un coup: «&amp;nbsp;ils n'en peuvent simplement plus». Au centre de la cité scolaire de Winnenden, une station d'urgence est installée, dans des containers encore. Psychologues et agents de la sécurité sociale accueillent tous ceux qui ont «&amp;nbsp;besoin d 'aide&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Trois psychologues scolaires sont détachés en permanence au collège Albertville. A 12H45, des grappes de jeunes prennent leur envol, sortant des container gris surveillés par une société de sécurité. Pour Anja, 14 ans, qui bavarde avec ses copines: «&amp;nbsp;ça va mieux. Mais je me réveille parfois la nuit en sursaut&amp;nbsp;». Elle était à côté des classes des victimes, le jour fatal. «&amp;nbsp;Notre prof' a bouclé la porte», mais elle a tout entendu. Et puis le frère d'une copine qui était dans une salle ou Tim Kretschmer a déchargé son arme «&amp;nbsp;lui a tout raconté&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Charlotte, elle, «&amp;nbsp;aimerait bien revenir dans les anciens bâtiments. Les containers c'est moche et puis tellement bruyant&amp;nbsp;». Toutes veulent que les armes soient interdites dorénavant chez les particuliers. Le père de Tim en avait une quinzaine, enfermées dans un râtelier de sécurité comme la loi l'exige, sauf le Beretta dont se servira son fils. Anja, Charlotte et ses amies souhaitent aussi que les jeux d'ordinateurs ou l'on s'acharne à tuer des cibles-personnages soient interdits.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais juste à côté, dans la cour du lycée Lessing, les garçons ne l'entendent pas de cette oreille et critiquent le projet d'interdiction des jeux de tir «&amp;nbsp;ego shooter&amp;nbsp;» comme on dit en Allemagne, des ministres de l'intérieur des 16 Länder. «&amp;nbsp;Ils devraient plutôt interdire les armes, c'est ça qui tue, lance Ralph, 15 ans. Mais ils osent pas s'attaquer aux marchands et aux sociétés de tir.&amp;nbsp; Regardez Winfried, il joue 26 heures par jours à «&amp;nbsp;Counter Strike&amp;nbsp;» et il fait de mal à personne&amp;nbsp;». Winfried rigole et rectifie: «&amp;nbsp;il n'y a que 24 heures par jour, et je tire sur des ennemis armés, jamais sur des personnes sans armes.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tim, comme Robert le tueur fou d'Erfurt, avait installés de tels jeux sur son ordinateur. Il habitait à Lautenbach la petite ville voisine. Sa famille a «&amp;nbsp;disparu» depuis le drame. Pourtant «la grande majorité des gens n'a pas de haine à leur égard&amp;nbsp;», estime Yolda, chauffeur de taxi.&amp;nbsp;» Non loin de la villa déserte des Kretschmer, vit Hardy Schober. Sa fille, Jana, 15 ans, est morte lors de la tuerie. Il constitue avec cinq autres familles de victimes une fondation ( Aktionsbündnis Amoklauf Winnenden) «&amp;nbsp;pour qu'il n'y ait pas d'autres Winnenden&amp;nbsp;». «&amp;nbsp;Nos enfants ne doivent pas être morts pour rien. Il veut redonner vies aux valeurs, à l'éducation, à la conscience de la responsabilité des parents.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La fondation revendique l'interdiction des armes gros calibres, et le dépôt exclusif des armes de tir dans les clubs, hors d'atteinte des enfants. «&amp;nbsp;Les jeux d'ordinateurs «&amp;nbsp;ego shooter&amp;nbsp;» devraient aussi être interdits&amp;nbsp;». Hardy Schober cite des études selon lesquelles l'addiction aux jeux de tir laisse toujours des traces. Conscient de l'hostilité des jeunes amateurs à tout «&amp;nbsp;interdit&amp;nbsp;», il sait bien que &amp;nbsp;«&amp;nbsp;ce ne sont pas tous des Amok en puissance&amp;nbsp;». «&amp;nbsp;Mais le tabac ne donne pas non plus automatiquement de cancer, ce n'est pas pour cela qu'il ne faut pas l'interdire.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Roland Dörr lui, reste sceptique quant à la possibilité d'éviter «&amp;nbsp;avec certitude&amp;nbsp;» tout nouveau drame. La commission d'enquête policière n'a toujours pas trouvé le mobile de Tim Kretschmer. En visitant le parc de l'hôpital psychiatrique de Winnenden, on découvre intrigué qu' Ernst Wagner, le premier «&amp;nbsp;Amok&amp;nbsp;», tueur fou, fut enfermé ici jusqu'à sa mort en 1938. Professeur, il tua en 1913 sa femme et ses quatre enfants, avant d'abattre douze personnes. «&amp;nbsp;Son cas occupe toujours les psychiatres du monde entier». Tim Kretschmer avait consulté la notice Wikipedia qui lui est consacrée peu de temps avant le massacre. Un colloque s'est tenu récemment sur le cas Wagner. Il souffrait sans doute de &quot;paranoïa&quot; chronique.&lt;/p&gt;</description>

    

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    <title>Quand les turcs venaient épauler l'Allemagne</title>
    <link>http://www.michel-verrier.com/index.php/post/2015/09/17/Quand-les-Gastarbeiter-turcs-venaient-%C3%A9pauler-l-Allemagne</link>
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    <pubDate>Thu, 17 Sep 2015 10:26:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Michel Verrier</dc:creator>
        <category>témoignage-reportage</category>
        <category>communauté</category><category>Erdogan</category><category>Gastarbeiter</category><category>turque</category>
    <description>&lt;p&gt;La lettre anonyme frappée à la machine que me montre Bekir Yilmaz, président de la communauté turque de Berlin-Kreuzberg, est arrivé le matin même par la poste.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.michel-verrier.com/BerlinBlog/?2011/10/31/265-il-y-a-cinquante-arrivaient-les-gastarbeiter&quot;&gt;-ce billet a été publié le 31/10/2011 dans mon Berlin Blog-&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;« Pourquoi votre association proteste-t-elle contre l'interdiction des grillades dans le Tiergarten -&lt;em&gt;le parc central de Berlin, ndr&lt;/em&gt;- ? Vos compatriotes sont incapables de se tenir correctement et proprement. Allez à Ankara ou Istamboul faire vos barbecue. Ici vous êtes seulement des invités tolérés».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«&lt;strong&gt;Moi ce genre d'insulte ça me fait rire&lt;/strong&gt; explique Bekir Yilmaz. Mais ça fait mal à nombre de mes compatriotes, à mon père par exemple qui est arrivé à Berlin en 1971 ». Les grillades l'été au Tiergarten sont une tradition « historique » pour les familles de la communauté turque. Le château Bellevue, résidence du président de la République, s'estompe derrière les fumées odorantes. L'interdiction tombe mal alors que le premier ministre turc, Tayeb Erdogan, et Angela Merkel célèbreront le 2 novembre le cinquantenaire des accords du 30 octobre 1961, organisant l'afflux des « Gastarbeiter », les « travailleurs invités » turcs en Allemagne.&lt;/p&gt;&lt;figure style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;media&quot; alt=&quot;Gastarbeiter.jpeg&quot; src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/Gastarbeiter.jpeg&quot; /&gt;&lt;/figure&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;« 50 ans de mariage blanc » &lt;/strong&gt;résume la banderole qui barre l'immeuble à l'entrée de Berlin Kreuzberg -le quartier berlinois baptisé le « petit Istambul », et annonce la pièce de théâtre montée pour l'occasion.&lt;br /&gt;Au lendemain de la guerre, l'Allemagne manquait de main d'oeuvre pour se reconstruire et réaliser le fameux « miracle allemand ». L'appel aux Italiens (1955), puis aux Espagnols et aux Grecs (1960) ne suffira pas à y répondre. Les Allemands se tourneront alors vers Ankara, une vieille relation. « Nous avons fait la première guerre mondiale ensemble, rappelle Bekir Yilmaz ». L'Allemagne reconstitua à la jointure du 20 ème siècle l'armée de l'empire ottoman effondré, inspirant le nationalisme des jeunes officiers turcs, les pères de la Turquie moderne. « Et le Bagdad-Bahn, le chemin de fer, vecteur de l'influence de l'empire allemand « sous le soleil » partait de Berlin».&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les deux pays ont une relation privilégiée&lt;/strong&gt; depuis des lustres qui rappelle, dans d'autres conditions, celle de la France et de l'Algérie.&lt;br /&gt;Petit, le crâne dégarni, l'oeil malicieux, Ahmed Bayran, 66 ans, est arrivé en 1971 à Berlin, avec un contrat de travail dans une grosse entreprise de machines-outils de 3000 salariés ou il a été employé 26 ans. 40 ans plus tard, il a la nationalité allemande et a conservé son passeport turc. « Je suis pratiquement devenu un berlinois, sourit-il».&lt;br /&gt;Retraité, il passe toujours ses vacances « aux pays » mais n'y resterait pas plus de quatre mois car sa vie est ici. « Mes trois enfants et mes petits enfants vivent à Berlin », poursuit-il, dans la librairie turque « Kitapçi » tenue par son fils, ou le Coran côtoie les biographies d'Attaturk, les romans et les ordinateurs portables d'occasion. Il y a quarante ans tout le monde avait du travail, se souvient-il. « Puis la crise est arrivé les Allemands ont commencé à nous dire qu'on leur piquait leur boulot et nous ont reproché de rouler en grosse Mercédes, tout en profitant de la sécurité sociale». Mais il s'est fait de « bons amis » durant ses années de travail et a de bonnes relations avec ses voisins, souligne-t-il.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mais « nous restons une population tolérée »&lt;/strong&gt;, souligne Bekir Yilmaz de son côté, dans les bureaux de la communauté turque. Lui a rejoint son père à Berlin en 1977, à l'âge de 8 ans, et a fini brillamment sa scolarité en Allemagne. « J'ai eu la chance d'acquérir la nationalité allemande avant 2000». La loi adoptée depuis pour faciliter l'accès à la nationalité allemande, exige en même temps le renoncement préalable à la nationalité turque. Faute de respecter l'interdit de la double nationalité, 55000 personnes se sont vu retirer le « nouveau » passeport de la république fédérale qu'elles venaient d'obtenir.&lt;br /&gt;Marié, père de quatre enfants nés en Allemagne, Bekir Yilmaz précise: « je suis citoyen allemand, mais je ne suis pas « Allemand ». Je ne peux pas renier mon origine. » 95% des jeunes nés en Allemagne se considèrent « Turcs avant tout ». Même s'ils se sentent « berlinois à 100%», selon lui.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dominant Berlin-Neuköln, La « Mosquée du cimetière turc »&lt;/strong&gt; dresse ses minarets le long de l'ancien aéroport de Tempelhof, dont les pistes d'envol sont devenues des autoroutes pour les patineurs -au milieu d'un parc de loisir borné par les bâtiments immenses de l'aéroport image de l'architecture nazie. Le cimetière, témoin de l'histoire, a été ouvert en 1789 pour accueillir la tombe d' Ali Aziz Efendi, écrivain et ambassadeur auprès de l'empereur Friedrich Wilhelm III. Dans un coin deux tombes blanches, Cemal Azim Bey et le Dr Bahäddin Sakin, tués le 12 avril 1922 par des terroristes arméniens. Ender Çetin, né à Berlin en 1977 est aujourd'hui membre de la présidence de la « Mosquée ».&lt;br /&gt;«Nous n'avons aucune difficulté à pratiquer notre religion souligne-t-il. » La coopération avec les écoles, la police, les autorités berlinoises est bonne. Nous animons ensemble des ateliers contre la violence. » Mais il n'a pas demandé la nationalité allemande. Il lui faudrait pour cela renoncer à son passeport turc. Or restera-t-il en Allemagne ou ira-t-il vivre en Turquie ? « La question reste ouverte ». Le racisme, la « haine de l'Islam » se sont renforcés ces dernières années. Les menaces par mail ou téléphone s'accumulent à la mosquée.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Serdar Tașçi ou Mesut Özi les étoiles turques de l'équipe de foot nationale&lt;/strong&gt;, la « Mannschaft » multikulti », n'empêchent pas les poussées xénophobes en effet. Renforcées par la publication du livre-choc de Thilo Sarrazin, vendu à plus d' 1,5 millions d'exemplaires,et décrivant la communauté turque comme le boulet qui va « achever l'Allemagne ». Il y a 25 ans, c'est « Tête de turc », le livre de Günther Wallraf décrivant les conditions de vie lamentables des travailleurs immigrés, qui interrogeait les Allemands au contraire. Retour du balancier.&lt;br /&gt;Aujourd'hui le solde de l'immigration turque est négatif -en 2008 plus de 28000 turcs sont arrivés en Allemagne, plus de 38000 sont repartis aux pays. Nombre de jeunes nés en Allemagne et bien diplômés peinent à trouver un bon emploi ici. Ne supportant plus d'être encore obligés de « justifier leur présence », ils partent travailler dans le pays de leurs parents.&lt;br /&gt;50 ans après l'arrivée des premiers Gastarbeiter, 2,5 millions de turcs d'origine vivent en Allemagne, 1,5 millions ont acquis la nationalité allemande.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La communauté a ses artistes, ses millionnaires, ses responsables politiques&lt;/strong&gt;, dont Cem Özdemir, président du parti vert. On comptait 72000 entrepreneurs turcs en Allemagne en 2007, employant 350000 salariés. Ils devraient être 120000 en 2015. 3 millions de travailleurs feront défaut alors pour répondre aux besoins de l'industrie allemande, une conséquence de la chute de la natalité depuis les années soixante-dix. L'égalité des chances n'est pas pour autant au rendez-vous pour les jeunes Turcs-Allemands.&lt;br /&gt;Mehmet Daimagüler, 43 ans, avocat turc-allemand symbole de la réussite, explique dans la biographie qu'il vient de publier: « l'immigration a été organisée par l'état, mais l'intégration est repoussée depuis des décennies ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ce billet reprend en partie un article publié dans la Croix le 31/10/2011.&lt;/p&gt;</description>

    

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    <title>Berlin-Neukölln, les artères du Multikulti</title>
    <link>http://www.michel-verrier.com/index.php/post/2015/03/29/Berlin-Neuk%C3%B6lln%2C-les-art%C3%A8res-du-Multikulti</link>
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    <pubDate>Sun, 29 Mar 2015 19:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Michel Verrier</dc:creator>
        <category>témoignage-reportage</category>
        
    <description>&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Berlin-Neukölln, 300000 habitants dont 100000 titulaires de l'aide sociale, était réputé autrefois encore, être le quartier à éviter. Les bandes de jeunes originaires de l'immigration turque et arabe étaient censées y faire la loi entre la rue Karl Marx et la « Sonnenallee » -l'allée du soleil&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;em&gt;(Retour sur Neukölln,&amp;nbsp; reportage écrit en sept 2012)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Dans une petite rue proche de la &quot;Sonnenallee&quot;, l'atelier du projet de mode « Nemona », tisse depuis 2010 les liens entre créateurs, « designers », couturières et tailleurs locaux. Sabine Müller-Köllges, une des animatrices, habite Neukölln depuis 1999 et a senti l »'ambiance changer peu à peu ces dernières années, la politesse devenir plus courante chez les bandes de jeunes». &lt;/font&gt;&lt;img alt=&quot;NeukolnClichy.jpg&quot; class=&quot;media&quot; src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/.NeukolnClichy_m.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 1em 1em 1em 0;&quot; title=&quot;NeukolnClichy.jpg, mar. 2015&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Ibrahim Bassal, libanais d'origine, tient lui une boutique de produits électroniques dans la « Sonnenallee » -&amp;nbsp;»l'allée du soleil&amp;nbsp;», immortalisée par le film de Leander Haußmann qui décrit la vie des jeunes du temps de la RDA lorsque l'allée était coupée par le mur. Ibrahim est devenu célèbre en 2010 lors de la coupe du monde de football, en déployant un immense drapeau allemand courant sur les cinq étages de son immeuble. Des «&amp;nbsp;fascistes&amp;nbsp;» l'ont d'abord arraché parce qu'ils ne voulait pas le voir sur un «&amp;nbsp;immeuble d'arabes, puis des autonomes parce qu'ils ne supportent pas le drapeau allemand. Il a remplacé le tissu noir, jaune, rouge à chaque fois et nous montre l'article du Bild Zeitung qui raconte l'histoire et qu'il garde précieusement.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Arrivé de Beyrouth en 1988 à l'âge de seize ans, Ibrahim a la nationalité allemande. « L'Allemagne c'est mon pays. Ici vous pouvez vous habiller comme vous voulez, avoir la religion de votre choix, être homosexuel. Mais tout le monde doit parler allemand, et respecter la loi allemande »précise-t-il. Lorsqu'on l'interroge sur la phrase d'Angela Merkel qui a fait le tour de la planète « le Multikulti est un échec », sa réponse est abrupte. « Elle se trompe, voyez ce qu'on a réussi ici. » &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Au café-restaurant qui accueille visiteurs et fidèles, dans l'immeuble de l'église protestante Martin Luther voisine Norbert Busse, prédicateur, tempère : « tous les jeunes ici ne se sentent pas d'abord allemands. »&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Le vote dimanche sera cependant un revers de plus pour la chancelière. Depuis dix ans la démocratie chrétienne ne décolle plus à Berlin. Avec 21,3% des voix en 2006 elle recueille aujourd'hui 21% dans les sondages. La CDU semble incapable de reconquérir cette métropole cosmopolite.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Klaus Wowereit,57 ans, le maire social démocrate sortant qui gouverne la ville-état depuis 2001 avec le parti de gauche, die Linke, est à 32% dans les intentions de vote, et devrait conquérir dimanche son troisième mandat. Mais pour «&amp;nbsp;Wowi&amp;nbsp;», le «&amp;nbsp;multikulti, c'est la réalité». Au tournant de l'année 2000, il a sorti Berlin de «&amp;nbsp;la niche&amp;nbsp;» ou l'avait enfermée son statut de ville du mur, pour accueillir le monde, les jeunes attirés par ses nuits et les platines des DJ, les touristes, les artistes, les créateurs et cadres de la nouvelle génération urbaine, électeurs des Verts, qui sont au coude à coude avec la CDU dans les sondages avec 20% aujourd'hui. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Homosexuel affiché, Wowereit incarne cette métropole de 3,5 millions d'habitants dont les deux manifestations monstres, la «&amp;nbsp;gay parade&amp;nbsp;», et le «&amp;nbsp;carnaval des cultures du monde&amp;nbsp;», rassemblent chacune un million de personnes et sont les deux temps forts de l'été, depuis la disparition de la «&amp;nbsp;Love Parade&amp;nbsp;». Il a su aussi réformer l'école, supprimer le collège élémentaire bas de gamme, au profit du collège pour tous, et offrir la «&amp;nbsp;scolarité gratuite&amp;nbsp;», de la crèche à l'université. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Berlin est «&amp;nbsp;pauvre mais sexy&amp;nbsp;» résumait il en 2001, faisant allusion à la dette de 60 milliards d'euros que traîne depuis la réunification la capitale allemande. Grâce au tourisme, elle affiche aussi une croissance moyenne de 6% en 2010.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;A Neukölln, le maire social démocrate Heinz Buschowtsky est connu de toute l'Allemagne. Beaucoup moins conciliant que Wowereit, partisan d'une intégration stricte, il est aussi l'un de ceux qui condamne le «&amp;nbsp;Multikulti&amp;nbsp;», comme la chancelière et s'est affronté avec la responsable municipale du travail en direction de la jeunesse, Gabriele Vonnekelde du parti des verts, en juillet dernier. Il a supprimé brutalement les crédits et les postes de 14 stations d'accueil et d'une quarantaine d'éducateurs pour dépassement du budget. Buschtowsky est un fort en gueule,et a du se justifier d'avoir encaissé un don de 5000 euros de Thilo Sarrazin, auteur du livre choc «&amp;nbsp;l'Allemagne se liquide elle même&amp;nbsp;» qui cible l'immigration turque. Certains affiches du «&amp;nbsp;Big Partei&amp;nbsp;», créé au sein de la communauté turque appellent d'ailleurs à Neukölln à un vote «&amp;nbsp;anti-Sarrazin&amp;nbsp;», toujours membres du SPD. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Pia, 22 ans, originaire de Berlin-Kreuzberg et qui a emménagé avec sa famille depuis deux ans à Neukölln, aimerait que Buschowsky&amp;nbsp;encaisse un revers dimanche. Elle vit dans un immeuble ou 80% des locataires sont d'origine étrangère -on recense 160 nationalités à Neukölln&amp;nbsp;. Et assure que «&amp;nbsp;tout le monde s'entend très bien&amp;nbsp;». Ce n'est pas une histoire de nationalité qui provoquait les conflits ces dernières années, «&amp;nbsp;mais la misère, la pauvreté, face à la richesse&amp;nbsp;». «&amp;nbsp;Il y a encore cinq ans se souvient-elle ma mère ne m'aurait jamais laissé venir à Neukölln seule.&amp;nbsp;» &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Dimanche dernier, à deux pas de la rue Karl Marx, on célébrait sur la Richardplatz comble, le 178 ème « Propaçi », un concours de rouleaux de paille inauguré en 1737 pour accueillir la « colonnie tchèque ». A l'époque Neukölln s'appelait encore Rixdorf. Le Propaçi interdit par le Kaiser en 1912 a été remis au goût du jour en 2008 par les artistes locaux, pour « toutes les cultures et les générations». &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Tandis que des jeunes originaires de familles immigrées participaient au concours de « street dance », un concours sur l'histoire de Neukölln, récompensé notamment par des voyages à Prague, rassemblait lui presque exclusivement les Allemands. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Le dimanche précédent, c'est le « festival franco-allemand » de hip-hop qui avait accueilli les jeunes sur l'herbe de l'aérodrome voisin de Tempelhof, dans le cadre du projet « Clichy sous bois rencontre Neukölln ». &lt;/font&gt;&lt;img alt=&quot;NeukolClichy1.jpg&quot; class=&quot;media&quot; src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/.NeukolClichy1_m.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 1em 1em 1em 0;&quot; title=&quot;NeukolClichy1.jpg, mar. 2015&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Une initiative de l'office franco-allemand de la jeunesse qui a institué voyages et échanges entre les deux villes. Les jeunes originaires de l'immigration, «&amp;nbsp;apprennent à se reconnaître comme des Allemands et des Européens&amp;nbsp;» lorsqu'ils font le déplacement à Paris, résume Ivan Stevanovic, 27 ans, maître du hip-hop à Neukölln, et originaire de l'ex Yougoslavie ! &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Maia Tsimakuridze, 35 ans, anime elle depuis 2009 le projet « jeunes migrants pilotes ». Venus de Turquie, de Croatie, de Bosnie, du Brésil, de Georgie et d'Allemagne, les «pilotes» aident leurs semblables, des jeunes de leur âge souvent, qui ont quelques peines avec le travail scolaire, la vie quotidienne, les loisirs ou la culture. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Le tissus de tous ces réseaux a fini par pacifier Neukölln, en conjuguant l'intégration et le multi-culturel.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Revers de la médaille, le quartier intéresse maintenant les investisseurs qui achètent et rénovent, attirant les ménages plus aisés. Les Loyers augmentent à mesure que les cafés bohèmes naissent au milieu des restaurants kebab' et des bars à bières traditionnels. La «gentrification», gagne Neukölln comme les autres quartiers du centre de Berlin et les petits revenus voient leur quartier leur échapper et songent à émigrer vers la périphérie. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;A lire également sur ce Blog: &lt;a href=&quot;http://www.michel-verrier.com/index.php/post/2015/03/29/Le-voile-pour-les-profs-exasp%C3%A8re-Buschkowsky&quot; hreflang=&quot;de&quot;&gt;le voile pour les profs exaspère Buschkowsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Note:&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Berlin est une ville-état, et comme Hambourg ou Brème a le statut d'un Land, son maire celui d'un ministre-président. Les élections du parlement berlinois qui élira le sénat, le gouvernement de la ville, ont lieu tous les cinq ans. Les quartiers de Berlin comme Neukölln élisent également leurs propres municipalités. Klaus Wowereit, SPD, est maire depuis 2001, et a remplacé alors Eberhard Diepen, CDU.&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>

    

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    <title>Hambourg, la brosse à WC défie les contrôles policiers</title>
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    <pubDate>Mon, 27 Jan 2014 21:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Michel Verrier</dc:creator>
        <category>témoignage-reportage</category>
        
    <description>    &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Hambourg a entamé l'année 2014 en
fanfare avec la multiplication des contrôles policiers, et des
manifestations, dans les quartiers de Saint- Pauli, Altona et
Schanzen, connus pour leur non-conformisme et leur esprit rebelle. Il
ont été décrétés le 3 janvier «&amp;nbsp;zone dangereuse&amp;nbsp;»
par les autorités. Une mesure touchant 50 000 habitants au bas mot,
et justifiée par  l'agression le 28 décembre de trois policiers du
commissariat de la «&amp;nbsp;Davidwache&amp;nbsp;» à Saint Pauli, sur
l'avenue Reeperbahn réputée pour ses bars de strip-tease, ses
théatres et ses boîtes de nuit, à deux pas des rives de l'Elbe ou
les grues girafes remplissent les portes containers géants. Un
policier avait il est vrai été sévèrement blessé à la mâchoire
et au nez par jet de pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;La ville hanséatique gouvernée par
les sociaux démocrates depuis 2010  n'a pas tardé à faire la une
des médias allemands, l'hebdomadaire hambourgeois der Spiegel
critiquant  «&amp;nbsp;l'esprit Panzer&amp;nbsp; remplaçant l'esprit de
finesse&amp;nbsp;».
Les policiers ont saisi en dix jours
sur 800 personnes contrôlées quelques «&amp;nbsp;pétards et explosifs
interdits», souvenirs des festivités du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; janvier
importés de Pologne, et même une brosse à WC blanche&amp;nbsp;! &lt;br /&gt;&lt;img title=&quot;Hamburg1.jpg, janv. 2014&quot; style=&quot;float: left; margin: 1em 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;Hamburg1.jpg&quot; src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/.Hamburg1_m.jpg&quot; /&gt; Un
trophée  présenté lors des informations de la première chaîne
ARD, et devenu aussitôt par dérision l'icône des  manifestants,
les brandissant en défilant «&amp;nbsp;contre les contrôles
policiers&amp;nbsp;», salués par les habitants de Saint Pauli du haut
de leur fenêtres, la brosse à la main -les stocks se sont
volatilisés en quelques jours chez les commerçants locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;L'attaque du commissariat du 28
décembre serait liée, selon les autorités policières, aux
affrontements issus de la manifestation du 20 décembre pour le
soutien de «&amp;nbsp;Rote Flora&amp;nbsp;», un centre culturel autogéré
fief de la gauche «&amp;nbsp;autonome&amp;nbsp;», squatté depuis 25 ans et
menacé d'expulsion.  «&amp;nbsp;Une cause qui ne justifie pas l'usage
de la violence&amp;nbsp;», argue Michael Neumann, social démocrate et
ministre de l'intérieur de la ville-état. Il condamne  les
agitateurs qui «&amp;nbsp;enflamment  les débats à propos de Rote
Flora, ou des demandeurs d'asile rescapés de Lampedusa réfugiés à
Hambourg&amp;nbsp;», et fustige  «&amp;nbsp;ces gens qui portent des
marques de vêtements «&amp;nbsp;globalisées&amp;nbsp;», mènent une vie
«&amp;nbsp;globalisée&amp;nbsp;» et jettent la pierre à la
globalisation.»&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Autant d'amalgames qui ont révolté
les habitants des quartiers visés. «&amp;nbsp;On veut nous faire payer
la défense de Rote Flora&amp;nbsp;», estime Tina, 44 ans, employée
habitante de Saint Pauli».  «&amp;nbsp;Il y a sans doute eu une bagarre
avec les flics de la Davidwache&amp;nbsp;», nous expliquait Justus, 27
ans, acteur, participant à la manifestation contre les contrôles
policiers samedi 11 janvier à la nuit tombante. «&amp;nbsp;Mais ce
n'est pas une expédition des milieux autonomes ou que sais-je
encore.&amp;nbsp;» Les  services de renseignements hambourgeois de la
Verfassungsschutz estiment eux même que  les violences
proviendraient plutôt de hooligans, de fans excités du Football
club Saint Pauli.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Hamburg2.jpg, janv. 2014&quot; style=&quot;float: left; margin: 1em 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;Hamburg2.jpg&quot; src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/.Hamburg2_m.jpg&quot; /&gt;«&amp;nbsp;Ce n'est pas la première fois
que nous avons des démêlés avec la police de Hambourg, c'est une
vieille histoire, rappelle Justus&amp;nbsp;».  En 2001 déjà le
ministre de l'intérieur Ronald Schill adepte des méthodes
policières et allié du maire démocrate-chrétien Ole von Beust,
avait été baptisé le «&amp;nbsp;Sherif noir&amp;nbsp;» -la couleur des
partis conservateurs. «Depuis 2010 on a un maire social démocrate,
Olaf Scholz, et un Sherif «&amp;nbsp;rouge&amp;nbsp;».  Le SPD redoute de
passer pour «&amp;nbsp;mou&amp;nbsp;»  face à la CDU.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Les autorités municipales ont elles
été dépassées par  la vague d'humour déferlant à Saint Pauli?
Le 10 janvier par exemple, les manifestants s'affrontaient par
dérision devant le commissariat Davidwache  dans une «&amp;nbsp;bataille
d'oreillers&amp;nbsp;», laissant par terre un tapis de plume&amp;nbsp;! Les
contrôles et la «&amp;nbsp;zone dangereuse&amp;nbsp;» ont en tout cas  été
abrogés  lundi 13 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Restent les causes profondes du malaise
des quartiers populaires du centre de Hambourg,  qui ne s'effacent
pas  d'un coup de brosse à WC.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;A «&amp;nbsp;Schanzenviertel&amp;nbsp;»,  non
loin des bâtiments clinquants  du centre des congrès, se dressent
les murs tagués et décrépis de Rote Flora. L'ancienne salle de
théâtre occupé depuis août 1989 rayonne dans un quartier  devenu
«&amp;nbsp;branché&amp;nbsp;». Planté devant un jardin pour enfant, Rote
Flora fait face à une boutique de chapeau de mode, qu côtoie le
restaurant Balouchistan. Les squatters en ont fait depuis trente ans
un centre de spectacles  et d'initiatives politiques. Sur le mur de
façade un immense panneau rappelle l'assassinat il y a un an à
Paris de trois femmes kurdes du PKK.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt; Le quartier de Schanzen attire
aujourd'hui touristes et noctambules en quête de cafés-bohèmes, de
boutiques et restaurants exotiques. La vie de quartier animée attire
de nouveaux habitants, les prix des loyers montent, les investisseurs
achètent et reconstruisent du neuf sur de l'ancien. Les habitants
d'origine se sentent peu à peu exclus par  la «&amp;nbsp;gentrification&amp;nbsp;»
rampante.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Rote Flora et ses 1700 mètres carrés
ont été racheté en 2001 pour 190000 euros par Klausmartin
Kretschmer, un investisseur. Il s'était engagé à respecter
l'occupation du bâtiment pendant dix ans. L'expulsion menace
aujourd'hui.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;La municipalité de Schanzen voudrait
au contraire faire la paix avec les animateurs de Rote Flora en
rénovant le centre culturel autonome. Mais Kretschmer rejette le
prix de rachat d'1,2 millions d'euros proposé par le sénat de
Hambourg -ses conseillers évalueraient à 10 millions la valeur
actuelle de l'ensemble, bâtiment et terrain.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Des chiffres familiers des spéculateurs
immobiliers qui font bondir les habitants de Schanzen ou Saint Pauli,
et ravissent les squatter de Rote Flora qui saluent avec humour
«&amp;nbsp;l'aide qu'apporte  l'investisseur à leur mobilisation avec
ces provocations». Ce sont deux conceptions de l'avenir de Hambourg
qui se confrontent.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Hamburg4.jpg, janv. 2014&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;Hamburg4.jpg&quot; src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/.Hamburg4_m.jpg&quot; /&gt;Et du côté de la spéculation
immobilière, l'exemple vient de haut. Le clou est détenu  par
«&amp;nbsp;l'Elbphilarmonie&amp;nbsp;»,  la salle de concert futuriste qui
dominera les flots de l'Elbe. Le bâtiment de prestige commandé par
la ville-état en 2007 pour 77 millions d'euros devait ouvrir en
2010. Son coût fut bientôt  ré-évalué à 114 millions, puis la
fin du chantier étant sans cesse repoussée à plus tard, les prix
explosèrent au fil des années.  En 2012 le sénat de Hambourg a du
signer un nouveau contrat de fin des travaux avec l'entrepreneur
Hochtief&amp;nbsp; pour 575 millions d'euros&amp;nbsp;! Fin 2013,  selon les
dernières estimations, la salle de concert devrait ouvrir en 2017&amp;nbsp;!
Son coût final serait de 789 million&amp;nbsp;!
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Selon le rapport d'une commission
d'enquête diligentée par les autorités, le prix de sa façade
translucide est passé à lui seul de 25 à 69 million.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Quant à la brosse à WC dans les
toilettes de luxe, elle  est facturée 291,97 euros&amp;nbsp;!  De quoi
déchaîner Rote Flora et Saint Pauli&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;img title=&quot;hambourgport.jpg, janv. 2014&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;hambourgport.jpg&quot; src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/.hambourgport_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hambourg&lt;/strong&gt;,&lt;em&gt; &lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;em&gt;le premier
port allemand, le second port d'Europe après Rotterdam voit l'avenir
en rose. Avec 1,8 millions d'habitants -3,5 millions pour
l'agglomération- Hambourg est la seconde ville d'Allemagne après
Berlin. Les immeubles futuristes et rutilants y poussent comme des
champignons. Les bateaux de croisière y côtoient les immenses
porte-containers qui font la navette avec l'Asie, la Chine. Hambourg
est devenu le troisième port de tourisme européen -après
Southampton et  Copenhague. Les pistes et les bâtiments d'Airbus
industrie succèdent au port sur les rives de l'Elbe.
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;em&gt;Fief protestant, Hambourg symbolise
l'esprit libéral, ouvert aux vents du large et aux courants
d'immigration -la ville fut la capitale de l'immigration de millions
d'Allemands vers les USA au XIXè siècle.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;em&gt;La ville-état bénéficie du statut
d'un Land, le sénat qui la gouverne est aujourd'hui dominé par les
sociaux démocrates. Le maire SPD Olaf Scholz dispose d'une majorité
absolue, après avoir infligé une débâcle aux dernières élections
en 2010 à l'alliance CDU-Verts qui gouvernait la ville depuis 2008.
Mais l'étoile d'Olaf Scholz a pâli depuis auprès de ses électeurs
qui lui reprochent une politique austère, au dépend des humbles et
des milieux populaires.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>

    

          <comments>http://www.michel-verrier.com/index.php/post/2014/01/27/HAMBOURG%2C-LA-BROSSE-A-WC-D%C3%89FIE-LES-CONTR%C3%94LES-POLICIERS#comment-form</comments>
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      </item>
  
  <item>
    <title>L'Allemagne &quot;hégémonique&quot;, une erreur d'époque</title>
    <link>http://www.michel-verrier.com/index.php/post/2013/09/18/L-Allemagne-h%C3%A9g%C3%A9monique%2C-une-erreur-d-%C3%A9poque</link>
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    <pubDate>Wed, 18 Sep 2013 23:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Michel Verrier</dc:creator>
        <category>témoignage-reportage</category>
        
    <description>    &lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Voir Angela Merkel
affublée de la moustache d'Hitler dans les manifestations en Grèce,
ou entendre son pays accusé de vouloir coloniser l'Europe avec
l'Euro, comme Hitler avec ses Panzer, est évidemment difficile à
digérer pour les Allemands.  «&amp;nbsp;D'un côté c'est tellement
absurde comme accusations qu'il est difficile de considérer cela
comme une contestation politique, estime Julie Hamann, étudiante en
sciences politiques à l'université libre de Berlin. C'est la
réaction d'une minorité d'ailleurs et nombre de responsables
politiques grecs s'en sont distanciés.» Mais ces caricatures sont
aussi un signal.  «&amp;nbsp;Nous croyions presque disparues toutes ces
images de l' Allemand qui occupe, qui dirige&amp;nbsp;. Leur retour est
dangereux.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Berlinoise, européenne
de tout cœur,  Julie à 23 ans. Elle est chargée de mission dans le
domaine des relations franco-allemandes,à l'Institut allemand de
politique étrangère(DGAP), le think-thank de référence à
Berlin.&lt;img src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/J_Hamannblog.jpeg&quot; alt=&quot;J_Hamannblog.jpeg&quot; title=&quot;J_Hamannblog.jpeg, sept. 2013&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp;Ma génération
vit aujourd'hui sans se sentir culpabilisée en permanence,
reconnaît-elle, mais nous restons très sensible à toutes ces
questions.&amp;nbsp;»  Le travail de mémoire  accompli en Allemagne ne
vise pas à surmonter le passé. «&amp;nbsp;Il nous définit aussi et
nous oblige à réfléchir autrement. Il nous restera  toujours une
certaine responsabilité. Et la société allemande sera toujours
différente de ses voisins.&amp;nbsp;»
&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;En témoignent le refus
de la guerre en Irak, de l'intervention en Lybie, comme la réserve
de Berlin aujourd'hui à l'égard de tout engagement militaire en
Syrie, même après l'usage des gaz chimiques qui a choqué tout le
monde. La priorité pour Berlin demeure comme toujours de trouver une
solution dans le cadre de l'Onu.
&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;En même temps,
«&amp;nbsp;l'Allemagne a appris aussi de l'expérience lybienne. Son
abstention à l'époque, avec la Russie et la Chine, face à
l'intervention militaire voulue par la France, la Grande-Bretagne,
les USA, a surpris, voire brusqué ses partenaires&amp;nbsp;».  Son
attitude évolue donc aujourd'hui. «&amp;nbsp;Même si la campagne
électorale évidemment ne facilite pas les choses. Car la population
allemande est divisée sur cette question.&amp;nbsp;»
&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Si Angela Merkel exclu
toujours toute intervention militaire de l'Allemagne, elle milite
pour sanctionner Damas, et s'oppose au blocage du conseil de sécurité
par Moscou et Pékin.  Dans ce contexte la République fédérale a
déjà agit en installant ses missiles Patriot à la frontière
turco-syrienne. «Les partenaires de Berlin aussi ont appris de la
Lybie. Ils savent que les Allemands peuvent être là pour le soutien
logistique, l'aspect civil, technique, technologique.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Mais dans le domaine
économique à l'inverse, l'Allemagne semble vouloir imposer son
modèle à l'Europe. Merkel cultive son image de chancelière d'acier
imposant ses diktats à Bruxelles et en fait un argument électoral.
«&amp;nbsp;Oui c'est dommage&amp;nbsp;», constate Julie, pour qui l'image
d'une Allemagne «&amp;nbsp;hégémonique&amp;nbsp;», même «&amp;nbsp;à
contre-cœur&amp;nbsp;» évoquée par l'hebdomadaire britannique The
Economist, «&amp;nbsp;ne colle pas avec notre époque.&amp;nbsp;»
&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp;Ce n'est pas ce
que l'Allemagne veut, car elle s'est toujours définie elle même
dans le cadre de l'Europe depuis 50 ans. Elle se voit ainsi
différemment de la France ou de la Grande-Bretagne qui se vivent
toujours comme des grands états nationaux de tradition.&amp;nbsp;»
&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Julie Hamann conteste
également la vision  d'une Allemagne caissière  de l'Union,
contrainte de combler les fantaisies budgétaires du pays du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;L'Allemagne verse
beaucoup d'argent à Bruxelles parce qu'elle est la première
économie de l'Union, selon elle. «&amp;nbsp;Nous avons signé nombre de
traités basés sur la solidarité et il me semble justifié que la
république fédérale joue son rôle de soutien des états en
difficulté. Elle a énormément profité elle-même de l'Union, lors
de la réunification ou dans l'après guerre&amp;nbsp;».
&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp;L'image du
contribuable allemand qui verse une part de ses impôts au Grec assis
au café à ne rien faire est un mauvais cliché comme tant d'autres.
Il faut certes bien réfléchir à tous les programmes d'aide à
Athènes, voir comment la Grèce peut évoluer et devenir
économiquement stable. Mais en même temps c'est un sujet vital pour
notre économie, pour la stabilité de l'Union et de l'euro, et il y
a bien d'autres cas de gâchis de l'argent du contribuable en
Allemagne même.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;On n'a cessé ces
dernières années de faire l'éloge du «&amp;nbsp;modèle allemand&amp;nbsp;»
et des réformes du marché du travail «&amp;nbsp;Harz IV&amp;nbsp;»,
synonymes de succès économiques en France par exemple, constate
Julie qui à fait une partie de ses études de sciences politiques à
Paris,
&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp;Pourtant, en
Allemagne, j'ai un sentiment de l'avenir similaire à celui des
jeunes français. Pour nous rien ne semble sûr.&amp;nbsp; La crise
financière  a démontré que ce que nos parent considéraient comme
acquis peut changer très vite dans ce monde globalisé. Que l'on
soit polonais ou britannique, ce sentiment est le même pour notre
génération. Chacun organise sa vie pour le moment à  l'échelle de
dix ans maximum. C'est une grande différence avec la génération de
nos parents.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Nombre de ses amis
terminent  leurs études en sciences sociales avec un très bon
parcours académique, mais se retrouvent sans débouché sur le
marché du travail. «&amp;nbsp;La majorité des contrats de travail sont
des CDD. Plus généralement  la  compatibilité entre la famille et
l'emploi qui touche aussi notre génération n'est toujours par
résolus en Allemagne, et le problème de la pauvreté des seniors
commencent à se faire sentir.  La rupture entre riches et pauvres
enfin ne cesse de croître, ce qui est aussi une conséquence des
réformes Harz, ce n'est pas un secret&amp;nbsp;».
&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Frustrée du manque de
débat réel sur ces réformes qui datent du gouvernement SPD/Vert de
l'ex-chancelier Schröder dans la campagne, Julie sait qu'elle ira
voter le 22 septembre, mais lors de notre entretien elle n'avait
toujours pas choisi pour qui.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;De toutes ces choses là
on ne parle guère à l'étranger, selon-t-elle. «&amp;nbsp;Mais
beaucoup d'Allemands sont surpris de voir leur pays érigé en
modèle. Ils se disent eux mêmes qu'ils vont bien, économiquement
parlant, depuis quelques années seulement. Il y a encore huit ans
tout le monde évoquait le chômage record en Allemagne, la
croissance en panne,  l'homme malade de l'Europe, nous rappelle Julie
Hamann.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Et la situation
aujourd'hui peut toujours se retourner. «&amp;nbsp;Nous le savons&amp;nbsp;».
La croissance de l'Allemagne tient aux exportations. «&amp;nbsp;S'il y a
toujours les marchés asiatiques pour les ventes de voiture, cela
peut changer en quelques années. Ainsi, les entreprises allemandes
dans le solaire, l'industrie d'avenir, ont fait faillite récemment
face à la concurrence de la Chine.&amp;nbsp;»
&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;
Ce billet reprend pour l'essentiel un article publié dans la Tribune de Genève et Dans Sud Ouest.&lt;/em&gt;</description>

    

          <comments>http://www.michel-verrier.com/index.php/post/2013/09/18/L-Allemagne-h%C3%A9g%C3%A9monique%2C-une-erreur-d-%C3%A9poque#comment-form</comments>
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      <wfw:commentRss>http://www.michel-verrier.com/index.php/feed/atom/comments/26</wfw:commentRss>
      </item>
  
  <item>
    <title>Emploi, les &quot;tromperies&quot; du miracle</title>
    <link>http://www.michel-verrier.com/index.php/post/2013/09/18/Emploi%2C-les-tromperies-du-miracle</link>
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    <pubDate>Wed, 18 Sep 2013 22:30:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Michel Verrier</dc:creator>
        <category>témoignage-reportage</category>
        
    <description>    &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;En entamant son blog en avril 2012,
Inge Hannemann, 45 ans, savait parfaitement qu'elle risquait fort de
perdre son job. Elle y révèle les dessous des mesures Harz IV, les
réformes du marché du travail initiées par l'ex-chancelier
Schröder qui concernent  l'indemnisation des chômeurs et des sans
ressources, sur la base de 382 euros mensuels. Or elle travaille elle
même  au «&amp;nbsp;Jobcenter&amp;nbsp;»&amp;nbsp; -selon le terme officiel-
«&amp;nbsp;l'Arbeitsamt&amp;nbsp;» d'Hambourg-Altona, les services de
l'agence de l'emploi justement chargés de mettre en œuvre  ces
mesures contestées.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Sa direction n'a pas toléré longtemps
la transparence. Inge a été suspendue de son poste, en mars
dernier, avec traitement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je n'ai pas une vocation de
martyre, explique-t-elle. Mais j'&amp;nbsp;étouffais  au travail, à
cause des énormes injustices imposées aux personnes indemnisées.
Il y a vraiment trop d'anomalies,  de tromperies selon moi.  Les
syndicats, les organismes sociaux, les associations d'entraide en
parlaient depuis des années, mais personne ne voulait les entendre.
Je me suis dit&amp;nbsp;:  essayons autre chose, peut être
m'écoutera-t-on moi, parce que je parle en tant qu'agent de
l'Arbeitsamt. Je peux prouver ce que je dis, à chaque fois sur mon
blog, documents à l'appui.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Nous avons rencontré Inge le 28 août
dernier, à Hambourg-Altona, le quartier coloré de la ville
hanséatique ou elle demeure. Tandis qu'elle répondait à nos
questions, son téléphone portable bruissait régulièrement des
appels de supporters de toute l'Allemagne. Beaucoup ont fait sa
connaissance ces derniers mois sur la toile. Certains lui annonçaient
leur visite pour l'après midi. Venus de Kiel, Cologne ou Dortmund,
ils tenaient à être présents  à  la première audience du procès
qu'Inge Hannemann a intenté à son employeur, devant le tribunal du
travail. Elle veut en effet réintégrer son emploi. Une prétention
qu'elle fonde notamment sur son excellente notation officielle.
Maîtrisant parfaitement son travail elle était même proposée pour
un poste de direction...avant la parution de son blog.&lt;img src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/Hannemannblog.jpeg&quot; alt=&quot;Hannemannblog.jpeg&quot; title=&quot;Hannemannblog.jpeg, sept. 2013&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0; border: 1px inset  #c0c0c0;&quot; /&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Lorsqu'elle raconte  les injustices
dont elle a été témoin, elle est intarissable. Le Jobcenter peut
contraindre par exemple les personnes qualifiées qui n'ont pas
travaillé depuis 4 ans à accepter un emploi à bas revenus, après
avoir mis fin à leurs droits à formation. Ils sont alors  recrutés
par une entreprise de travail temporaire, qui verse au passage une
commission à l'agent traitant de l'Arbeitsamt. «&amp;nbsp;C'est déjà
anormal, mais il y a pire, insiste-t-elle.&amp;nbsp;»  L'entreprise peut
prétexter par exemple du défaut de permis de conduire de la
personne embauché pour lui établir un contrat d'assistant, au
rabais, avec lequel il sera rémunéré 8,19 euros en moyenne. Puis
elle le  loue comme «&amp;nbsp;technicien&amp;nbsp;», rémunéré 10,20
euros de l'heure à une firme qui ne sait rien de tout ça.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp;C'est vraiment de
l'escroquerie, s'indigne Inge.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Les grosses entreprises ne sont pas en
reste, poursuit-elle. Si Airbus Hambourg par exemple embauche un
chômeur dans le cadre d'un «&amp;nbsp;contrat de réinsertion&amp;nbsp;»
de 3 mois ou plus, l'entrepreneur perçoit une subvention équivalent
au minimum à 30&amp;nbsp;% du coût salarial. Tandis que la personne
employée comme  intérimaire est rémunérée 30 à 40&amp;nbsp;% au
dessous de la grille salariale de l'entreprise, qui ne renouvellera
pas son contrat en fin de subvention, et ira embaucher un autre
chômeur dans une autre Jobcenter.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Inge a commencé à travailler à
l'Arbeitsamt en 2005, «&amp;nbsp;en toute naïveté&amp;nbsp;», dit-elle.
Elle voulait «&amp;nbsp;faire un travail social, rendre service&amp;nbsp;».
Puis au fil des années, l'avalanche des directives imposant des
sanctions aux titulaires de Harz IV pour absence  à un rendez-vous,
ou refus d'accepter un emploi rebutant l'ont révolté.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Les  sanctions peuvent réduire de 40 à
100&amp;nbsp;% le revenu minimum de 382 euros (cf tableau). En fin de
parcours, il ne reste plus au chômeur concerné que des «&amp;nbsp;bonds
d'achat&amp;nbsp;» d'un montant de 176 euros par mois pour répondre aux
besoins de la vie quotidienne, la nourriture, l'hygiène, en sus de
leur allocation logement et chauffage. «&amp;nbsp;Comment vivre avec
ça&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Inge a toujours essayé d'arranger les
choses, plutôt que de sanctionner aveuglement. Elle préfère
visiter à son domicile une personne absente au rendez-vous pour
comprendre le motif de son absence,  et l'envoyer chez le médecin en
cas de maladie afin d'avoir un certificat médical. De ce point de
vue d'ailleurs, remarque-t-elle, l'abrogation par le gouvernement au
1er janvier de la taxe de 10 euros versée chaque trimestre lors de
la première visite chez le médecin et le dentiste est un grand pas
en avant. Faute de ressources, «&amp;nbsp;les Hartz IV n'allaient plus
chez le docteur&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp;En 2009 j'ai pris six mois de
congé sans solde, reprend-elle, je ne supportais plus la pression au
travail. Je me suis documentée sur les droits et la réglementation
du travail en Europe, en France, en Angleterre, le pays dont
l'Allemagne s'est inspiré.&amp;nbsp;»
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Puis en octobre 2010, le jugement  du
tribunal constitutionnel de Karlsruhe estimant que le montant du
revenu minimum Harz IV n'était pas calculé pour permettre des
conditions d'existence décentes, aux personnes indemnisées, une
exigence de  la constitution, l'a renforcé dans ses convictions.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp;C'est un jugement qui est lui
même très difficile à comprendre et qui ne nous a même pas été
communiqué au Jobcenter. Nous devons en prendre connaissance par nos
propres moyens&amp;nbsp;». La cour ne dit pas que les sanctions sont
«inconstitutionnelles&amp;nbsp;» comme le croient beaucoup de
titulaires de Harz IV, précise-t-elle. «Mais elle souligne que les
prestations attribuées ne doivent pas être inférieures au revenu
minimum nécessaire pour vivre dans des conditions décentes. Or avec
176 euros évidemment on  est en plein dans ce cas là.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Inge votera pour die Linke le 22
septembre, «&amp;nbsp;le seul parti qui s'ocupe des Harz IV&amp;nbsp;, selon
elle. Je viens d'une famille social-démorate et j'ai très longtemps
voté pour le SPD, mais depuis les réformes initiées par
l'ex-chancelier Schröder, c'est fini&amp;nbsp;». Elle a encore voté
pour  Olaf Scholz, le nouveau ministre-président social démocrate
de la ville hanséatique en 2011, qui a écrasé son concurrent le
ministre président démocrate-chrétien sortant Ole von Beust. Mais
il l'a déjà déçue. «&amp;nbsp;Aux prochaines élections municipales,
je voterais pour la CDU, plus sociale que le SPD aujourd'hui, conclut Inge.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;br /&gt;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&amp;amp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;«&amp;nbsp;Harz IV c'est la pauvreté et
l'exclusion sociale par la loi&amp;nbsp;», Katja Kipping, présidente de
die Linke&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Les réformes du marché du travail de
l'ex chancelier Schröder, ont coûté au parti social-démocrate une
part substantielle de son électorat. Il rassemblait encore 34,2&amp;nbsp;%
des suffrages en 2005  contre 23&amp;nbsp;% en 2009. Sa campagne
aujourd'hui en faveur d'un salaire minimum à 8,50 euros, lui
permettra-t-elle de re-conquérir les déçus de Harz IV&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;4,5 millions de personnes dépendent
aujourd'hui du revenu minimum de 382 euros par mois, parce qu'elles
sont sans-emplois depuis plus de 12 mois, ou sans revenu disponible.
Il faut y ajouter 1,4 millions de personnes que l'on appelle les
«&amp;nbsp;Aufstocker&amp;nbsp;». Ils travaillent certes, mais le revenu de
leur emploi, mini-jobs, temps partiels et 1-euro-jobs (1 euro/heure
en sus de l'indemnité chômage), produits des réformes Harz IV, ne
leur permet pas de subvenir à leurs besoins. Ils perçoivent donc un
complément de revenu minimum. 7,9 millions de personnes sont
employées aujourd'hui dans les secteurs à bas revenus, 4 millions
perçoivent moins de 7 euros de l'heure. Ils constituent un réservoir
d'électeurs pour le parti die Linke,  seul à militer pour la
suppression des sanctions qui réduisent le revenu minimum, pour son
augmentation immédiate à 500 euros, puis pour son remplacement par
une garantie minimum de revenu de 1050 euros pour tous.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;La démocratie-chrétienne ou les
libéraux qui soutiennent les mesures Hartz IV initiées par
l'es-chancelier Schröder n'ont évidemment pas les problèmes du
SPD. Ces réformes ne heurtent pas frontalement  leur électorat.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;
Ce billet reprend pour l'essentiel &amp;nbsp;un article publié dans la Tribune de Genève et dans Sud Ouest dimanche&lt;/em&gt;</description>

    

      </item>
  
  <item>
    <title>Rolf Karling,  avocat des étrangers</title>
    <link>http://www.michel-verrier.com/index.php/post/2013/09/16/Duisbourg-Rheinhausen%2C-avocat-des-%C3%A9trangers</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1f70f9e69bb379834e72177242a588c7</guid>
    <pubDate>Mon, 16 Sep 2013 15:34:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Michel Verrier</dc:creator>
        <category>témoignage-reportage</category>
        
    <description>    &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Dans la cour poussiéreuse que bordent
deux immeubles défraîchis,  à Duisburg-Rheinhausen, deux gamins
roms balaient avec entrain,  ramassant les détritus qu'une  voisine
allemande leur montre du doigt. Depuis mars, 70 familles nombreuses
ont emménagé ici,  au cœur de la Ruhr.  Plus de 700 Roms sont
concentrés dans deux bâtiments de 7 étages, au centre de la ville,
entre les alignements d'immeubles rénovés des quartiers populaires
et une rue  plus «&amp;nbsp;bourgeoise&amp;nbsp;» ou jardins et maisons
individuelles se succèdent.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.michel-verrier.com/blog/public/Karlingblog1.jpg&quot; alt=&quot;Karlingblog1.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Karlingblog1.jpg, sept. 2013&quot; /&gt; Pour les voisins la situation est
«&amp;nbsp;terrible&amp;nbsp;», avoue Rolf Karling, 52 ans, président de
l'association d'entraide et de solidarité «&amp;nbsp;Bürger für
Bürger&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Citoyens pour les citoyens&amp;nbsp;».
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Les Roms ont fui la Roumanie, le second
pays d'immigration vers l'Allemagne après la Pologne. Ils y vivaient
dans des quartiers de misère, «&amp;nbsp;aux immeubles sans sanitaires
et ou l'on ne connaît pas les services de recyclage des ordures&amp;nbsp;».
Ils sont arrivées à Rheinhausen avec leurs habitudes, et au début
les familles se débarrassaient toujours de leurs déchets en les
jetant par la fenêtre, mettant ensuite le feu au tas  accumulé.
Les deux immeubles étaient bordés de détritus.&amp;nbsp; «&amp;nbsp;C'est
ce que les Allemands supportent le moins. Chez eux la sale à manger
peut être un peu crasseuse, mais à l'extérieur ça doit être
propre. Chez les Roms c'est presque l'inverse. Les appartements sont
propres mais dés qu'il passent la porte ils se foutent de
l'environnement&amp;nbsp;», souligne Karling qui s'est fait peu à peu
l'intermédiaire entre les nouveaux venus, les voisins, les
autorités.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«C'est une question d'apprentissage,
s'ils veulent s'établir ici, il faut simplement leur apprendre à
respecter nos règles de vie.&amp;nbsp;»  Mais pour cela il faut
communiquer. «&amp;nbsp;Or on parle beaucoup plus des  Roms qu'on ne
parle avec eux&amp;nbsp;»,&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Les Roms vivent aussi la nuit, et
«&amp;nbsp;quand on ne respecte pas le silence nocturne les Allemands
s'énervent très vite&amp;nbsp;», poursuit notre interlocuteur. La
police est intervenue 320 fois en quatre mois, pour tapage nocturne
dans la plupart des cas. Des mères de familles se plaignent par
ailleurs  de ce que leurs enfants se font rançonner sur le trajet de
l'école, ou redoutent les jeunes voleurs lorsqu'elles retirent de
l'argent au distributeur de la caisse d'épargne voisine.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Conviés le 22 août par Karling au
local de «&amp;nbsp;Bürger für Bürger&amp;nbsp;» pour exprimer leurs
frustrations et dialoguer avec les autorités, certains voisins
souhaitaient que les autorités fassent «&amp;nbsp;comme en France» et
renvoient les Roms en Roumanie. Mais la plupart demandaient seulement
qu'ils se plient aux règles de vie établies en Allemagne. Et que la
police coince les délinquants.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp;Ils sont citoyens à part
entière de l'union européenne et peuvent donc s'installer ou ils le
veulent,souligne Karling.&amp;nbsp; Ils habitent dans des bâtiments
privés ou ils ont leur adresse légale. Personne ne peut rien leur
dire.  A partir du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2014, les Roumains  et donc
les Roms auront aussi le droit de travailler légalement en
Allemagne.&amp;nbsp;»
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Les deux immeubles défraîchis
appartiennent par ailleurs à  un propriétaire de bordels -légaux
en Allemagne. «&amp;nbsp;C'est plutôt  lui le premier coupable&amp;nbsp;»,
s'accordaient à dire tous les participants du forum. En entassant
les familles Roms dans ses immeubles il s'épargne  leur entretien et
leur remise aux normes d'hygiène et de sécurité en vigueur. Face
aux reproches des  voisins venus par dizaines au local de «&amp;nbsp;Bürger
und Bürger&amp;nbsp;», la représentante de la municipalité de
Rheinausen, soulignait que le  relogement de chaque famille dans des
appartements propres et conformes, dispersés, était à l'étude,
afin d'éviter la concentration des nouveaux venus en un seul lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Rolf Karling,  visage marqué et voix
posée,  a fondé «&amp;nbsp;Bürger für Bürger&amp;nbsp;» en 2007. Une
histoire qui n'a rien à voir avec les Roms d'aujourd'hui. Après
avoir quitté son emploi en Hollande pour venir relayer sa sœur
après de son père malade, il s'est retrouvé sans boulôt. «&amp;nbsp;J'en
ai eu marre de regarder la télé, et je me suis dit  il y en a qui
sont encore plus mal que toi&amp;nbsp;». En lien avec Tafel, l'organisme
qui rassemble des vivres pour les fournir aux familles dans le
besoin, il a mis en place un réseau de distribution dans les
quartiers de Rheinhausen. Rue Brahms, dés 5 heures du matin les
bénévole s'affairent dans les cuisines de «&amp;nbsp;Bürger für
Bürger&amp;nbsp;». A huit heures les premières familles viennent
s'approvisionner en paquets nourritures à 2 euros. «&amp;nbsp;Nous
touchons 3000 à 5000 personnes par semaine, et nous distribuons 5000
casse-croûte dans les écoles, précise Rolf»
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;A quelques kilomètres de là, dans les
rues du centre de Duisbourg, entre le quartier des bordels aux
immeubles criards et le vieux ports rénové bordé d'immeubles
cossus- nombre de magasins sont fermés, vides.  Le taux de chômage
ici est de 13&amp;nbsp;%.  «&amp;nbsp;Pratiquement 20&amp;nbsp;% si l'on intègre
tous ceux qui suivent des stages, ne sont plus inscrits ou ont des
petits boulots qui servent à enjoliver les statistiques&amp;nbsp;»,
corrige notre interlocuteur.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Duisbourg a construit sa richesse sur
le charbon et l'acier. Krupp-Rheinhausen était une des plus grandes
aciérie d'Europe. Sa fermeture entraîna de 1987 à 1993 l'un des
conflit sociaux les plus acharnés en Allemagne.  La ville se tourne
aujourd'hui vers la logistique, la branche d'avenir, grâce à son
port et au Rhin. D'énormes péniches embarquent des containers pour
Amsterdam.  Audi vient d'ouvrir son centre de pièces détachées, VW
y songe. Mais une telle reconversion prend des décennies et la
branche d'avenir n'a crée jusqu'ici que 3000 emplois. La fermeture
de Krupp- Rheinhausen en avait supprimé 12000.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp; Pour ceux qui ont du travail
ça marche, pour ceux qui n'en ont pas c'est de pire en pire. La solution constate Karling en riant
viendra de ce que nous devenons trop vieux et ne faisons plus
d'enfants. Dans dix ans on devra travailler jusqu'à 70 ans, et on
aura  toujours besoin de nouveaux travailleurs à Rheinhausen. Nos
«&amp;nbsp;Jobcenter&amp;nbsp;» (agences de l'emploi) pourront alors fermer
leurs portes.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;La panne des naissances  allemande
tient avant tout selon lui à la peur de l'avenir. «&amp;nbsp;Avant tu
allais à l'école, ensuite tu apprenais un métier, puis tu avais un
travail et du fondais une famille. C'était une existence normale.
Les jeunes aujourd'hui n'ont plus ces certitudes&amp;nbsp;». Et puis,
c'est peut être la raison première, c'est toujours très difficile
pour les femmes de concilier l'emploi et la maternité. «&amp;nbsp;Il
n'est pas de tradition en Allemagne qu'une mère retourne au travail
alors qu'elle vient d'avoir un enfant.&amp;nbsp;»
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;L'économie allemande aura donc
toujours plus besoin des immigrés si elle veut conserver sa
puissance.. A l'horizon 2050 l'Allemagne comptera 8 millions d'actifs
disponibles de moins en raison de la chute des naissance depuis la
fin des années soixante dix. «&amp;nbsp;Les Allemands devront alors
s'habituer à la pauvreté, tout les politiques le savent et &amp;nbsp;ce
devrait être le débat principal de la campagne électorale&amp;nbsp;»,
assène Rainer Klingholz, président de l'institut pour la
démographie et le développement de Berlin, dans une tribune du
quotidien die Welt.  Or personne n'en parle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp;Bien sûr, c'est trop
désagréable&amp;nbsp;», insiste Rolf. Une quinzaine de grandes villes
seulement connaissent des problèmes d'intégration, dont  Duisbourg
et Berlin. Le reste de l'Allemagne ne connaît pas les Roms. Mais
cela fait toute suite la une dans les médias.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Et les groupes d'extrême droite de la
région cherchent ensuite à tirer profit des déboires de
Rheinhausen et de récupérer des voix pour les élections au
Bundestag, «&amp;nbsp;comme toujours sur le dos des plus malheureux.&amp;nbsp;»
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Les politiques estiment par conséquent
que ce n'est pas le moment de dire aux gens «&amp;nbsp;à l'avenir nous
aurons encore plus besoin des étrangers».
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;«&amp;nbsp;Pourtant l'Allemagne n'est pas
hostile aux étrangers, poursuit Rolf. A Rheinhausen nous avons la
tradition d'accueillir toutes les nationalités, des Italiens, des
Polonais, ceux qui viennent de l'ex-Yougoslavie, les familles
turques, en grand nombre. Nous avons toujours vécu en concorde. Les
arrivants se sont intégrés, en respectant les règles minimum comme
les Roms de Rheinhausen devront le faire. «&amp;nbsp;Le racisme, la
xénophobie nous sont étrangers&amp;nbsp;». Devant les deux immeubles
des Roms, un piquet de veille s'était constitué spontanément cet
été pour les protéger des provocations des groupes néos-nazis.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Le 22 septembre Rolf Karling ira voter
bien sûr. C'est un droit auquel il tient. Mais fin août il n'avait
pas encore fait son choix, comme 60&amp;nbsp;% des Allemands.«&amp;nbsp;Choisir
entre Merkel et Steinbrück c'est un peu choisir entre la peste et le
choléra&amp;nbsp;» dit-il. &amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description>

    

      </item>
  
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