Dans leur émission "l'institution", deux satiristes de la chaîne de télévision publique ZDF avaient inscrit sur un tableau les liens des principaux journalistes allemands avec les « associations transatlantiques »,  « l'académie fédérale de politique sécuritaire » ou « la conférence de Münich sur la sécurité », avant de conclure que die Zeit, die Süddeutsche Zeitung, die Frankfurter Allg et Bild, n'étaient que « les versions locales des services de presse de l'Otan ». connivences.JPGUn jugement satirique bien sur. Mais les auteurs s'étaient attirés les foudres des journalistes, et de chaleureux applaudissement du public.
Deux étudiants, Alexander Barnickel et Jonas Bergmeier, se sont inspirés de l'idée pour réaliser un module pour les navigateurs internet qui peut vous indiquer les liens du journaliste qui a rédigé l'article que vous êtes en train de lire sur votre ordinateur ou votre tablette. S'il figure dans la base de donnée de « Cahoots »(connivences) -le nom de l'application- un point rouge apparaît à côté de sa signature. Il suffit de cliquer dessus pour obtenir ses liens. Une cinquantaine de journalistes sont déjà recensés. Leurs liens peuvent être « dévoilés » par les recherches de la communauté des adeptes de « Cahoots ».  Il indiquent aussi bien l'Atlantik Brücke » que le « Chaos Computer Club ». Chaque internaute peut ainsi devenir un détective sur les relations des journalistes. Les concepteurs du logiciel donnent ou non l'accord pour intégrer les liens révélés par les internautes dans la base de donnée.
Mais que devient alors la frontière entre l'intérêt public et la sphère privée, entre le travail du journaliste et sa vie, ses opinions personnelles. A-ton besoin de savoir qu'un journaliste sportif est membre de tel parti ? L'appartenance à une association économique ou autre influe-t-elle sur l'article ou l'analyse du journaliste qui en est membre ?
Deux journalistes de die Zeit, dont l'éditeur Josef Joffe, avaient porté plainte contre l'émission de ZDF contestant en partie les liens qui leur étaient attribués. La vidéo avait été retirée du coup de la médiathèque de la chaîne publique. Le procès s'est ouvert le 19 septembre devant le tribunal de Hambourg rapporte le site meedia.de.