La maire social démocrate de Berlin, Franziska Giffey, s’attend à accueillir 50 000 à 100 000 réfugiés ukrainiens, « un défi », selon elle,  pour la capitale allemande. Les services de l’immigration du Land de Berlin (LEA) traitent environ 180000 demandes de titres de séjour par an dans la capitale allemande. Les dossiers des 100000 réfugiés ukrainiens attendus vont s’y ajouter, et prendront plusieurs mois avant d’être traités, sans doute, en dépit de l’embauche de nouveaux employés.
Les procédures sécuritaires sont réduites au minimum, seuls les réfugiés qui ne disposent pas de papiers d’identité y sont soumis. Ce qui représente environ 2 % d’entre eux.

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accueil des réfugiés ukrainiens à Berlin mars. 2022


Les réfugiés qui ne se sont pas encore enregistrés mais qui bénéficient déjà d’un hébergement chez un parent, un proche, une famille d’accueil,  bénéficieront d’un titre de séjour de deux ans directement auprès des services de l’immigration du Land et  pourront également exercer immédiatement un emploi.

Le passage par le camp d’accueil des réfugiés (LAF) déployé dans l’ancien aéroport de Tegel leur est ainsi épargné. Il est réservé aux réfugiés ukrainiens qui viennent tout juste d'arriver à Berlin et ne comptent pas en général rester dans la capitale ou en Allemagne. Ils seront répartis dans l’un des 16 Länder constituant la république fédérale ou poursuivront leur voyage en Europe, voire vers l’Amérique  -le Land de Bad-Würtemberg dispose par exemple de 7000 place d’accueil dont 2600 seulement sont occupées aujourd’hui..

En 2015, c’est le camp d’accueil de Berlin Tempelhof, l’ancien aéroport dont les pistes sont parcourues aujourd’hui par les promeneurs et les adeptes de planche à voile, qui avait été déployé pour accueillir les réfugiés syriens, irakiens, accueillis à Berlin.

Au début des années 1990 la capitale fédérale avait accueilli 32000  réfugiés, fuyant les guerres des Balkans. La moitié d’entre eux sont restés à Berlin, indique Engelhardt Marzanke, directeur des services d’immigration berlinois (Lea). Il estime qu’environ la moitié des réfugiés ukrainiens feront de même. C’est selon lui « une chance extraordinaire car nombre d’entre eux veulent apporter leur expérience professionnelle. C’est une migration de personnel qualifiée contrainte par Monsieur Poutine. »

Les réfugiés, souligne-t-il sont presque exclusivement des femmes et des enfants. 30 à 40 hommes tout au plus figurent parmi les 11000 premières demandes de titres de séjour qui ont été déposées.