lundi 30 novembre 2009

Mini-crise en un temps record pour le gouvernement d'Angela Merkel

Le chaos a connu son apogée vendredi, au sein de la coalition élue le 27 septembre, avec la démission du ministre de l'emploi Franz Josef Strauss, résume le Tageszeitung. Une première démission après 30 jours de gouvernement, c'est un record. Même si Jung a failli alors qu'il était encore ministre de la défense de la grande coalition.
Son remplacement par Ursula von der Leyen, ex-ministre de la famille, sera sans doute une bonne chose pour le ministère du travail...

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vendredi 27 novembre 2009

Jung démissionne | Nouvel éclairage sur le conflit afghan |

Dernières nouvelles: le ministre du travail Karl Josef Jung, ex-ministre de la défense, vient de démissionner. Il n'a pas pu résister plus longtemps à la pression enclenchée par les révélations du quotidien Bild hier, reprises dans tous les médias ce matin, concernant la dissimulation des documents éclairant les responsabilités des officiers allemands lors du bombardement de Kunduz le 4 septembre. Le massacre a fait 142 morts dont une quarantaine de victimes civiles.

Le quotidien Bild poursuivait ce matin ses révélations contre l'ex-ministre de la défense,...

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jeudi 26 novembre 2009

La Vidéo qui accuse la Bundeswehr

Vidéo diffusée par le Bild Zeitung.


La vidéo témoin prise par le bombardier F15 de l'aviation US, lors du bombardement commandé par le commandant de la Bundeswehr, Georg Klein, est sans appel. Des silhouettes s'agitent autour de deux camions citernes volés par les Talibans à l'Otan. Le pilote demande s'il doit faire un survol d'avertissement pour faire fuir les civils, venus se ravitailler en essence. L'officier allemand répond: « négatif ». Le pilote demande alors si les cibles constituent bien « un danger immédiat » pour les troupes allemandes, une condition impérative pour faire feu. L'officier confirme. C'est une contre-vérité. Les bombes feront 142 morts, dont 30 à 40 civils. Le chef de l'état major de la Bundeswehr vient de démissionner à la suite du scandale.

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Coup dur pour le Soli | Le chef d'état major de la Bundeswehr démissionne |

Coup dur pour le "Soli". Le "Solidaritätzuschlag", l'impôt versé par les contribuables à l'ouest et à l'est de l'Allemagne, depuis la réunification pour financer la reconstruction de l'ex RDA est mis en cause par le tribunal de Basse-Saxe, sur requête d'un plaignant, soutenu par l'association des contribuables. Ce jugement est une première, souligne le Süddeutsche Zeitung. Il a rendu la juge Georgia Gascard, célèbre en un jour. Levé pour un an après 1991, le « Soli » a ensuite été prolongé indéfiniment par le gouvernement Kohl en 1995 jusqu'à aujourd'hui. Il s'élevait alors à 7,5% de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés, contre 3,75% à l'origine. Depuis 1998 son montant a été ramené à 5,5%.
Le plaignant qui a mis sa « légalité » en cause devant le tribunal de Hanovre a dû verser 1000 euros de « Soli » en 2007.

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mercredi 25 novembre 2009

Jamais trop tard...| Une CDU vraiment noire | la mercedes de Hitler | Sortie de l'atome en question |

Il n'est jamais trop tard....70 ans après, la fédération d'athlétisme allemand a décidé de reconnaître le record de saut en hauteur de Gretel Bergmann, qui avait franchi 1,60 mètres en 1936. Bergmann, 95 ans aujourd'hui, étant juive, le régime nazi n'avait pas reconnu sa performance et elle avait été remplacée aux jeux olympiques de Berlin par Dora Ratjen qui se classe quatrième , note le Berliner Morgenpost.
Ratjen termina d'ailleurs sa carrière prometteuse la même année, lorsque l'on s'aperçut qu'elle était en fait un homme. « On sait bien que tout ça ne rattrape rien », reconnaît le président de la fédération d'athlétisme, Théo Rous. Mais c'est un geste symbolique du respect que nous devons à Gretel Bergmann.
Sylvie Nantcha, camerounaise, 35 ans, fait une ascension fulgurante dans la CDU du Bad Würtemberg. Élue à la direction du parti après un an d'adhésion, elle est la première afro-allemande conseillère municipale de la CDU à Freiburg rapporte le Süddeutsche Zeitung. Venue du Cameroun, catholique, elle a appris l'Allemand sur place, à l'université avant d'être "recrutée" par les femmes de la CDU dans un cercle de lecture de la Bible.
« La CDU du Bad Würtemberg a besoin d'une candidate vraiment noire", insistait-elle avec humour -le noir est la couleur symbole de la CDU-, avant de se faire élire par les délégués à la direction de la CDU du Land, avec le troisième score, en voix ." Je suis un exemple d'intégration réussie, souligne-t-elle. Pas de communauté parallèle et oui à la langue allemande".
Un garagiste spécialiste des voitures anciennes de Düsseldorf assure avoir retrouvé la mercedes de Hitler selon Spiegel on line. Il devrait la vendre à un milliardaire russe. Après guerre le véhicule aurait d'abord été récupéré en Autriche, puis achetée par le musée automobile de Las Vegas, aux USA, avant de revenir en Allemagne.
Le garagiste s'est renseigné auprès de la justice pour savoir s'il ne risque rien à vendre le véhicule. Il assure qu'en tant que berlinois il a vécu cette "merde du nazisme" qu'il déteste profondément , mais les affaires sont les affaires. La firme mercedes assure par contre qu'il n'y avait pas de voiture du Führer, mais que plusieurs modèles avaient été livrés à la chancellerie, sans que l'un d'entre eux soit spécialement réservé à Hitler note le Bild. Le client russe qui veut acheter le modèle aurait décidé de réfléchir.
Sortie de l'atome ou pas? Le ministre de l'environnement fait un pas en arrière sur les promesses du gouvernement. On ne peut utiliser l'énergie atomique à terme que si la majorité des citoyens l'accepte. En Allemagne depuis des décennies ce n'est pas le cas et ça ne va pas changer maintenant, confie-t-il au Bild.

mardi 24 novembre 2009

Opel, soulagement et craintes | Quand la Stasi chasse la stasi |

GM/Opel...soulagement et craintes chez les salariés et les syndicats, Nick Reilly, réputé être un dur, et chargé par GM de mettre de l'ordre dans la filiale allemande assure qu'il n'y aura pas de fermeture de sites...Même Eisenach, dans l'ex Allemagne de l'ouest sera sauvegardé. Reilly concède qu'aucune décision ferme et définitive n'a encore été prise, rapporte le Financial Times Deutschland. Il faut d'abord que les négociations avec le personnel aient été menées à bien.
GM attend par ailleurs une contribution au redressement du groupe, tant des gouvernement européens que des salariés d'Opel. Le processus de consultation devra être terminé fin décembre. Le centre de développement des nouveaux modèles sur le site de Rüsselsheim, en Hesse, sera privilégié. Une part importante des 3,3 milliards d'euros d'investissements prévus doit être consacrée dans les deux ans à venir à la mise au point de nouveaux produits. « Les temps à venir seront difficiles pour les salariés, souligne le Berliner Zeitung. General Motors veut supprimer 5400 emplois en Allemagne. Soit un poste de travail sur cinq. Les usines d'assemblages de Bochum, Rhénanie du Nord, et Rüsselsheim, devraient particulièrement souffrir. 9000 emplois seraient supprimés dans l'ensemble de l'Europe. Mais les quatre sites allemands seraient préservés, en dépit de leurs surcapacités de production. Le président du conseil d'entreprise d' Opel promet une résistance offensive contre les suppressions d'emplois massives en Belgique et en Allemagne.
Nick Reilly est venu promettre la sauvegarde du site d'Eisenach en Thuringe -dans l'ex RDA- à la ministre présidente du Land, Christine Lieberknecht (CDU). Celle-ci s'est réjoui que l'usine ou 1800 salariés produisent la Corsa, soit intégré dans les plans d'avenir du groupe , note die Welt. Le gouvernement du Land accompagnera ce processus de façon constructive a-t-elle promis, il attend les propositions précises de GM. Il conviendra ensuite des mesures d'accompagnement nécessaire pour soutenir le plan de sauvegarde de General Motors avec le gouvernement à Berlin et avec les autres Länder où sont situées les usines d'Opel,
Le vice président du conseil d'entreprise d'Eisenach, Reinhard Schafer, souligne quant à lui que le Kurzarbeit, les mesures de chômage partielle mises en oeuvre depuis la début de la crise économique doivent permettre d'éviter les suppressions d'emplois.
Brandenbourg, quand la stasi chasse la stasi. Remue ménage dans le Land voisin de Berlin, gouverné depuis le 7 novembre -comme la capitale allemande- par une coalition du SPD et du parti la Gauche.
Un des députés de la Gauche Gerd-Rüdiger Hoffmann est menacé d'exclusion par son parti en raison de ses activités au service de la Stasi lorsqu'il était étudiant. Une engagement sur lequel il serait resté vague jusqu'à présent et qui vient d'être remis en lumière par le dépouillement de nouvelles archives de la police secrète. Mais il a été élu au scrutin direct, et refuse donc de se démettre son mandat. Son avocat, Peter-Michael Diestel, membre de la CDU et ancien ministre de l'intérieur de l'ex RDA (!), dénie à la direction de la Gauche, composée elle même d'anciens de la Stasi, de juger l'un des leurs rapporte Spiegel on line. Et rappelle au passage que l'ex chef du SPD du Brandenbourg, Manfred Stolpe, était soupçonné lui aussi d'avoir entretenu des liens avec la stasi.

lundi 23 novembre 2009

La semaine de 28 heures | Pas de bons pour les enfants | Ossi sans style | Contrat d'intégration | L'état des banques | Katar express et Bagdad Bahn |

Après les 35 heures les 28? Le syndicat de la métallurgie, le "père" de la semaine de 35 heures, propose aujourd'hui de réduire le temps de travail de sept heures encore, pour mettre en place la semaine de 28 heures. Avec une compensation partielle seulement des salaires et l'allègement d'une partie des charges sociales, rapporte le Bild.
"D'accord" répond le patronat de la métallurgie qui propose même d'aller jusqu'à 26 heures et souligne que ce ne serait pas plus couteux pour l'état que le financement des mesures de chômage partiel en vigueur depuis le début de la crise. Le ministre du travail -et ancien ministre des armées-, Franz Josef Jung (CDU), lui, n'est pas d'accord et envisage le prolongement du Kurzarbeit (chomage partiel), 14 mois encore.
Pas de bons de consommation à la place de la hausse des allocations familiales. L'idée avancée par les libéraux du FDP et reprise au sein de la CDU, a été mise hors-jeu ce week-end par Angela Merkel note der Spiegel. Les bons obligeraient évidemment les familles à les utiliser pour les enfants...et non à se servir de l'augmentation des prestations familiales pour les besoins du ménage, et boire un coup de plus éventuellement par exemple, selon certains spécialistes! Mais commencer à mettre en doute la façon dont les familles utilisent cet argent c'est dépasser les bornes assène Merkel.
"les gens de l'est n'ont pas de style, pas plus dans leur comportement que dans leur manière de s'habiller », c'est Jörg Schönbohm, responsable de la CDU, originaire de Berlin ouest, ministre de l'intérieur du Land de Brandenbourg (ex-Rda) après la chute du mur pendant dix ans, qui vient de sortir ces amabilités, et quelques autres encore bien senties sur les Ossis, rapporte le Berliner Morgenpost. Maintenant que les fêtes officielles sont passées, il se laisse aller. LA CDU affiche 19,8% au dernier scrutin dans le Land de Brandenbourg.
Les mesure pour assurer l'intégration des immigrés vont être renforcées et les nouveaux arrivants devraient notamment signer un contrat dans lequel ils s'engageront à maitriser la langue et participer à la vie de la société, l note l'hebdomadaire Stern.
Banques d'état. La crise reste devant nous estiment nombre d'experts. Selon Wolfgang Schäuble, le ministre des finances, ses conséquences seront aussi importantes que celles de la chute du mur rapporte le Süddeutsche Zeitung. Hans Werner Sinn, économiste « gourou » néo-libéral, estime lui qu'il faut même en cas de nécessité contraindre les banques à accepter l'aide de l'état, pour dé-serrer la crise du crédit dont pâtissent les petits et moyens entrepreneurs en tout premier lieu. Il faut prendre exemple sur les USA et l'Angleterre de ce point de vue, selon lui.
Après le Bagdad Bahn, le Katar express... Le Katar vient de confier à la Deutsche Bahn la construction du réseau ferré dans l'émirat, jusqu'en 2026 note le Frankfurter Rundschau . Un contrat énorme de 17 milliards d'euros pour la DB, et un succès pour l'influence de la République fédérale dans la région -l'ex-chancelier Schröder avait entamé les démarches. Au tout début du siècle précédent c'est l'Allemagne qui construisit la voie ferrée qui reliait Constantinople à Bagdad.

vendredi 20 novembre 2009

UE, déception | Salle de prière contestée à l'école | Les Turcs-Allemands restent turcs | GM fait du charme | Coup de pouce pour la voiture électrique |

Déception générale à la suite des nominations de deux nouvelles têtes de l'UE, Herman Van Rompuy et Catherine Ashton des personnalités de second rang, selon der Spiegel. Les deux postes occupés par les deux nouveaux élus devaient contribuer à donner un nouveau poids à l'Union. Or les chefs d'états y ont nommé deux « Nobodys » qui devront d'abord se battre pour se faire reconnaître.
Un choix qui ne donnera pas de couleurs au traité de Lisbonne, mais qui colle avec la vieille habitude des hommes d'états nationaux, de n'attribuer des postes clés à la tête de l'UE qu'à des gens qui ne risquent pas de leur faire de l'ombre. « As tu un Opa (grand père), envoie le à l'Europa (Europe) ». Le jeu de mot semble encore en vigueur.
Salle de prière à l'école: la municipalité berlinoise va faire opposition au jugement qui avait fait droit à la demande d'un jeune musulman d'avoir une salle réservée à cet effet dans son collège, note le Berliner Morgenpost. Elle craint que le cas ne fasse école, et ne déstabilise les autorités scolaires, qui peuvent être confrontées à ce type de revendication, jugement du tribunal à l'appui.
Les Turcs-Allemands veulent rester turcs. Ils ne se sentent pas chez eux en Allemagne selon une étude qui vient de paraître , rapporte le Tagesspiegel. Pour 38% d'entre eux les deux pays sont leurs deux patries, pour 37% c'est la Turquie qui a la préférence. 1/5 seulement voient l'Allemagne comme leur patrie. 42% veulent retourner en Turquie tôt ou tard et 82% estiment que l'Allemagne ne respecte pas assez leurs traditions, leur culture. 47% d'entre eux sont contre la vie commune avant le mariage par exemple contre 8% chez les Allemands.
General Motors fait une offensive de charme après la mobilisation des salariés et des ministres-président des Länder ou sont situés les sites du groupe. Nick Reilly chargé de la restructuration de la filiale de GM, un dur selon les syndicats, annonce qu'aucune entreprise ne sera fermée, rapporte le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Une promesse indispensable pour obtenir d'éventuels aides du gouvernement.
Reilly s'est excusé également auprès de la chancelière pour le rejet inattendu de General Motors de vendre Opel à Magna, comme l'espéraient le gouvernement allemand et les syndicats. « Nous comprenons que madame Merkel ait été déçue. J'espère néanmoins qu'elle tient toujours Opel pour une entreprise des plus importantes pour l'Allemagne et nous soutiendra ».
Un second administrateur d'Opel -nommé par la gouvernement après la faillite de GM- vient de démissionner de son côté, estimant que les pressions politiques de Berlin, ne permettront pas d'assainir sérieusement l'entreprise. Un point de vue que partage le nouveau ministre de l'économie du gouvernement Merkel, Rainer Brüderle, libéral.
Coup de pouce pour la voiture électrique. Le gouvernement estime que c'est une question décisive pour le futur de la branche automobile, et va nommer un monsieur voiture électrique qui sera chargé d'accélérer la mise en oeuvre de la mobilité électrique au sein des ministères de l'économie et des transports, note le quotidien économique Handelsblatt.

jeudi 19 novembre 2009

Secrets sur l'oreiller | La Pologne, Steinbach et Westerwelle | La république des vieux | Guerre scolaire primaire |

*Secrets d'état révélés sur l'oreiller, s'interroge le Frankfurter Allgemeine Zeitung? Procès scandale pour les services secrets, Le BND. Un de ses agents, 42 ans, inculpé pour avoir été trop bavard avec son collaborateur, interprète et ami, 29 ans, passe en procès depuis hier à Münich avec son complice.
En poste au Kosovo, il était tombé amoureux du jeune homme et avait fini par se mettre en ménage avec lui. Il n'aurait pas observé les mesures de sécurité impératives, partageant certains de ses secrets avec le jeune macédonien. Sa femme, qui avait découvert que son mari avait modifié le bénéficiaire de son assurance vie à ses dépends et au profit de son compagnon, avisa la direction des services secrets (!). L'agent fut arrêté, ainsi que son « complice ». Puis suspendu de ses fonctions. Les deux hommes, vivent toujours ensemble.
Leurs défenseurs n'ont pas pu prendre connaissance des dossiers classés secrets de l'accusation. Le jeune interprète aurait eu des contacts avec des services de renseignements étrangers, et avec le crime organisé. Les audiences doivent se poursuivre jusqu'en mars.
*Choisir entre la Pologne ou l'association des Allemands déportés (les 12 millions d' allemands expulsés après guerre, des pays de l'est), cruel dilemme pour Angela Merkel, rapporte le Süddeutsche Zeitung. Depuis des années, la Pologne a pris en grippe Erika Steinbach, la présidente de l'association. Les Polonais lui reprochent entre autres d'avoir voté contre la reconnaissance de la ligne Oder-Neisse, lors de la réunification au Bundestag.
Face à l'opposition de Varsovie, Guido Westerwelle, ministre des affaires étrangères d'Angela Merkel, a décidé d'opposer son veto à sa nomination à la présidence du musée de la la fondation des « populations opprimées, déplacées, et pour la réconciliation », qui se met en place à Berlin avec l'aval de Varsovie.
La CSU bavaroise qui accueillit nombre de réfugiés déplacés après guerre, est par contre pour l'élection d'Erika Steinbach. La CDU et Merkel lui sont également favorables, elle est membre de la direction du parti démocrate chrétien. Erika Steibach accuse Westerwelle de se tailler son nouveau profil de ministre des affaires étrangères à ses dépends, exacerbant les tensions dans la coalition. Elle donne jusqu'à fin décembre au gouvernement afin qu'il se décide et souligne que ce n'est pas le pays voisin qui doit imposer ses choix en Allemagne.
*Les dernières statistiques démographiques officielles sont toujours aussi sombres. L'Allemagne va voir sa population se réduire de 17 millions d'habitants d'ici 2060 et devenir la république des vieux, titre le Frankfurter Rundschau. D'ici 2020, 40% des actifs auront plus de 50 ans.
Depuis des décennies le taux de natalité en Allemagne est au plus bas. Le pourcentage des moins de vingt ans dans la population passera progressivement de 19 à 16% de la population, celui des plus de 80 s'élèvera à 14%. Une mutation qui « sera l'un des plus grand défi politique et social des décennies à venir, selon les spécialistes de l'office des statistiques.
*Guerre scolaire du primaire. Plusieurs tentatives de réforme du système scolaire, à Berlin (gouvernement SPD, la Gauche), Hambourg (CDU,Verts), en Sarre (CDU, libéraux, Verts), visent à prolonger la scolarisation commune des élèves à l'école primaire de 4 ans actuellement, à 5 ans (comme en France), voire 6 ans (comme en Suisse dans la majorité des cantons). Afin de repousser d'un an ou deux la sélection précoce des élèves -actuellement à 8-10 ans- pour leur répartition dans les différents établissements secondaires, collèges, enseignement professionnel, lycées.
A Hambourg et à Berlin la réforme vise également les établissements secondaires et va conduire à la disparition des collèges élémentaires (Hauptschule) qui seront rassemblés avec les collèges d'enseignement général cycle court (Realschule) au sein des écoles secondaires, et des collèges généraux, permettant l'accès des élèves au bac, au même titre que dans les lycées, Gymnasium, réservés aux élèves censés être les meilleurs.
Autant de mesures qui se heurtent aux traditions et aux intérêts de nombre de parents, dont les enfants bénéficient de la sélection stricte et de l'accès aux gymnasium. Un privilège difficile à remettre en cause. A Hambourg les opposants ont rassemblé trois fois plus que le nombre de signatures nécessaires à une votation, contre la réforme souligne le Hamburger Abendsblatt.
Un sérieux revers pour les Verts qui justifient pour beaucoup leur alliance avec la CDU au gouvernement du Land, par l'adoption de cette réforme par les démocrates chrétiens. Pour Ole von Beust, le ministre président démocrate chrétien qui a su faire admettre cette réforme à son parti, alors qu'elle est à l'opposé de la politique appliquée généralement par la CDU, la situation n'est pas plus confortable.

mercredi 18 novembre 2009

Débats de fond chez les étudiants en grève | La cours fédérale met fin aux manif's en l'honneur de Rudolph Heß

« Pas de mai 68 revival », titre le Tageszeitung à propos du mouvement de mobilisation des universités. Une part des étudiants qui participent au mouvement s'insurge en effet contre la tonalité radicale de ceux qui en profitent pour mettre tout en cause, le système et le capitalisme en même temps que l'application du processus de Bologne qui est à l'origine des grèves dans les facs.
Mais cela n'est pas pour autant une division du mouvement en deux camps estime un animateur de la mobilisation à l'université de Münster. Le front de rassemblement pour la « grève de la formation », mis en place, est si large que les divergences d'opinion sont normales. « Nous sommes en permanence en discussion afin de définir les moyens que nous voulons mettre en oeuvre ». Et l'égalité des chances d'accès à l'université devient dans ce contexte une préoccupation de premier plan.
Ce que conteste l'un de ses collègues qui ne rejette pas seulement les actions « radicales », mais aussi le dogmatisme et le vocabulaire du mouvement. « On discute tout d'un coup de la lutte des classes et le slogan « néo-libéral » ressort à tout bout de champs. »
En attendant tout le monde ou presque affiche sa solidarité avec les étudiants en grève remarque le Frankfurter Rundschau. Du ministre de la formation berlinois Jürge Zöllner (SPD), à celui de Basse-Saxe, Lutz Stratman (CDU), en passant par les présidents d'université. « Il faut donner de la flexibilité et de l'air au système ».
Chacun en fait renvoie la balle à l'autre, en ce qui concerne l'aménagement de la mise en oeuvre du processus de Bologne, de la mise en place des diplômes de Bachelor et Master, qui ne laissent plus aux étudiants le temps de vivre et souffler.
« Les études doivent être possibles », souligne une gréviste qui n'est pas formellement contre la réforme. Mais le cursus qu'elle suit actuellement pour obtenir un diplôme de Master après six ans, « ne le sont pas ». Que tous les ministres de l'enseignement des Länder reprennent en gros cette revendication des étudiants la fait sourire.
« Mais qu'est-ce qu'ils font ensuite? ». Depuis qu'elle est à la fac, lors du mouvement de cet été notamment elle lutte pur que les conditions s'améliorent, et « rien ne se passe ». Une prochaine manifestation pourrait avoir lieu mardi, lors de la conférence des recteurs d'université.

L'interdiction de rendre honneur au régime nazi que vient de proclamer la cour fédérale de justice est un coup contre le NPD, le parti néo-nazi. Au lendemain de la guerre, la législation contre la propagande néo-nazie, les manifestations des groupes et partis se réclamant plus ou moins ouvertement du IIIè Reich est restée limitée en République fédérale. Il semblait exclu d'instaurer à nouveau des lois limitant la liberté d'expression et de manifestation strictes, qui étaient justement caractéristiques du régime nazi, explique le Tagesspiegel. Seule la loi de protection des minorités fit consensus, réprimant ainsi l'incitation ouverte au racisme, à la haine raciale.
Profitant de cet état de fait Les néos-nazis en ont profité pour institutionnaliser par exemple les défilés en mémoire de Rudolph Heß, condamné à la prison à vie par le tribunal de Nüremberg, qui se suicidera en 1987 dans la prison de Spandau et dont ils avaient fait un « martyre ». Face aux menaces d'interdictions, ils s'appuyaient sur le droit à la liberté d'expression garantie par la loi fondamentale. La cours fédérale vient donc d'interdire cette « liberté » spécifiquement en ce qui concerne la commémoration du régime du IIIè Reich, en raison de ses crimes.
Une exception qui n'interdit pas cependant l'expression de points de vue néos-nazis, d'extrême droite, ou la soutient à des régimes dictatoriaux, qui restent protégés par le droit fondamental à la liberté d'expression.
Mais la décision de la cours fédérale est un rude coup porté au NPD. Elle met en effet « hors la loi » les manifestations en l'hommage de Rudolph Heß sur sa tombe à Wunsiedel, qui réunissaient chaque année plusieurs milliers de participants, dont 5000 en 2004, venus d'Allemagne ou d'ailleurs.
Ces marches du souvenir avaient été remises à l'honneur par Jürgen Rieder, millionnaire et figure de proue du NPD, qui vient de décéder. Elles avaient été autorisées par la cours de justice bavaroise en 2001, contre un jugement de premier instance qui l'avait interdite. La marche à laquelle participaient également d'anciens nazis fut à nouveau interdite en 2007, puis en 2008.
La décision de la cours fédérale confirme une fois pour toute la légitimité de ces interdictions et prive ainsi le NPD de son rassemblement le plus symbolique.

mardi 17 novembre 2009

Vagues de protestation dans les Universités | Grosse réforme fiscale ou pas? | Genscher, avocat de Medvedev |

Vague de protestations dans les universités, occupation des salles de cours et manifestations dans une centaine de villes, contre la réforme de l'université. Les étudiants ont pris en grippe l'internationalisation du cursus des études universitaires, autant que la taxe universitaire (6O% des étudiants paient environ 500 euros par semestre). Nombre de professeurs les soutiennent.
Le Bachelor et le Master donnent aux étudiants l'impression d'être ramenés au rang d'écoliers, mis sous pressions pour boucler leurs études résume le Frankfurter Rundschau. Ce n'était pas l'intention des initiateurs du processus de Bologne. Ils voulaient instituer un espace d'études européens unifié, dans lequel les diplômes sont équivalents, permettant ainsi de changer d'établissement et de pays sans être obligé d'entreprendre un marathon administratif. Il reste malheureusement peu de choses d'une excellente idée.
Selon les derniers rapports, 75% des programmes ont été modifiés selon les nouvelles normes. Mais ce sont souvent les anciens contenus qui ont été réaménagés. Cela coince du côté des équivalences. Résultat: un bon projet, mal concrétisé.
Manifestation à Berlin. 10000 personnes, étudiants, collégiens, éducateurs, doivent manifester aujourd'hui pour une « meilleur formation ».
Réforme fiscale: grosse, moyenne, ou moins importante que prévue? Le gouvernement démocrate chrétien et libéral d'Angela Merkel doit trouver un terrain d'entente, après des déclarations discordantes ces dernières semaines sur l'ampleur de la réforme fiscale prévue par le programme de la coalition CDU-FDP, d'un montant de 24 milliards. Alors que les marges seront étroites, le déficit budgétaire au dessus des 3% imposés par le traité de Maastricht.
Merkel maintiendra sans doute le cap qu'elle tient depuis quelques mois: ce n'est pas le moment de serrer la vis, cela étoufferait la relance. Mais Wolfgang Schäuble, le ministre des finances, a déjà repoussé lui toute réforme fiscale importante et assure qu'il est d'accord avec Merkel sur ce plan. Ce qui a le don d'irriter les libéraux du FDP qui veulent notamment faire adopter un système par tranches, et rompre ainsi avec la progressivité de l'impôt selon les revenus résume le Financial times Deutschland.
"Qu'on appelle ça une grande réforme ou un réforme moyenne, cela importe peu. Mais les familles, les petits et moyens revenus, et les classes moyennes doivent en sentir les effets a répliqué le vice-chancelier, Guido Westerwelle". Au ministère des finances on estime que les 4,8 milliards d'euros destinés à l'augmentation des allocations et au relèvement des déductions fiscales par enfant doivent être déduites du paquet des allègements en 2011, qui s'élèverait alors à 19,2 mrds d'euros, seulement. D'autres questions qui font débat au sein de la coalition seront abordées au séminaire de Merseburg, la réforme de la santé, l'Afghanistan par exemple.
Hans Dieter Genscher, avocat de la Russie. Après la déclaration de Medvedev en faveur de la modernisation de son pays, l'ancien ministre des affaires étrangères d'Helmut Kohl souligne qu'il faut prendre ces déclarations au sérieux et encourager les efforts du président russe.
On ne peut rien faire sans la Russie, explique Genscher dans le Tagesspiegel. Qu'il s'agisse de l'environnement, de la relance de l'économie, du désarmement et du contrôle des ventes d'armes, du combat contre la criminalité organisée et le terrorisme international. L'aide des Russes aux troupes alliées en Afghanistan démontre l'attitude constructive des Russes. Les liens entre l'UE et Moscou doivent être renforcés. Les deux partenaires y trouveront leur comptant, dans l'échange des ressources: le gaz russe contre la technologie nécessaire à la modernisation du pays. Les Allemands sont en pointe sur ce plan.

lundi 16 novembre 2009

Sigmar Gabriel s'engage à ranimer un SPD en coma profond

Élu avec 94% des suffrages par les 525 délégués réunis à Dresde ce week-end, le nouveau président du SPD, Sigmar Gabriel, 50 ans, hérite d'un parti en ruine. Imposant, percutant, parfois jovial, Sigmar Gabriel, a conquis des troupes déboussolés, amères, qui tirent un bilan souvent négatif de onze ans de participation de leur parti au pouvoir.. lire la suite sur mon Berlinblog.

Changement de capitaine sur le pont du SPD

Changement de génération au SPD. L'idée maitresse du discours d'intronisation de Sigmar Gabriel était tirée d'un proverbe chinois: « qui ne sait pas sourire, ne doit pas ouvrir de boutique », note le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Suivi de cet ordre de marche: « ouvrons sérieusement nos boutiques en Allemagne ». Gabriel veut transformer le SPD en ateliers, pour élaborer avec tous ceux qui y sont prêts, syndicats, associations, experts, les réponses à la crise.
« Le nouveau président du SPD -il a 19 ans de moins que le précédent- semble avoir pris conscience que le SPD doit reprendre pied dans les courants d'idées qui traversent la société. Il veut re-mobiliser les vrais sociaux-démocrates. Sa remarque: « ne vous faites pas d'illusion, la démocratie de base ça signifie plus de travail », assénée avec bonne humeur était très sérieuse. Le parti devrait dorénavant tenir congrès tous les ans, selon, lui. Et le travail de réfection du SPD doit commencer dans les Länder, et les communes. »
Gabriel a été convaincant pour les délégués, mais son succès se mesurera dans la réalité, poursuit le quotidien de Francfort. Il ne suffit pas de gesticuler. Angela Merkel a réussi ces dernières années, au prix y compris de la confusion programmatique, à ne pas pour ne pas se laisser coincer dans les cordes de la droite. Elle a définit le centre, au dépend du SPD.
En adoptant une résolution sur la ré-instauration de l'impôt sur la fortune, les délégués du congrès ont envoyé sans grand danger un signal à gauche , estime le Frankfurter Rundschau . Le SPD est favorable depuis longtemps à une participation accrue des privilégiés au financement de l'état social. L'ex ministre des finances, Peer Steinbrück, et Franck Walter Steinmeier, avaient écarté cette mesure seulement pour des raisons pratiques. Le premier estimait qu'elle se heurterait à des obstacles juridiques. Le second qu'il n'y aurait pas de majorité suffisante au sein de la coalition au pouvoir et au Bundesrat pour l'adopter.
Deux arguments de poids pour un parti de gouvernement, mais que l'on peut écarter dans l'opposition.
« A terme cependant le symbole de l'impôt sur la fortune ne suffira pas. Nombre de « camarades », souhaitent pousser le parti plus à gauche. Le retrait de la réforme de la retraite à 67 ans, en serait le témoignage. Mais un tel retour en arrière ne résoudrait pas le dilemme du parti. La globalisation et le tournant démographique -la chute de la natalité- n'ont pas cessé depuis que le SPD n'est plus au pouvoir. Qui les ignore risque d'éprouver un sacré choc en revenant aux affaires en 2013 ou 2017. Encore plus dur que lors des années rouge-vert, avec Gerhard Schröder. »
Gabriel incarne le profil du SPD dans l'opposition, souligne le Tageszeitung. Il a tenu un discours plein d'enthousiasme, peut être le plus percutant qui soit depuis le discours d'Oskar Lafontaine face à Rudolph Scharping en 1995. L'étonnant est que Gabriel a en fait défendue la ligne actuelle du parti: le SPD peut être fier de ses 11 ans d'exercice du pouvoir. Mais il a fait il est vrai quelques erreurs. Il faut donc ouvrir la réflexion à nouveau sur Harz IV, la retraite à 67 ans, l'Afghanistan.
« C'est le « oui, mais », qui est le ton en vogue dans le SPD. Même les adversaires les plus affirmés de la politique de l'agenda 2010 de Gerhard Schröder, comme Ottmar Schreiner -porte parole de la gauche et des salariés-, ne veulent pas saborder sur le champs la retraite à 67 ans et Harz IV -la réduction des indemnités chômage. Cela semblerait trop opportuniste. Et la gauche du parti n'a concrètement marqué qu'un point, en faisant adopter contre la direction la ré-instauration de l'impôt sur la fortune.
Tout l'art de Gabriel a été de faire passer son « oui, mais », avec une force de suggestion alternant l'analyse, la pointe d'humour, l'agressivité, la décontraction, pendant deux heures. »

jeudi 12 novembre 2009

La mort du footballeur percute l'Allemagne | vive l'Allemagne, vive la France |

« Garde bien les buts du paradis », c'est le dernier voeu des fans et des amis de Robert Enke, le gardien de but de l'équipe de foot allemand, qui s'est suicidé, à 32 ans. Un choc pour l'Allemagne. Mais pourquoi s'est-il jeté sous un train?
« la réponse pourrait être que cela ne se passe pas pour beaucoup de gens tout au fond d'eux même, comme on peut en avoir l'impression, de l'extérieur, note le Frankfurter Rundschau.
Pour la plupart d'entre nous, Robert Enke était d'abord un brillant gardien de but. Un homme qui devait toujours encaisser des coups terribles, mais en tirait toujours un regain d'énergie pour poursuivre son chemin sans se laisser abattre.
Depuis hier nous le savons: Enke a souffert d'une dépression tout au cours de ces dernières années. Et il se croyait obligé de le dissimuler. Il souffrait de poussées d'envies de suicide, régulières. Suivi par un psy depuis des années, il avait des périodes ou il semblait aller mieux, puis des rechutes. La dernière lui a été fatale.
Il n'avait jamais voulu l'avouer en public. Il avait peur pour sa carrière. Peur aussi de perdre l'enfant qu'ils venait d'adopter avec sa femme, au lendemain de la mort de leur petite fille, d'une maladie du coeur. Il craignait que les autorités ne lui retirent son deuxième enfant adoptif, parce que son père était fou. La mort du champion renverse bien des certitudes.
« Que toute l'Allemagne aujourd'hui porte le deuil, et que même le Tagesschau, les informations télévisées, trouvent sa mort plus importante que la visite symbolique d'Angela Merkel à Paris, montre qu'il existe autre chose que le simple bavardage médiatique, le « businesse as usual ». Il ne s'agit pas d'un homme d'état, ce n'est ni Helmut Kohl ni Helmut Schmidt. Ce n'est pas une idole, un titan, format Oliver Kahn -le précédent gardien de l'équipe nationale-, pas un objet de culte des fans du type Fritz Walter ou Franz Beckenbauer, ni dieu du foot, ni Kaiser, explique der Spiegel. » Enke était un type réservé, fier, mais il n'avait besoin ni des flash, ni des tapis rouges. Il avait treize ans à la chute du mur.
C'était un enfant de la DDR, né à Jena en Thuringe, comme Thomas Doll, Andreas Thom et Michael Ballack il faisait partie de cette génération de la nation divisée qui a grandi ensemble, sans rien de spectaculaire. 9000 personnes, souvent profondément dépressifs se suicident chaque année en Allemagne. Enke n'est que l'un d'entre eux. Mais que lui justement ce footballer brillant fasse ce geste laisse les gens sans voix.

« Vive la France, vive l'Allemagne », triomphe de l'amitié franco-allemande, titre la Süddeutsche Zeitung, en rendant compte du voyage de Merkel à Paris et de la cérémonie rassemblant le président français et la chancelière allemande pour la commémoration du 11 novembre, sous l'arc de triomphe. « Alors que l'expérience de la seconde guerre mondiale, la culpabilité allemande, et la responsabilité particulière des deux voisins à l'égard de l'Europe, rassemblaient la France et l'Allemagne, le souvenir et la commémoration de la première guerre mondiale les séparaient encore.
C'est du passé. Mercredi les soldats français et allemands étaient côte à côte sous l'arc de triomphe. Un choeur français chantait l'hymne national allemand, et la chancelière lançait dans le ciel de Paris: « vive la France ».

mardi 10 novembre 2009

Fête pour la chute du mur, voir mon billet sur mon Berlin Blog

La fête du vingtième anniversaire de la chute du mur hier soir illustrait un sacré quiproquo. La planète s'était donné rendez vous à Berlin, les Berlinois pour l'essentiel étaient absents ( voir ma revue de presse). Ils avaient eux envahi les rues de la capitale le 3 octobre, pour la fête de la réunification, quand « le monde » était ailleurs. Pas de chance.

Berlin, la fête de la planète met le peuple en coulisse

Une centaine de milliers de personnes venues de toute la planète ont fêté hier à Berlin les vingt ans de la chute du mur. Le président de la République, Horst Köhler et la chancelière Angela Merkel ont décrit le 9 novembre 1989 comme l'un des jours les plus heureux de l'histoire récente de l'Allemagne, rapporte le Berliner Morgenpost. Avant même le début de la fête, Marianne Birthler, militante de l'opposition dans l'ex RDA et aujourd'hui responsable des archives de la Stasi, rappelait que: « ce n'est pas la chute du mur qui a offert leur liberté aux citoyens de l'ex Allemagne de l'est. La révolution pacifique avait commencé depuis longtemps dans l'ex RDA quand le mur est tombé. Un peuple qui ne se laisse plus opprimer, ne se laisse plus enfermer non plus ».
C'est ce sentiment qu'une centaine de milliers de témoins, de jeunes nés après la chute du mur, de visiteurs de Berlin venus du monde entier, cherchaient sans doute hier dans la capitale allemande. La magie d'un moment qui a changé la vie d'une ville puis du monde. Et qui ce lundi, après 21 heures, a connu son couronnement officiel dans la chute des dominos et les feux d'artifice.



Le Tagesspiegel, quotidien berlinois lui aussi, décrit bien de son côté ce curieux rassemblement de foules, de bataillons de journalistes, de personnalités, de visiteurs du monde entier, au milieu desquels les Berlinois, devaient se frayer le passage dans les couloirs du métros et les encombrements, après le poids d'une journée de travail, en ruminant parce que le 9 novembre justement n'est pas une journée de fête, fériée. Ils ont bien sûr ouvert leur ville en grand aux visiteurs, ils sont « gentils ». Un peu étonné, tout de même. Pourquoi cette invasion pour ce jubilé? Que sont venus chercher l'enseignante danoise, l'experte en software des USA, le diplomate du Congo ce jour là à Berlin. Cette histoire vieille de vingt ans dont nous conservons scrupuleusement les trace et qui sont recouvertes chaque jour par les peines les contradictions, les frustrations du quotidien de la réunification?
La fête pour la chute du mur était un spectacle médiatique qui met le peuple sur la touche, estime quant à lui le Frankfurter Rundschau, quotidien libéral de gauche de Francfort.
Le mur de dominos en polystyrene est tombé finalement comme prévu par le plan. Une idée de carnaval pour divertir le peuple emporté une fois par une révolution. Elle servira d'image dans les résumés des évènements des années à venir. Mais le peuple est cette fois la coulisse et non l'acteur historique de l'évènement. On peut trouver exagérée cette mixture de cérémonies officielles, de conférences, de nuit du souvenir, de kermesse d'automne, avec lesquelles le 20 ème anniversaire de la chute du mur a été transformé en spectacle médiatique, estime le quotidien de Francfort. La signification historique des évènements qui se sont produits avant et après le 9 novembre 1989 ne gagne pas grand chose à une mise en fête contrainte, que les citoyens et les passants regardent avec scepticisme. Il est certain qu'une identité nationale fragile, contradictoire a besoin de journées du souvenir pour s'affirmer, il est sur aussi que le cohésion d'une société ne se commande pas par une fête de la liberté.

vendredi 6 novembre 2009

Mathias Platzeck, réélu à Potsdam à la tête d'une coalition rouge-rouge

Une élection pleine de symboles...Mathias Platzeck a été réélu aujourd'hui ministre président du Brandenbourg à la tête d'une coalition SPD/la Gauche. Une première dans ce Land clé de l'ex RDA qui entoure Berlin. Vingt ans après la chute du mur l'alliance de Platzeck avec le parti de Gregor Gyzi ranime toutes les polémiques jamais éteintes. C'est "une honte", assène Wolfgang Schäuble, une "trahison de la révolution de 1989", assène la CDU. En guise de protestation, le vice président du groupe parlementaire démocrate chrétien au Landtag, Dieter Dombrowski, est apparu avec un costume de la prison de la Stasi de Cottbus. Pour les démocrates chrétiens l'alliance des sociaux démocrates avec un parti dans lequel d'anciens membres de la Stasi occupent des postes de responsabilité est scandaleux. C'est le cas, entre autres, de Kerstin Kaiser, cheffe du groupe parlementaire de la Gauche au Landtag et du président du parti dans le Bandenbourg, et de Thomas Nord, rappelle le Frankfurter Rundschau.
Platzeck assure avoir reçu un tas de lettres et de mail d'insultes, expédiés de l'ouest à 80%, selon lui.
Mais après des années de coalition à la tête du Land, aux côtés de la CDU, l'un des rares dirigeants du SPD qui conserve toujours sa popularité, estime qu'il faut savoir tourner la page et gouverner même avec un parti dont certains des responsables ont travaillé pour la police politique de l'ex Allemagne de l'est.
« Vingt ans après les changements révolutionnaires en RDA il faudrait enfin commencer en Allemagne à prendre le processus de réconciliation au sérieux. Une cicatrice malsaine traverse toujours la société est-allemande et peut s'aggraver même. On élève à nouveau les barrières, comme si les divisions s'étaient renforcées... ». Le magazine Focus rapporte ses propos.
Pour justifier sa démarche Platzeck avait rappelé notamment le geste de Kurt Schumacher, dirigeant du SPD en 1946, qui tendit la main aux "anciens SS", 5 ans après être sorti du camp de concentration. Une comparaison qui fait hurler certains...jusque dans son propre parti (voir revue de presse de mercredi).
Il a reçu par contre le soutien de Gesine Schwann, candidate malheureuse du SPD à la présidence de la république, contre Horst Köhler, rapporte le Süddeutsche Zeitung. Elle souligne que Platzeck fait de la « morale politique ». La réconciliation vient après la culpabilité dans les relations personnelles, lorsque la faute a été reconnue. Beaucoup ont certes été coupables dans l'ex RDA, pas seulement au sein du régime. Mais les Allemands de l'ouest ont quant à eux la partie belle dans ce deuxième processus de retour sur le passé -après la nazisme- car ils vivaient à l'abri, à bon port.
« Les ex-citoyens de la RDA qui ont reconnu leurs fautes depuis doivent-ils pouvoir s'engager à nouveau dans la vie politique? Certains assurent que non. S'ils avaient raison ils devraient alors passer au crible la vie de tous les politiques, hommes et femmes, car la culpabilité morale ne se limite pas seulement bien sûr à la politique ». Une telle rigueur conduirait à la terreur par la vertu d'un Robespierre, assure Schwann. 

jeudi 5 novembre 2009

Amérique-Allemagne, un coup de froid venu de Detroit

Le moment choisi par GM pour annoncer sa volonté de garder Opel a été, presque par malice, le plus mal placé qui soit, souligne le Tageszeitung. La chancelière, Angela Merkel, qui s'était engagé personnellement pour le rachat du groupe allemand par Magna, rencontrait mardi le président Barack Obama et s'adressait au congrès US. Elle était "fêtée" à Washington, tandis que le conseil d'administration de GM à Detroit, prenait la décision de ne plus vendre Opel.
Le Frankfurter Allgemeine Zeitung raconte qu'Angela Merkel appris la nouvelle par l'un de ses conseillers alors qu'elle terminait ses rencontres à Washington. « Elle paru littéralement frappée par la foudre ».
C'est un affront comme on en a jamais connu, un désastre pour les relations entre l'Allemagne et les USA, commente le Tagesspiel. Encore pire que les pires moments entre Georges Bush et Gerard Schröder.
Et qui peut croire qu'Obama n'avait pas la moindre idée du coup que préparait GM en s'entretenant avec Merkel s'interroge le quotidien berlinois? Qui peut croire que son gouvernement est complètement étranger à cette décision? L'avenir proche pourrait bien être détestable. C'est triste.
Les experts estiment que la nouvelle direction de GM a choisi d'appliquer une stratégie plus agressive à l'égard de l'Europe. Convaincue que les modèles d'avenir y verront le jour. Le chef de GM, Fritz Henderson, qui s'était prononcé en faveur de la reprise d'Opel par Magna, selon les voeux du gouvernement allemand, aurait été désavoué par la « nouvelle direction » du groupe, mise en place par l'administration Obama, et par le chef du conseil d'administration, Ed Whitacre. Les membres du conseil de GM qui voulaient à tout pris empêcher le transfert de technologie d'Opel à la Russie -la banque russe Sberbank étant associée à l'opération Magna- l'ont emporté.
C'est un échec politique complet, estime le Frankfurter Allgemeine Zeitung. La chancelière n'a cessé de répéter que Magna présentait le meilleur plan de sauvetage industriel. S'immisçant ainsi dans les plans d'avenir d'une entreprise, ce qui ne fait pas partie normalement des activités d'un chef de gouvernement dans une économie sociale de marché. Même en pleine campagne électorale. Et le fait que l'affaire ait échoué avec Magna tient entre autres à cette intervention étatique. Mais la chancelière n'en tire aucune conséquence. Elle ne prend aucune distance à l'égard de la politisation du cas Opel et annonce même déjà de nouvelles discussions avec le président américain Obama.
Mais General Motor ne peut pas sauver Opel seul souligne le Frankfurter Rundschau, qui fustige « les fossoyeurs d'Opel. » L'entreprise US a encore du faire appel au fond d'aide de 50 milliards de dollars pour un montant de 2,8 milliard. Et puis il ne s'agit pas seulement d'assainir l'entreprise, mais de lui assurer des investissements suffisant pour garantir l'avenir, à hauteur de 6 à 7 milliards de dollars. Entre autres pour assurer le développement rapide du futur modèle à traction électrique. Or le gouvernement allemand ne mettra pas les 4,5 milliards d'euros promis en cas de rachat du groupe par Magna, à la disposition de GM. Car l'aide était destiné seulement à Opel, pas à GM. L'argent du contribuable allemand ne doit pas aller renflouer les caisses du konzern' américain.
Dirk Pfeil, membre du conseil de tutelle qui administre Opel depuis la faillite de GM, est favorable lui à la décision prise par le groupe automobile de Detroit , rapporte le Berliner Morgenpost. « Pour les contribuables allemands se serait la meilleure solution ». Le maintien du constructeur allemand au sein du groupe américain serait également la meilleure garantie contre tout transfert de know-how à la Russie. Ce qui se traduirait tôt ou tard par la perte d'emplois en Allemagne même. Un point de vue tout à fait personnel, selon le conseil de tutelle.
Le plus curieux en effet est que Dirk Pfeil, membre du parti libéral (FDP), représente les quatre Länder ou se trouvent les sites d'Opel. Or les ministres président de ces quatre Länder, dont celui de Hesse, Roland Koch, démocrate-chrétien, étaient favorables à la reprise d'Opel par le groupe Magna. Et s'insurgent contre le retournement de GM. Mais Dirk Pfeil interrogé par Deutschlandfunk, ne partage pas leur colère. « Le droit de propriété figure toujours dans la constitution souligne-t-il. GM est propriétaire d'Opel et devait savoir ce qu'il avait l'intention de faire de sa propriété ».
Rainer Brüderle, nouveau ministre de l'industrie et membre du parti libéral également, fustige lui le comportement inacceptable de General Motors rapporte le quotidien économique Handelsblatt. Il réclame le remboursement du crédit relai de 1,5 milliards d'euros accordé par le gouvernement à Opel, et laisse ouverte la question de futurs crédits qui seraient accordés au groupe automobile dans le cadre de sa restructuration. « Nous ne cèderons pas aux pressions de General Motors».
La direction européenne de GM a déjà mis les salariés « sous pression » , note le Süddeutsche Zeitung. Ils devraient eux aussi apporter leur contribution au redressement du groupe. Les syndicats doivent négocier et si aucun accord n'est conclu, GM menace Opel d'insolvabilité. Le chef du conseil d'entreprise d'Opel, Klaus Franz, rejette cette menace en assurant que: « les salariés ne se laisseront pas intimider ». Le plan de restructuration d'Opel de l'état major de Detroit ne tient pas la route, selon lui.
Angela Merkel n'a plus qu'à ramasser les débris de son plan de sauvetage d'Opel, note Spiegel on line. GM a laissé pendant des mois les discussions avec Magna se dérouler. Et finalement la chancelière et le gouvernement allemand sont menés par le bout du nez. Précisément le jour ou la politique américaine faisait la fête à la chancelière lors de son discours devant le congrès. Le -futur- chef du SPD, Sigmar Gabriel, souligne de son côté que la décision de GM est tout simplement: « la preuve que l'influence de la chancelière va jusqu'à un discours devant le congrès US, mais s'évanouit lorsqu'il s'agit de sauver des emplois ».
Un vrai camouflet pour la chancelière qui a effacé le succès de son apparition devant le congrès. « Bravo », titrait Spiegel on line, avant la vague déclenchée par le choix de Detroit. A quelques jours de la commémoration de la chute du mur -dont Obama sera absent- la relation Berlin-Washington prend un sérieux coup de froid. « Les Américains ne doivent pas s'imaginer qu'ils pourront faire chanter les allemands », tonne le chef du groupe parlementaire démocrate chrétien au Bundestag.

mercredi 4 novembre 2009

Sombre pronostic pour 2010 | Résistance médicale au vaccin H1N1 à Berlin | Nazisme, Stalinisme et comparaisons tabou

L'Allemagne risque de connaître une forte croissance du chômage en 2010 si l'on en croit les pronostics de la commission de l'Union européenne. Même si le regain de croissance est plus rapide que prévu, note Spiegel on line . La commission prévoit un taux de chômage de 9,2% en 2010, contre 7,7% actuellement. La hausse brutale en 2010 serait due à la réduction importante de la production par rapport aux années précédent la crise, regain de croissance ou pas. Au moment ou dans nombre d'entreprises le Kurzarbeit, les mesures de chômage partiel subventionnées par l'état, arriveront à terme. On pourrait alors recenser quelques 4,1 millions de chômeurs, soit 640000 de plus que cette année.
La seconde vaque de "grippe porcine" frappe l'Allemagne. Le nombre des malades victimes du virus H1N1 déclarés chaque semaine est passé de 1860 à 3075. A Berlin, un quart seulement des médecins sont prêts à participer à la campagne de vaccination rapporte le Tagesspeigel . Une abstention massive qui tient aux réserves affichées à l'égard des vaccins et de certains de leurs composants, et au refus de se voir imposer les procédures de déclaration et d'entretien préalable, qui vont normalement de pair avec la vaccination. Impossible de dire aujourd'hui combien de pratiquants prendront part finalement à la campagne qui débute la semaine prochaine, en plus des 500 déjà disponibles. 2000 médecins avaient été recensés pour y participer, par les autorités. 923 cas de grippe avaient été recensés à Berlin en début de cette semaine.
Mathias Platzeck, le ministre président social démocrate du Brandenbourg soumis au feu de la critique. Voulant justifier son alliance au nouveau gouvernement du Land avec le parti « la Gauche », dont certains responsables ont travaillé pour la Stasi, il avait souligné que vingt ans après la chute du mur il faut savoir tourner la page. Appuyant son affirmation sur l'exemple de Kurt Schumacher, dirigeant du SPD après la guerre, qui avait voulu « tourner la page » avec d'anciens membres de la SS. La levée de boucliers contre les propos de Platzeck est aussi injustifiée qu'elle était prévisible, souligne die Welt. Les comparaisons avec le nazisme sont un tabou en Allemagne. Il n'est pas étonnant que le parti « la Gauche » s'en émeuve, il y a pourtant des ressemblances, même s'il ne s'agit pas de l'ex RDA, mais des exterminations staliniennes et des méthodes d'oppression respectives. Et même quand l'historien fait la différence entre l'extermination d'un peuple fondée sur le racisme et l'extermination de millions d'Ukrainiens, de Koulaks et d'autres « ennemis de classe », il n'en arrive pas moins à cette conclusion justement à travers la comparaison et l'étude de leurs différences, dans leur but comme dans leur exécution.

lundi 2 novembre 2009

Réforme des impôts, à "plein gaz dans le brouillard"

Il n'y aura ni budget en équilibre, ni système d'imposition revu de fond en comble à la fin de la législature, en 2013, prévient le ministre de finances Wolfgang Schäuble. "Nous nous limiterons à ce qui est contenu dans l'accord de gouvernement », adopté par la CDU, la CSU et le FDP. Les projets de réforme et de réduction des impôts qui y figurent épuiseront déjà largement les marges de manoeuvre du gouvernement, estime Schäuble. "La réforme qui sera mise en oeuvre à partir du premier janvier 2010, correspondra à l'équivalent de 1% du PIB. C'est une bonne chose sur le plan de l'économie et c'est également jouable dans le cadre de la consolidation du budget. La réduction de la pression fiscale sera à nouveau de 20 milliards environ en 2011 », rapporte Spiegel on line.
Cette seule perspective n'en fait pas moins frémir nombre de ministres président des Länder démocrates-chrétiens. Ils craignent une relance par la dette, souligne Stanislaw Tillich (Saxe). Ils redoutent également de faire les frais de l'opération. Les réductions prévues toucheraient plus leurs finances que celles de l'état fédéral. « Je suis naturellement en faveur du slogan « plus de net du brut », mais je n'ai pas les réserves pour couvrir les baisses d'impôt, résume Peter Müller (Sarre) ». Aucun dirigeant de la CDU n'ose actuellement assurer clairement: « Nous allons réduire les impôts, naturellement », relève die Welt. « Nous devons tenir compte des craintes des Länder, souligne Volker Kauder, président du groupe parlementaire de la CDU au Bundestag. Nous trouverons une solution uniquement avec eux, pas contre eux ».
Il y a quelques frictions également du côté de la réforme proposée par le ministre de la santé, Philip Rösler, FDP, au sein de la coalition gouvernementale. Il veut « plus de liberté dans le domaine des soins pour les patients et plus de concurrence entre les caisses d'assurance maladie ». « Il n'y aura pas de réformes radicales du système de santé allemand, réplique Horst Seehofer, le chef de la CSU  bavaroise.  Je suis certain que même un ministre de la santé du FDP en arrivera rapidement à cette conclusion ».
La grande réforme des impôts chère au FDP, qui milite pour l'instauration d'un système d'imposition par tranches, tranchant avec le calcul progressif de l'impôt sur le revenu en vigueur, et qui est évoquée dans le programme de gouvernement semble en cause, remarque le Frankfurter Rundschau. Ce n'est pas le moment d'attiser les débats à ce propos souligne-t-on à la chancellerie. « La question sera examinée au cours des prochaines années », sur la base des rentrées fiscales constatées, qui risquent d'être moins roses que ne le croit le parti libéral.
La confédération des syndcats allemands (DGB) accuse quant à elle le nouveau gouvernement de faire une « politique au profit des privilégiés » qui seront les seuls à profiter de la réduction des impôts. Un tiers des salariés n'est pas imposable, vu le faible niveau de leurs ressources. Le président du groupe parlementaire social-démocrate au Bundestag, Franck Walter Steinmeier, estime lui que les réductions fiscales « doivent être financées avec sérieux, ce qui n'est pas le cas en ce qui concerne les projets du gouvernement », rapporte le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le quotidien libéral titre à propos de la politique fiscale du nouveau gouvernement: « plein gaz dans le brouillard ».
La majorité des Allemands enfin, serait favorable aux réductions d'impôts promises, si l'on en croit un sondage Emnid.Welt am Sontag. 74% des sondés estiment cette politique juste. 54% estimeraient même que d'autres réductions d'impôts devront suivre.


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