Le ministre des finances veut faire payer les banques


Le ministre des finances Wolfgang Schäuble (CDU) veut éviter de se retrouver un jour comme son prédécesseur, Peer Steinbrück (SPD) face au chantage à la faillite des établissements bancaire. Lorsque le chef de la Deutsche-Bank, Josef Ackermann, revendiquait un plan de sauvetage des banques en urgence, à l’automne 2008, Steinbrück fut contraint de répondre aux exigences de ceux qui ne voulaient pas entendre parler d’état jusqu’ici et se moquaient de ses représentants payés avec des peanuts et habillés comme des ploucs, note le Frankfurter Rundschau.
La création d’un fonds d’urgence financé par les banquiers, tel qu’il a été décidé par le gouvernement d’Angela Merkel, permettra à l’avenir de faire payer par les banques elles même leur sauvetage éventuel.
Il s’agit en quelque sorte d’une assurance obligatoire, souligne le ministre des affaires étrangères et président du parti libéral, Guido Westerwelle. Il ne s’agit en aucun cas d’accroître le pouvoir de l’état, mais au contraire de le réduire. Les banquiers devront à l’avenir se dépanner entre eux. Les banques les plus puissantes et les plus actives sur les marchés financiers devraient contribuer en conséquence.
Les petites banques, les caisses d’épargne ou les banques populaires seraient moins taxées -les montants des dépôts des clients pourraient être déduits du calcul de la future taxe.
Le ministre des finances précise par ailleurs qu’il n’est pas question de sur-taxer les banques, alors qu’il existe toujours des difficultés de crédit. «Ce système de fond d’urgence s’attaque aux conséquences et pas aux causes de la crise», remarque un analyste dans le quotidien libéral de gauche de Francfort. Il serait beaucoup plus simple et efficace d’interdire les marchés sur les dérivés qui l’ont déclenchée. S’il est normal qu’une entreprise comme Lufthansa s’assure contre les variations du prix du kérosène, le marché global de ces produits d’assurance n’a plus rien à voir avec l’économie réelle, c’est de la spéculation pure.
L’autorité de surveillance des marchés financiers -Soffin- devrait être responsable du fond d’urgence.On ne sait pas encore si le versement de la taxe bancaire sera ponctuel, limité dans le temps ou non. Le projet du gouvernement Merkel est différent de celui des autorités américaines, souligne le Tageszeitung.
Aux USA ce sont les banques responsables de la crise qui doivent rembourser dans les dix années à venir quelques 90 milliards au budget de l’état. Les petites banques et les caisses d’épargne ne seront pas concernées. Un tel modèle pourrait rapporter en Allemagne quelques 9 milliards par an aux fonds publiques.
La fédération des caisses d’épargne allemandes et le chef du SPD, Sigmar Gabriel, s’insurgent contre la taxe qui serait également imposée aux petits établissements et aux banques populaires. La taxe doit viser les bons et ce ne sont pas les déposants et les petites et moyens entrepreneurs qui doivent en être la victime par le biais de la hausse des taux de crédits.
Le projet du gouvernement tourne la dos à sa promesse de faire payer les banques responsables de la crise critiquent les Verts, tandis que le parti la Gauche souligne que le gouvernement se défile face aux propositions beaucoup plus efficaces du président Obama. Le fond de crise devrait rassembler de 25 à 50 milliards d’euros selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, l’équivalent de 1 à 2% du Pib. Le montant des taxes collectées par année s’élèverait à un milliard d’euros afin de ne pas porter atteinte à la compétitivité des établissements bancaires.
«Les banques doivent payer. Le gouvernement répond ainsi au sentiment de nombre de gens. Il leur parait normal que les coupables passent à la caisse après avoir été renfloués par les fonds publics à la suite de leurs spéculations diverses».
Malheureusement cela ne sera pas si simple. L’état devra encore soutenir certains établissements pour leur éviter le pire. Il devra leur redonner ce qu’il leur a soutiré. La crise a fait des dégâts également chez ceux qui n’ont pas jugé utile de faire appel aux crédits d’état. Les ponctionner maintenant va handicaper leur possibilité d’accorder des crédits à ceux qui en ont besoin. S’imaginer que la nouvelle taxe frappera par ailleurs les banques et leurs actionnaires et par ailleurs naïf. La taxe sera intégrée dans les coûts et les clients la paieront avec des taux d’intérêts plus élevés ou auront accès à un crédit plus limité.


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