LA DÉBÂCLE DE LA CSU BAVAROISE PERCUTE TOUTE LA DÉMOCRATIE CHRÉTIENNE ALLEMANDE
lundi 29 septembre 2008 à 11:06 - permalien #180
Lors des dernières élections fédérales de 2005 l'Union chrétienne CDU/CSU d'Angela Merkel avait en effet battu le SPD de gerhard Schröder en rassemblant 35,2% des voix. Mais la moyenne de ses "scores" dans les 15 Länder hors de la Bavières était de 27,8% des suffrages seulement, derrière le SPD, rappelle Spiegel on line. C'est grâce au score de 49,3% réalisé par l'allié bavarois, la CSU, que le parti démocrate chrétien d'Angela Merkel a vu son pourcentage rehaussé de 7,4 point dans l'ensemble de l'Allemagne! Un cinquième des députés de l'Union chrétienne au Bundestag sont membres de la branche bavaroise de la démocratie chrétienne, présente uniquement dans le Land de Bavières -les 4/5ème du groupe démocrate chrétien, sont membres de la CDU d'Angela Merkel et sont originaires des 15 Land de l'Allemagne ou la CSU n'existe pas .
Les causes de l'échec de la CSU interpellent donc directement la CDU. Christian Wullf, ministre président de Basse Saxe et vice président du parti d'Angela Merkel estime ainsi que la politique de la CDU à Berlin, est en partie responsable de la débâcle en Bavières. Les électeurs démocrates chrétiens déçus se sont tournés vers les libéraux du FDP et aux « électeurs libres ». Deux partis qui sont situés dans le même camp électoral que la CSU, le camp « bourgeois », le centre droit. Ils n'ont pas voté pour l'opposition la gauche, mais pour les partis qui affichent beaucoup plus clairement leur libéralisme que la chancelière et s'affirment comme les vrais représentants des couches moyennes. Le FDP et les électeurs libres profitent en fait de l'effacement du profil de la CDU au sein de la grande coalition au pouvoir à berlin, ou elle ne s'affronte plus avec les sociaux démocrates mais recherche avec eux des solutions consensuelle. Un reproche que partage le représentant des classes moyennes au sein de la CSU, Hans Michelbach, qui souligne que la « social-démocratisation » de la CDU et sa politique de charges fiscales élevées notamment, heurtent les couches moyennes et les professions libérales souligne die Welt. La CDU s'appuie plus dans la grande coalition sur le SPD, que sur la CSU, selon lui.
Le SPD se félicite bien sûr de la chute de la CSU. Il s'agit d'un tremblement de terre selon le candidat chancelier Franck Walter Steinmeier. On fait le calcul au sein du SPD que la majorité CDU/CSU et FDP que souhaite constituer Angela Merkel au lendemain des élections fédérales de 2009 sera impossible si le score de la CSU ne dépasse pas 45% en Bavières note le Tageszeitung. Une coalition du SPD des Verts et du FDP, envisagée par les sociaux démocrates pourrait alors être le recours. En attendant les rapports de force demeurent inchangés au sein du congrès fédéral qui élira le président de la République l'an prochain. Les libéraux du FDP comme les élus des « électeurs libres » en Bavières ont annoncé en effet qu'ils voteraient pour le président actuel, Horst Köhler, CDU. La candidate du SPD, Gesinne Schwann qui pourrait bénéficier des voix des Verts et du parti la Gauche notamment ne rassemblerait pas dans ce cas le nombre de suffrages nécessaires à son élection.
En Bavières même, les couteaux sont tirés à la direction de la CSU ou l'on cherche les responsable de la défaite. Le ministre président Günther Beckstein, s'est déclaré candidat dés hier soir à la direction d'un gouvernement de coalition dans la Land, avec le FDP et/ou les « électeurs libres ». Mais rien ne dit qu'il ait l'ensemble du groupe parlementaire démocrate chrétien élu dimanche derrière lui. Le président du parti, Erwin Huber, devrait quant à lui être la première victime de la défaite et perdre son poste. Horst Seehoffer, l'actuel ministre de l'agriculture d'Angela Merkel, pourrait être l'homme du recours, pour tenter de remettre la CSU sur les rails. Certains évoquent même le nom d'Edmund Stoiber, pour reprendre les commandes du parti. Mais d'autres soulignent qu'il est lui même à l'origine de la défaite de la démocratie chrétienne bavaroise rapporte le Süddeutsche Zeitung. Le score de 60% qu'il avait obtenu en 2003 lui aurait tourné la tête. Il aurait alors mis en oeuvre une politique tous azimuths, qu'il s'agisse des impôts ou des questions scolaire. Concoctée en dehors de la base du parti, elle a peu à peu coupé la CSU de son électorat.

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Commentaires
1. Le dimanche 8 mars 2009 à 23:29, par fahrrad
2. Le jeudi 10 février 2011 à 19:08, par editing services
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