Clement claque la porte** Le SPD ne décolle toujours pas** Appel d'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy face à la crise
mercredi 26 novembre 2008 à 16:07 - permalien #236
Clement avait donc appelé de fait à ne pas voter pour la candidate de son parti. Il a été blâmé pour cette raison par la commission des conflits lundi. Celle ci a choisi néanmoins de ne pas l'exclure pour le tort qu'il a porté au SPD en pleine campagne électorale. Clement a décidé du coup de claquer la porte lui même, assurant qu'un tel blâme lui était insupportable, et constituait une atteinte à sa liberté de critiquer l'ouverture de son parti à la Gauche d'Oskar Lafontaine et sa politique hostile à l'égard de l'industrie note le Tagesspiegel.
C'est un revers pour Franz Müntefering, le président du parti, qui était intervenu lui même pour que l'ancien ministre président du Land de Rhénanie Westphalie reste membre du SPD qu'il a rejoint il y a 38 ans. Volker Kauder, dirigeant de la CDU, estime que le départ de Clement indique qu'il n'y a plus de place pour les représentants du centre, défenseurs d'une politique responsable au sein du SPD.
A l'inverse la gauche du SPD estime que Clement a fait le bon choix et qu'il n'avait plus rien à faire chez les sociaux démocrates. Il a mené la direction du parti -dont Müntefering- en bateau, assure Hermann Scheer, député social démocrate et spécialiste de l'énergie verte dans le Frankfurer Rundschau.
La « nouvelle direction » du SPD déçoit les espoirs de ses partisans. Après la démission surprise de Kurt Beck (voir revue de presse), le retour de Franz Müntefering à la présidence du parti et la nomination de Franck Walter Steinmeier comme candidat chancelier devaient redonner du souffle au SPD. Celui ci se fait attendre et les affrontements de courants demeurent. Le départ de Wolfgang Clement s'ajoute à la défaite enregistrée par le SPD au parlement de Hesse, ou le porte parole de la droite du parti et trois de ses collègues ont fait échouer Andrea Ypsilanti, porteuse des espoirs de la gauche du parti, face à Roland Koch, ministre président de la CDU.
L'aile droite du SPD, dominante à Hambourg, vient d'infliger un camouflet à Nils Anen, figure connue de l'aile gauche du SPD qui ne pourra pas se représenter aux élections au Bundestag l'an prochain dans la circonscription ou il avait pourtant été élu au scrutin direct, rapporte l'hebdomadaire Stern.
L'aile gauche du SPD y voit une manipulation organisée par Johannes Kahrs, le porte-parole du Seeheimer Kreis, la droite du SPD, en « achetant » les délégués chargés d'élire le futur candidat et qui ont finalement choisi à une voix près un de ses protégés, contre Anen. Les relations entre les deux ailes du SPD n'auraient jamais été si froides, estime l'hebdomadaire. C'est encore pire que du temps de Kurt Beck, semble-t-il. Et le parti traîne toujours dans les sondage à 23%,ne semblant pas offrir d'alternative à la politique de la chancelière.
Le ministre des finances, le social démocrate Peer Steinbrück défent exactement le même point de vue qu'il s'agisse de la poursuite de la recherche de l'équilibre budgétaire, de la stricte limitation de tout plan de soutien de la conjoncture, ou du refus de réduction des impôts aujourd'hui. Il se heurte d'ailleurs aux critiques de nombre de députés du groupe parlementaire social-démocrate au Bundestag, sur ces questions, souligne le Berliner Zeitung.
L'appel de Sarkozy et Merkel publié en France et en Allemagne. Le texte des deux dirigeants qui assure qu'on ne peut attendre pour réagir contre la crise publié dans le Figaro du 26 novembre est reproduit également dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

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