Face aux poussées de fièvres de la zone euro, Berlin s'inquiète |
vendredi 20 février 2009 à 17:47 - permalien #299
Au sein de la zone euro la situation préoccupe également de manière croissante le ministre des finances, le social démocrate Peer Steinbrück. Les pays les plus faibles empruntent à des taux toujours plus élevés. Athènes en est réduit aujourd'hui par exemple sur les marchés à payer le double des intérêts que paie Berlin pour obtenir des fonds. Les états forts de la zone euro devront secourir éventuellement les faibles menacés de banqueroute. Le ministre citait ainsi explicitement l'Irlande qui "éprouve de graves difficultés de paiement", note le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il n'est pas exclu théoriquement en effet qu'un état de la zone euro fasse banqueroute. Une éventualité jamais envisagée par le traité de Maastricht. A la différence du Japon, des USA ou de l'Angleterre, ils ne peuvent pas battre monnaie pour se refinancer, et placer leurs émissions d'emprunts d'états, rappelle le Frankfurter Rundschau. Le traité de Maastricht exclu que la banque centrale européenne puisse jouer ce rôle.
Les Allemands, inspirateurs du traité voulaient s'assurer que chaque pays soit comptable de ses faiblesses et ne se repose pas sur la solidarité des pays voisins, comme ce peut être le cas en Allemagne pour les Länder, par rapport à la fédération. Ils pensaient que le marché disciplinerait les états-membres. La crise souligne la fragilité de ce raisonnement et le traité n'est plus guère crédible aujourd'hui sur ce plan. Car aucun état membre de la zone euro ne pourrait faire banqueroute sans ébranler aussitôt la zone elle même et sa monnaie. Les forts doivent donc veiller au grain et il n'est pas exclu que « le contribuable allemand paie pour la Grèce ». De ce point de vue un gouvernement politique de l'économie de la zone ne serait pas inutile pour gérer ce genre de problèmes.
Quant aux pays de l'est, 80% des banques sont détenues par des instituts de l'ouest. Une faillite aurait donc des conséquences immédiates dans la zone euro. Ses membres seront donc contraints de proposer leur appui à la Pologne, la Hongrie ou la Tchéquie. Mais les scénarios catastrophes « ne sont crédibles que si la crise dure encore longtemps souligne le chef économiste de la banque Deka, dans le Tagesspiegel. Ce qui n'est pas exclu. » Autant de pronostics qui inquiètent particulièrement Berlin. « Pour son dixième anniversaire exactement l'Euro est placé devant sa première épreuve sérieuse. Quels remèdes? « Les pays de la zone ne peuvent pas dévaluer leur monnaie pour relancer leurs exportations, comme cela se faisait autrefois. C'est la banque centrale européenne qui décide de la politique monétaire et non les états de sa zone. Et elle est hostile à toute politique de la planche à billet. La banque centrale européenne en accord avec d'autres établissements pourrait reprendre les titres d'emprunts que les états en difficulté n'arrivent plus à placer en raison de leur fragilité, souligne le quotidien berlinois. Mais une telle politique mettrait en cause la valeur de la monnaie et la confiance que lui accorde les investisseurs. Les états de l'Union pourraient au contraire émettre des emprunts en commun, associant les forts comme l'Allemagne et les faibles comme la Grèce. Mais Peer Steinbrück assurait récemment qu'il était hostile à ce type de solution. Il ne veut pas payer les frais de la dette des autres, souligne le Tagesspiegel. Mais l'Allemagne, pays exportateur, paierait à son tour le prix de la faillite des ses clients. Et Steinbrück exclu pour l'instant un éclatement de la zone euro. Il faudra donc y contribuer en cas de besoin

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