Congrès des libéraux, triomphe pour Westerwelle. Il a été réélu président du parti libéral, FDP, avec 95,8% des voix des délégués (contre 88,9% en 2001, son meilleur score jusqu'ici), note le
Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le FDP souhaite en priorité gouverner avec l'Union chrétienne après les élections de septembre. C'est avec la CDU et la CSU que les convergences politiques demeurent les plus fortes, « en dépit du glissement à gauche de la CDU ». Une coalition SPD, Verts, Libéraux, pour éviter la reconstitution d'une grande coalition CDU/SPD, ne serait pas totalement exclue, mais elle paraît bien invraisemblable selon le
Neue Ruhr Zeitung. Entre les Verts et le FDP, le courant ne passe pas
(voir revue de presse du 11 mai) . Un antagonisme qui remonte aux années soixante dix commente le quotidien, lorsque dans les cours d'école les jeunes gauchistes aux cheveux longs et aux idées rebelles, s'affrontaient déjà avec les jeunes de bonnes familles en pantalons à pli, dont les pères avaient planifié les études futures à la faculté de droit. Ils sont restés ennemis depuis, même si nombre de Verts mènent aujourd'hui une vie encore plus bourgeoise que nombre de libéraux. Mais les électeurs du FDP gagnent l'argent que les Verts se proposent de jeter par la fenêtre dans des projets idéalistes stériles, souligne-t-on chez ces derniers. Le FDP a besoin d'un ennemi pour rassembler ses troupes et la mise en garde contre un « tournant à gauche » de l'Allemagne joue parfaitement ce rôle. Westerwelle souligne que tôt ou tard le SPD s'alliera avec la Gauche et les Verts, probablement dés 2010, au lendemain des élections du Land de Rhénanie du nord Westphalie, note le
Frankfurter Rundschau. Le parti libéral est donc naturellement poussé vers l'Union chrétienne. Le FDP doit renforcer, selon Westerwelle, la « conscience rebelle des citoyens contre le trop d'impôt». La politique du ministre des finances Peer Steinbrück a été baptisée « piraterie d'état » par le président des libéraux, rapporte le
Tageszeitung. Seule la réforme fiscale proposée par le FDP permettra d'alléger les charges des couches moyennes, entrepreneurs, professions libérales, qui sont abandonnées par tous les autres partis. Un système fiscale simplifié, allégé, plus juste est « la mère de toutes les réformes ». Westerwelle n'a laissé aucun doute quant à sa volonté de gouverner avec l'Union chrétienne estime le quotidien alternatif berlinois, et non pas avec les Verts et le SPD dans une coalition dite « Ampel » -rouge, jaune, vert, selon les couleurs respectives des trois partis. « Aucun ministère n'est assez important pour que nous bradions nos principes et trahissions notre électorat, affirme Westerwelle. » Le FDP se prononcerait officiellement pour une coalition avec la CDU et la CSU avant les élections fédérales de septembre. Son score actuel de 14% dans les sondages, un succès pour Westerwelle devrait le conforter sur ce point.
Sylvia-Yvonne Kaufman, député européenne de la Gauche, rejoint le SPD. Ancienne vice présidente du PDS (issu du SED, le parti communiste de l'ex RDA) elle accuse le parti d'Oskar Lafontaine d'être devenu un « rassemblement de sectaires »
note Spiegel on line. Kaufman avait été désavouée par la Gauche, entre autres parce qu'elle avait défendu avec vigueur le vote pour la traité de Lisbonne. Le SPD espère accueillir prochainement d'autres transfuges du parti, venus de l'aile « réaliste »
(voir revue de presse du 11 mai). Angela Marquard, ex-militante jeune du PDS, qui milite aujourd'hui au SPD aux côtés d' Andrea Nahlers, porte parole de l'aile gauche du parti social-démocrate, y veille, note
Spiegel on line. Le départ de Sylvia-Yvonne Kaufman a renforcé par ailleurs les escarmouches entre l'aile gestionnaire et le courant radical au sein du parti de Lafontaine et Gyzi. Diether Dehm porte parole du groupe parlementaire de la Gauche au Bundestag pour les questions européennes, qui avait combattu avec succès la candidature de Kaufman à une place éligible pour les élections du 7 juin, en a profité pour tancer les « realos ». Dehm s'était toujours opposé à la parlementaire et à sa vision réaliste et positive de l'Union européenne. Il a donc mis en demeure Stefan Liebich, chef du groupe parlementaire de la Gauche au Sénat berlinois, ou la Gauche gouverne la ville-état avec le SPD, de « faire son autocritique ». En plaidant pour la candidature de Sylvia-Yvonne Kaufman, Liebich aurait offert tôt ou tard un mandat de plus au SPD au parlement européen. Seule une participation énergique de Liebich et de ses troupes à la campagne électorale « permettrait faute d'autocritique d'écarter les doutes quant à sa clairvoyance et sa loyauté ». Des escarmouches qui semblent d'autant plus étranges que Dehm, qui a rejoint le PDS en 1998, a été auparavant militant du SPD pendant 33 ans.
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