Pas de réhabilitation pour les "traîtres à la patrie" de la Wehrmacht |
mardi 26 mai 2009 à 10:56 - permalien #369
Les jugements des tribunaux du Reich (Volksgerichthofs) avaient été abrogés en 1985. Les condamnations des autres tribunaux nazis en 1998, à l'exception des sanctions contre les déserteurs et les homosexuels. Ces derniers ont été réhabilités finalement en 2002. Mais les insoumis, les soldats condamnés à mort en tant que « traîtres à la patrie (Kriegsverräter) » avaient été exclus du bénéfice de la loi votée sous le gouvernement de Gerhard Schröder. Les actes de certains d'entre eux pouvaient avoir mis en danger les troupes allemandes pendant la guerre, et porté préjudice à leurs camarades de combat, soulignait-on à l'époque.
On s'étonne donc chez les démocrates chrétiens que les sociaux démocrates veuillent impérativement abroger ces condamnations aujourd'hui, en condamnant du coup tous les jugement prononcés par tous les tribunaux en temps de guerre. 30000 « traîtres » ont été ainsi condamnés. 20000 exécutés avant la libération de l'Allemagne en 1945. Faute d'abrogation des jugements, il revient à leurs descendants de faire la preuve au cas par cas du préjudice qu'ils ont subi.
C'est selon les spécialistes « le dernier tabou », que n'a pas rompu l'Allemagne avec son passé nazi. Spiegel on line donne l'exemple des méfaits de plusieurs de ces soldats; Johann Lucaschitz a été exécuté pour n'avoir pas averti ses supérieurs de la « constitution en cours d'un conseil de soldats »; Adolf Pogede a été condamné à mort le 14 juillet 1944 pour avoir noué contact avec des prisonniers soviétiques -il sera dénoncé par l'un d'entre eux; August Fierick subira le même sort en 1943 pour avoir joué aux cartes avec un prisonnier serbe; Michaël Fries, membre du KPD, sera dénoncé après avoir pris contact en France avec un émigré allemand, communiste lui aussi, et sera condamné pour « complot communiste »; Josef Salz sera exécuté en 1944 à Stettin pour avoir « mis en cause la confiance à l'égard du Führer », par des notes dans son carnet personnel.
Toute les tentative de réhabilitation de ces condamnés ont donc échoué jusqu'à présent. Le parti la Gauche avait déposé un projet de loi au Bundestag à ce propos en 2006 qui fut repoussé par le SPD -en raison de son alliance au gouvernement avec l'Union chrétienne. Celle-ci plaide jusqu'à présent pour l'examen au cas par cas des injustices. Le ministre de la défense Franz Jung (CDU) aurait cependant exprimé son accord avec le projet de loi qui a été déposé à son tour par le SPD. Les Verts et l'église protestante se sont prononcés à plusieurs reprises en faveur de l'abrogation de la condamnation des supposés « traîtres à la patrie » du Reich.

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Commentaires
1. Le jeudi 10 février 2011 à 19:12, par editing services
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