mardi 4 août 2009
L'Allemagne reste lanterne rouge des naissances en Europe | Retour au pays pour Schreiber, le roi de la corruption
Toutes les unes des quotidiens aujourd'hui publiaient la photo de Karl Heinz Schreiber, censé être être l'homme-orchestre de la corruption de la démocratie chrétienne sous Helmut Kohl, qui a atterri hier à Münich. Extradé du Canada à la demande des autorités allemande, après 15 ans de fuite, Schreiber jure qu'il est innocent et aurait juré de se venger en révélant toutes les ficelles de la corruption des hommes politiques dont il était proche. Schreiber on le sait remis par exemple en 1991 sur un parking suisse, 750 000 euros dans une valise au trésorier du parti d'Helmut Kohl, Walter Leisler Kiep. Un « don » révélé en 1999, qui déclenchera l'affaire des caisses noires de la CDU. Un scandale qui ternira la réputation du « chancelier de la réunification », et faillit mettre un terme à la carrière de Wolfgang Schäuble son bras droit, et l'actuel ministre de l'intérieur d'Angela Merkel. Le Tageszeitung souligne que Schreiber n'est pas le témoin par excellence, nombre de ses affirmations qui ressemblent à des appels au meurtre, ne se sont pas vérifiées.
Le bavarois aura utilisé tous les recours pour éviter son retour en Allemagne ou l'attend le procureur d'Augsburg sur sa piste depuis 1994, il y a 15 ans. Aprés une première perquisition de son domicile Schreiber se réfugiera en Suisse en 1995, avant de s'envoler pour Toronto en 1999, grâce à son passeport canadien. Accusé de corruption, de dissimulation fiscale, il aurait détourné des dizaines de millions d'euros de dessous de table dans le commerce des armes, des avions et des hélicoptères, qu'il reversait ensuite à travers un réseau de comptes secrets en Suisse et au Liechtenstein, à des hommes politiques. Il est apparu évident lors de l'enquête sur les comptes secrets de la CDU que le parti démocrate chrétien disposait d'un réseau de bienfaiteurs qui l'approvisionnaient en dons illégaux. Kohl refusa toujours de donner l'identité de ses sponsors souligne die Welt. L'affaire fut en quelque sorte la « chance d'Angela Merkel ». En se démarquant publiquement et fermement de ce financement par des fonds occultes la future chancelière « tua » son père politique, prit son indépendance et sortit la CDU du marais ou elle s'enfonçait.
Schreiber était l'un des piliers de la société des « Amigos » comme on appelait dans les années quatre-vingt les cercles proches de Franz Joseph Strauss, le taureau de Bavières, le père spirituel d'Airbus -dont Edmund Stoiber fut le bras droit-, rappelle le Frankfurter Allgemeine Zeitung. En perquisitionnant les bureaux de Schreiber, les policiers découvriront des documents révélateurs. Ludwig-Holger Pfahls ancien chef de cabinet de Strauss et secrétaire d'état au ministère de la défense, encaissera des millions d'euros pour des ventes de chars Thyssen à l'Arabie saoudite. Il sera pincé à Paris en 2005 après des années de fuite. Max Strauss, le fils de Franz, sera soupçonné d'avoir encaissé de même 2,6 millions d'euros de dessous de table, avant d'être blanchi, faute de preuve. S'il parle Schreiber pourrait encore faire quelques victimes.

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