Opel: solution industrielle ou théâtre électoral ?
vendredi 11 septembre 2009 à 11:44 - permalien #445
Le groupe est sur-endetté selon lui et ce sont finalement les contribuables allemands qui feront les frais de son sauvetage « politique ». A deux semaines des élections GM fait un bon coup de pocker. Il sauve la face du gouvernement allemand et d'Angela Merkel, et impose en contre-partie des conditions très strictes à la vente de 55% des actions du groupe à Magna. 10% « appartiendront » aux salariés. GM détiendra toujours 35% du constructeur allemand auquel les marchés américains et coréens seront interdits. GM gardera le contrôle sur le centre de développement de Rüsselsheim ou sont conçus les modèles d'Opel et aura droit de veto sur les licences, les transferts de technologie dont pourrait bénéficier le contructeur russe Gaz, associé dans le rachat d'Opel à Magna et à la banque russe Sberbank, note le Frankfurter Allgemeine Zeitung.
La conquête du marché automobile russe est pourtant l'un des enjeux du rachat d'Opel par Magna.
"GM n'est pas fou, il se comporte avec Opel comme avec un sous-traitant". Le problème est que dans ce cas précis c'est le gouvernement allemand qui est derrière le sous-traitant, souligne le Frankfurter Rundschau. Or, s'il est « dans la barque», il n'a pratiquement rien à dire sur la navigation pour sauver Opel. A l'inverse de la France qui intervient directement dans ce type de cas avec un fond d'état, « nationalise » la société en difficulté, et gère son redressement avant de la revendre, l'Allemagne s'interdit ce genre de méthode étatique . Elle aurait pu sinon racheter Opel pour 3 milliards lorsque GM était sur le tapis. L'opposition de son côté est unanime pour juger toute réjouissance prématurée. Guido Westerwelle (FDP) redoute que les mauvaises surprises ne tombent après les élections du 27 septembre et souligne que les emplois ne sont en rien garantis. Renate Künast (Verts) évoque un « soi-disant sauvetage », et Gregor Gyzi souligne que personne ne connaît les conditions réelles mises par GM à la vente d'Opel, rapporte Spiegel on line. Le syndicat de la métallurgie d'Opel s'attend lui à des négociations difficiles, note le Berliner zeitung. « Magna est un entrepreneur dur, imprégné par la culture du capitalisme anglo-saxon. Dés le début des négociations ils vont y aller à la tronçonneuse ». Celles-ci doivent débuter dés la semaine prochaine et s'achever fin novembre.

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