La politique du nouveau gouvernement Merkel n'enthousiasme guère
dimanche 25 octobre 2009 à 19:41 - permalien #479
"C'est la seconde fois qu'elle déçoit de cette manière. Lors des négociations avec le SPD pour la constitution de la grande coalition, elle avait justifié cette passivité en soulignant qu'elle avait à faire à un parti aussi puissant que le sien. Mais dans une coalition avec un petit partenaire, le FDP, elle campe toujours sur son style défensif.
"Elle ne fait pas de politique mais des mathématiques. En ce qui concerne la question de la fiscalité par exemple elle n'a pas décidé s'il était bon ou non de procéder à des réductions d'impôts dans la situation actuelle. Elle a tranché pour la somme de 24 milliards, parce que c'est à peu près la milieu entre les 15 milliards que proposaient la CDU et les 35 milliards pour lesquels militait le FDP."
CDU, CSU et FDP vont impulser un tournant radical dans les années qui viennent, assure de son côté le Süddeutsche Zeitung. Il marquera la fin de la société solidaire. Jusqu'à présent la société aide les faibles même en y mettant des limites. Quand la « coalition des frelons », la coalition noir-jaune (les couleurs symboliques de la démocratie chrétienne et des Libéraux), aura mis son programme en oeuvre, le principe sera au contraire: chacun s'aide soi même, et tout le monde est content.
Cela commencera avec la réforme de la santé. A terme chacun devra verser dans les caisses maladie à peu près autant que celui qui est au dessus de lui. Les contributions seront indépendantes des revenus. » A nouveau un beau mot. Indépendant. Cela ne veut rien dire d'autre que: les petits revenus devront payer plus. »
Merkel annonce un troisième plan de relance, titre le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le nouveau gouvernement de l'Union chrétienne et du FDP veut alléger les charges des contribuables, en pleine crise, en contractant de nouvelles dettes et en relançant ainsi la croissance. Un attitude courageuse, selon Angela Merkel, qui n'a pas d'alternative aujourd'hui.
Car les années 2010 et 2011, seront marquées par la volonté de sortir de la crise.
Les familles avec enfants vont recevoir plus d'argent, les salariés, les entrepreneurs et les héritiers aussi verront leurs charges fiscales réduites dans les quatre années qui viennent.
La chancelière reprend aujourd'hui le précepte libéral selon lequel les réductions d'impôts vont relancer la croissance et relancer en même temps les rentrées fiscales. Un pari qu'elle rejetait encore il y a peu. Mais "Il faut tout faire pour stopper le recul de la croissance économique et pour la relancer au mieux", souligne le nouveau ministre des finances, Wolfgang Schäuble, vétéran de la CDU d'Helmut Kohl, dans die Welt. Pour cela nous devons donner de l'impulsion. "Nous avons à faire avec des dettes exorbitantes comme nous n'en avons encore jamais connues dans l'histoire de la République. Dans la période actuelle il ne faut pas songer à équilibrer le budget, cela relève de l'utopie. Il sera déjà très ambitieux de respecter les freins à l'endettement" qui ont été adoptés par le précédent gouvernement et limitent les nouveaux emprunts budgétaires à 0,35% du PIB, à partir de 2016.
La possibilité de création d'un budget parallèle, un budget « fantôme » ou annexe, sur lequel seraient affectés les dettes des caisses sociales reste envisagée par le nouveau gouvernement. Une manière de contourner le problème.

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