La mort du footballeur percute l'Allemagne | vive l'Allemagne, vive la France |
jeudi 12 novembre 2009 à 00:46 - permalien #491
« la réponse pourrait être que cela ne se passe pas pour beaucoup de gens tout au fond d'eux même, comme on peut en avoir l'impression, de l'extérieur, note le Frankfurter Rundschau.
Pour la plupart d'entre nous, Robert Enke était d'abord un brillant gardien de but. Un homme qui devait toujours encaisser des coups terribles, mais en tirait toujours un regain d'énergie pour poursuivre son chemin sans se laisser abattre.
Depuis hier nous le savons: Enke a souffert d'une dépression tout au cours de ces dernières années. Et il se croyait obligé de le dissimuler. Il souffrait de poussées d'envies de suicide, régulières. Suivi par un psy depuis des années, il avait des périodes ou il semblait aller mieux, puis des rechutes. La dernière lui a été fatale.
Il n'avait jamais voulu l'avouer en public. Il avait peur pour sa carrière. Peur aussi de perdre l'enfant qu'ils venait d'adopter avec sa femme, au lendemain de la mort de leur petite fille, d'une maladie du coeur. Il craignait que les autorités ne lui retirent son deuxième enfant adoptif, parce que son père était fou. La mort du champion renverse bien des certitudes.
« Que toute l'Allemagne aujourd'hui porte le deuil, et que même le Tagesschau, les informations télévisées, trouvent sa mort plus importante que la visite symbolique d'Angela Merkel à Paris, montre qu'il existe autre chose que le simple bavardage médiatique, le « businesse as usual ». Il ne s'agit pas d'un homme d'état, ce n'est ni Helmut Kohl ni Helmut Schmidt. Ce n'est pas une idole, un titan, format Oliver Kahn -le précédent gardien de l'équipe nationale-, pas un objet de culte des fans du type Fritz Walter ou Franz Beckenbauer, ni dieu du foot, ni Kaiser, explique der Spiegel. » Enke était un type réservé, fier, mais il n'avait besoin ni des flash, ni des tapis rouges. Il avait treize ans à la chute du mur.
C'était un enfant de la DDR, né à Jena en Thuringe, comme Thomas Doll, Andreas Thom et Michael Ballack il faisait partie de cette génération de la nation divisée qui a grandi ensemble, sans rien de spectaculaire. 9000 personnes, souvent profondément dépressifs se suicident chaque année en Allemagne. Enke n'est que l'un d'entre eux. Mais que lui justement ce footballer brillant fasse ce geste laisse les gens sans voix.
« Vive la France, vive l'Allemagne », triomphe de l'amitié franco-allemande, titre la Süddeutsche Zeitung, en rendant compte du voyage de Merkel à Paris et de la cérémonie rassemblant le président français et la chancelière allemande pour la commémoration du 11 novembre, sous l'arc de triomphe. « Alors que l'expérience de la seconde guerre mondiale, la culpabilité allemande, et la responsabilité particulière des deux voisins à l'égard de l'Europe, rassemblaient la France et l'Allemagne, le souvenir et la commémoration de la première guerre mondiale les séparaient encore.
C'est du passé. Mercredi les soldats français et allemands étaient côte à côte sous l'arc de triomphe. Un choeur français chantait l'hymne national allemand, et la chancelière lançait dans le ciel de Paris: « vive la France ».

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