Changement de capitaine sur le pont du SPD
lundi 16 novembre 2009 à 19:08 - permalien #492
« Le nouveau président du SPD -il a 19 ans de moins que le précédent- semble avoir pris conscience que le SPD doit reprendre pied dans les courants d'idées qui traversent la société. Il veut re-mobiliser les vrais sociaux-démocrates. Sa remarque: « ne vous faites pas d'illusion, la démocratie de base ça signifie plus de travail », assénée avec bonne humeur était très sérieuse. Le parti devrait dorénavant tenir congrès tous les ans, selon, lui. Et le travail de réfection du SPD doit commencer dans les Länder, et les communes. »
Gabriel a été convaincant pour les délégués, mais son succès se mesurera dans la réalité, poursuit le quotidien de Francfort. Il ne suffit pas de gesticuler. Angela Merkel a réussi ces dernières années, au prix y compris de la confusion programmatique, à ne pas pour ne pas se laisser coincer dans les cordes de la droite. Elle a définit le centre, au dépend du SPD.
En adoptant une résolution sur la ré-instauration de l'impôt sur la fortune, les délégués du congrès ont envoyé sans grand danger un signal à gauche , estime le Frankfurter Rundschau . Le SPD est favorable depuis longtemps à une participation accrue des privilégiés au financement de l'état social. L'ex ministre des finances, Peer Steinbrück, et Franck Walter Steinmeier, avaient écarté cette mesure seulement pour des raisons pratiques. Le premier estimait qu'elle se heurterait à des obstacles juridiques. Le second qu'il n'y aurait pas de majorité suffisante au sein de la coalition au pouvoir et au Bundesrat pour l'adopter.
Deux arguments de poids pour un parti de gouvernement, mais que l'on peut écarter dans l'opposition.
« A terme cependant le symbole de l'impôt sur la fortune ne suffira pas. Nombre de « camarades », souhaitent pousser le parti plus à gauche. Le retrait de la réforme de la retraite à 67 ans, en serait le témoignage. Mais un tel retour en arrière ne résoudrait pas le dilemme du parti. La globalisation et le tournant démographique -la chute de la natalité- n'ont pas cessé depuis que le SPD n'est plus au pouvoir. Qui les ignore risque d'éprouver un sacré choc en revenant aux affaires en 2013 ou 2017. Encore plus dur que lors des années rouge-vert, avec Gerhard Schröder. »
Gabriel incarne le profil du SPD dans l'opposition, souligne le Tageszeitung. Il a tenu un discours plein d'enthousiasme, peut être le plus percutant qui soit depuis le discours d'Oskar Lafontaine face à Rudolph Scharping en 1995. L'étonnant est que Gabriel a en fait défendue la ligne actuelle du parti: le SPD peut être fier de ses 11 ans d'exercice du pouvoir. Mais il a fait il est vrai quelques erreurs. Il faut donc ouvrir la réflexion à nouveau sur Harz IV, la retraite à 67 ans, l'Afghanistan.
« C'est le « oui, mais », qui est le ton en vogue dans le SPD. Même les adversaires les plus affirmés de la politique de l'agenda 2010 de Gerhard Schröder, comme Ottmar Schreiner -porte parole de la gauche et des salariés-, ne veulent pas saborder sur le champs la retraite à 67 ans et Harz IV -la réduction des indemnités chômage. Cela semblerait trop opportuniste. Et la gauche du parti n'a concrètement marqué qu'un point, en faisant adopter contre la direction la ré-instauration de l'impôt sur la fortune.
Tout l'art de Gabriel a été de faire passer son « oui, mais », avec une force de suggestion alternant l'analyse, la pointe d'humour, l'agressivité, la décontraction, pendant deux heures. »

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