Débats de fond chez les étudiants en grève | La cours fédérale met fin aux manif's en l'honneur de Rudolph Heß
mercredi 18 novembre 2009 à 14:02 - permalien #495
Mais cela n'est pas pour autant une division du mouvement en deux camps estime un animateur de la mobilisation à l'université de Münster. Le front de rassemblement pour la « grève de la formation », mis en place, est si large que les divergences d'opinion sont normales. « Nous sommes en permanence en discussion afin de définir les moyens que nous voulons mettre en oeuvre ». Et l'égalité des chances d'accès à l'université devient dans ce contexte une préoccupation de premier plan.
Ce que conteste l'un de ses collègues qui ne rejette pas seulement les actions « radicales », mais aussi le dogmatisme et le vocabulaire du mouvement. « On discute tout d'un coup de la lutte des classes et le slogan « néo-libéral » ressort à tout bout de champs. »
En attendant tout le monde ou presque affiche sa solidarité avec les étudiants en grève remarque le Frankfurter Rundschau. Du ministre de la formation berlinois Jürge Zöllner (SPD), à celui de Basse-Saxe, Lutz Stratman (CDU), en passant par les présidents d'université. « Il faut donner de la flexibilité et de l'air au système ».
Chacun en fait renvoie la balle à l'autre, en ce qui concerne l'aménagement de la mise en oeuvre du processus de Bologne, de la mise en place des diplômes de Bachelor et Master, qui ne laissent plus aux étudiants le temps de vivre et souffler.
« Les études doivent être possibles », souligne une gréviste qui n'est pas formellement contre la réforme. Mais le cursus qu'elle suit actuellement pour obtenir un diplôme de Master après six ans, « ne le sont pas ». Que tous les ministres de l'enseignement des Länder reprennent en gros cette revendication des étudiants la fait sourire.
« Mais qu'est-ce qu'ils font ensuite? ». Depuis qu'elle est à la fac, lors du mouvement de cet été notamment elle lutte pur que les conditions s'améliorent, et « rien ne se passe ». Une prochaine manifestation pourrait avoir lieu mardi, lors de la conférence des recteurs d'université.
L'interdiction de rendre honneur au régime nazi que vient de proclamer la cour fédérale de justice est un coup contre le NPD, le parti néo-nazi. Au lendemain de la guerre, la législation contre la propagande néo-nazie, les manifestations des groupes et partis se réclamant plus ou moins ouvertement du IIIè Reich est restée limitée en République fédérale. Il semblait exclu d'instaurer à nouveau des lois limitant la liberté d'expression et de manifestation strictes, qui étaient justement caractéristiques du régime nazi, explique le Tagesspiegel. Seule la loi de protection des minorités fit consensus, réprimant ainsi l'incitation ouverte au racisme, à la haine raciale.
Profitant de cet état de fait Les néos-nazis en ont profité pour institutionnaliser par exemple les défilés en mémoire de Rudolph Heß, condamné à la prison à vie par le tribunal de Nüremberg, qui se suicidera en 1987 dans la prison de Spandau et dont ils avaient fait un « martyre ». Face aux menaces d'interdictions, ils s'appuyaient sur le droit à la liberté d'expression garantie par la loi fondamentale. La cours fédérale vient donc d'interdire cette « liberté » spécifiquement en ce qui concerne la commémoration du régime du IIIè Reich, en raison de ses crimes.
Une exception qui n'interdit pas cependant l'expression de points de vue néos-nazis, d'extrême droite, ou la soutient à des régimes dictatoriaux, qui restent protégés par le droit fondamental à la liberté d'expression.
Mais la décision de la cours fédérale est un rude coup porté au NPD. Elle met en effet « hors la loi » les manifestations en l'hommage de Rudolph Heß sur sa tombe à Wunsiedel, qui réunissaient chaque année plusieurs milliers de participants, dont 5000 en 2004, venus d'Allemagne ou d'ailleurs.
Ces marches du souvenir avaient été remises à l'honneur par Jürgen Rieder, millionnaire et figure de proue du NPD, qui vient de décéder. Elles avaient été autorisées par la cours de justice bavaroise en 2001, contre un jugement de premier instance qui l'avait interdite. La marche à laquelle participaient également d'anciens nazis fut à nouveau interdite en 2007, puis en 2008.
La décision de la cours fédérale confirme une fois pour toute la légitimité de ces interdictions et prive ainsi le NPD de son rassemblement le plus symbolique.

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