Commission d'enquête sur le bombardement de Kunduz | La misère des banques régionales menace la relance |
mercredi 16 décembre 2009 à 11:59 - permalien #516
Les verts et le SPD veulent faire passer les « gros morceaux » en premier, la chancelière et Karl-Theodor zu Guttenberg le ministre de la défense avant même la conférence sur l'Afghanistan du 28 Janvier prochain à Londre. Et les auditions devraient être publiques.
La chasse est ouverte, souligne le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Pas la chasse aux Talibans, mais la traque sur les traces du ministre de la défense qui dans sa fuite en avant a déjà laissé quelques plumes.
Zu Guttenberg, a perdu sa superbe et s'est embourbé dans une affaire qu'il n'est pas parvenu à éclaircir avec ses propres déclarations. Le ministre est amoché comme le démontre ses apparitions sur les écrans de télé, ses persécuteurs sentent l'odeur du sang !
Certains aimeraient accrocher sa tête au mur, parmi leurs trophées. Guttenberg est encore un lièvre de l'année, en tant que ministre, mais beaucoup veulent déjà voir en lui une cible capitale, un cerf à abattre. On peut en douter car la nature de l'intervention en Afghanistan a déjà changé fondamentalement, dans le dos de l'opinion, qui en dépit de toutes les protestations ne s'y intéresse guère.
L'engagement pour la stabilisation s'est transformé très largement en engagement guerrier. Ce n'est pas l'Allemagne mais l'adversaire qui a changé de stratégie. Les insurgés se moquent de ce que les Allemands soient venus pour forer des puits. Les Talibans ont porté la guerre jusqu'au porte des campements de la Bundeswehr, parce qu'ils devaient ouvrir un second front au nord, sans se préoccuper évidemment de l'assentiment du Bundestag.
A la chancellerie les informations précises sur le bombardement du 4 septembre auraient fait défaut, selon les informations du Süddeutsche Zeitung. Angela Merkel n'aurait pas eu accès immédiatement aux rapport de l'Isaf et aux explications de l'officier Georg Klein qui a commandé l'opération, alors qu'elle devait, dés le 8 septembre, faire une déclaration gouvernementale à ce propos au parlement.
Ces documents en possession du ministère dés le 6 septembre n'auraient été transmis que le 10 à la chancellerie. Une fuite qui tombe à pic pour éviter à la chancelière qui a rejetté la demande faite par l'opposition d'une déclaration gouvernementale aujourd'hui devant le parlement sur l'affaire de Kunduz. Elle réserverait ses réponses à la commission d'enquête. Une réserve qui pourrait se retourner contre elle, estiment certains au sein de la CDU.
A noter enfin cette remarque d'un haut officier de la Bundeswehr cité par l'hebdomadaire der Spiegel, à propos du ministre de la défense qui a pris ses fonctions depuis quelques semaines seulement: « c'est le début de la fin pour monsieur Guttenberg, il est déjà tombé avant d'avoir commencé ».
* La faillite des banques régionales menace la relance en Allemagne. Leur « misère » s'étale au grand jour souligne Spiegel on line. Lundi la Banque régionale bavaroise a du laisser sa filiale autrichienne être « nationalisée » en urgence, pour éviter une chaine de faillites dans le secteur bancaire. Coût pour le contribuable bavarois, 3,7 Milliards. Le directeur de la banque a démissionné, l'affaire heurte de plein fouet la CSU, le parti démocrate chrétien dominant la Bavière, qui était censée contrôler la direction de la banque.
Dans le même temps la banque West LB Deutschlands de Rhénanie du nord Westphalie a constitué la première Bad Bank, dotée de 85 milliards d'euros de titres douteux. Le truc consiste à mettre dans la Bad Bank les mauvaises affaires de la West LB et de garder les bons titres pour la banque régionale. Les mauvaises affaires devraient coûter jusqu'à 4 milliards d'euros au contribuable.
Mardi c'était au tour de la LBBW, la banque régionale du Bad Würtemberg. Elle doit se restructurer totalement et concentrer ses activités sur la région de Stuttgart, en laissant tomber les investissements risqués, selon les recommandations venues de Bruxelles. Son bilan va chter de 40% en comparaison des résultats de 2008. En contrepartie la LBBW recevra une aide de plusieurs milliards. Les banques régionales étaient censées être des partenaires fiables des caisses d'épargne et les établissements de crédits des petites et moyennes entreprises. On redoute aujourd'hui que leurs déboires ne renforcent les difficultés d'accès aux crédits indispensables pour les entrepreneurs.

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