La gouvernement coincé entre plans d'épargne et de réduction des impôts
mercredi 23 décembre 2009 à 20:15 - permalien #521
Les nouveaux freins constitutionnels à l'expansion de la dette qui ont été adopté récemment imposeront de réduire le nouvel endettement dû aux mesures de soutien de la conjoncture à 60 milliards en 2016. Soit dix milliards d'épargne par an, à partir de 2011. « Un programme d'épargne classique n'y suffira pas », selon le président du conseil économique du ministère des finances, qui estime qu'il faudra en fin de compte augmenter sans doute la TVA...
Ce que précisément la chancelière, comme le vice-chancelier, Guido Westerwelle, ont exclu, souligne le Süddeutsche Zeitung.
Le ministre des finances, Wolfgang Schäuble fait donc face à un problème quasi insoluble, coincé entre l'obligation d'épargner d'un côté et les promesses de la coalition de réduire les impôts de l'autre, résume le Financial Times Deutschland.
Le plus simple serait évidemment que la coalition de l'Union chrétienne et des Libéraux renonce aux mesures fiscales qui doivent alléger la charges des ménages de 20 milliards d'euros. Mais les Libéraux du FDP et la CSU bavaroise ne veulent pas en entendre parler. Que faire alors? Le FDP envisage la suppression radicale de subventions. Qu'elles concernent l'agence de l'emploi, ou la Bundeswehr et le budget de l'armement. La subvention de 16 milliards d'euros pour la politique de santé n'y échapperait pas non plus.
La hausse des cotisations sociales laisse par ailleurs sceptique tant à l'Union chrétienne qu'au FDP. Et l'opposition, l'association des contribuables comme les syndicats y sont hostiles, rapporte Spiegel on line.
Les libéraux sont historiquement un parti anti-état et des fans de l'individualisme, ce qui peut mener à une éthique de la responsabilité individuelle respectable, mais aussi à l'égoïsme le plus plat, estime le Tagesspiegel. A la CDU on a vite mauvaise conscience lorsqu'on est accusé de pratiquer une politique clientéliste ou de faire une politique tacticienne. Chez les libéraux de Guido Westerwelle par contre, on ne voit pas ce qu'il pourrait y avoir de mal à ça. « Ben oui, voyons, on sert ceux qui nous élisent pour ça ». Et les valeurs en pourcentage sont évidemment aussi des valeurs tout court. La réduction de la TVA pour les hôteliers n'est pas un dérapage d'ex-opposant au gouvernement. Et l'espoir de Merkel de voir les libéraux devenir raisonnable face à l'énorme dette publique jusqu'à abandonner leur projet de réforme fiscale est parfaitement vain.
La CDU avait inscrit un grand « nous » sur ses panneaux électoraux. Et la chancelière du « nous » se retrouve avec deux partis du « Je » au gouvernement. Elle n'a pas trouvé de recette pour le moment pour y faire face. Et Merkel ne va pas profiter de sa pause de Noël comme une dirigeante habile et entrainante, mais comme une conductrice sur les nerfs. Elle va devoir s'interroger sur la suite. Modérer n'est possible que si le partenaire est capable de garder le sens de la mesure. Dans la grande coalition Merkel pouvait faire la balance entre l'Union et le SPD et briller de tout son ego de chancelière. Dans la nouvelle coalition elle repose sur poids de la CDU. Elle ne peut pas le mettre tous les jours dans la balance, mais elle le doit dans les moments décisifs. Sinon les autres egos vont continuer à la mener en bateau.

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