Les caisses maladie font passer les assurés à la caisse
mardi 26 janvier 2010 à 22:06 - permalien #541
Les compléments de cotisation devront être compensées socialement, selon le ministre. Le SPD, l'AOK (principale caisse maladie "publique"), die Linke , mettent en garde contre un tournant qui fait payer les frais de santé aux salariés exclusivement. Les employeurs ne sont pas touchés par cette hausse.
Les compléments de cotisation sont la conséquence de la réforme de la santé mise en place par la grande coalition Union chrétienne-SPD, selon le quotidien de Francfort, et de la mise en place du "fond de santé" fédéral, qui collecte désormais les cotisations uniformes des caisses "publiques" de 14,9% actuellement -14% répartis à égalité entre l'employé et l'employeur et 0,9% pour le seul salarié.
Il réparti ensuite les fonds entre elles -auparavant, les caisses au nombre de 250 environ relevaient directement leurs cotisations.
Si les sommes versées ne suffisent pas à une caisse maladie, elle peut donc prélever auprès de ses cotisants des "compléments de cotisations". Si les sommes sont supérieures au frais de santé auxquels la caisse doit faire face, elle doit reverser le surplus sous forme de primes.
Les compléments de cotisations ne peuvent être supérieurs à 1% du salaire. Le prélèvement mensuel maximum devrait être de 37 euros environ. La "concurrence" entre les caisses d'assurance maladie "publiques", se mesurera donc au montant des compléments de cotisations ou des primes qu'elles réservent à leurs cotisants.
"Trois Allemands sur quatre sont satisfaits de la qualité des soins que leur garantie l'assurance maladie, rapporte le quotidien die Welt". Mais il se plaignent en même temps du "gaspillage" qui est à l'honneur dans le système de santé, selon un sondage réalisé avant même la dernière hausse des cotisations complémentaires. Le quotidien cite l'économiste Bert Rürup, qui souligne que le "complément de cotisation" est déjà un pas vers la cotisation santé uniforme, indépendante du revenu, pour laquelle milite le gouvernement démocrates-chrétiens libéraux. La compensation sociale, indispensable aux faibles revenus devrait coûter environ 25 milliards d'euros, qu'il faudra financer.
"Les compléments de cotisations ne sont pas le diable en soi, selon die Welt". Ils permettent de rétablir un soupçon de concurrence entre les caisses publiques. A condition qu'ils soient un indicateur fiable, qui permette de différencier les bonnes caisses, des moins performantes. Mais ceci n'est justement pas possible avec la machine de répartition qu'est le fonds de santé.
Au contraire, l'exemple des compléments de cotisations montre que nous sommes bien loin du marché. "Car les caisses ne pourraient pas dans ce cas annoncer des hausses si joliment convenues entre elles. Un comportement qui dans n'importe quelle branche attirerait aussitôt les responsables de la surveillance des cartels."
Le cotisant est du coup à nouveau le dindon de la farce, car s'il veut changer de caisse, il doit savoir qu'elles lèveront tôt ou tard toutes les mêmes compléments. "Il est même possible que les caisses qui entament cette année en faisant appel à leurs cotisants ne s'en sortent pas pour autant, selon l'expert du SPD Karl Lauterbach dont le quotidien Bild cite les propos".
La croissance des besoins financiers des caisses proviendrait avant tout, selon lui, de la hausse des médicaments, des honoraires conséquents des médecins, et des visites trop fréquentes des Allemands chez leurs médecin, dans le cadre d'une politique de santé en panne.
Les médicaments seraient plus chers en Allemagne que partout ailleurs. L'industrie pharmaceutique dicte les prix et les caisses paient la note. Les hôpitaux sont par ailleurs trop gourmands. Un lit sur quatre est vide et doit pourtant être financé.
Les coûts administratifs du prélèvement des cotisations complémentaires, des rappels pour ceux qui ne vont pas payer, des recours au sociétés de recouvrement pour les retardataires va par ailleurs manger une part des 8 euros des "complément de cotisation", souligne le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung.
La ministre de la protection des consommateurs, la bavaroise Ilse Aigner (CSU), estime que les caisses ont recours aux solutions faciles: les assurés passent à la caisse. Elle attend des responsables mais aussi du ministre de la santé Philipp Rösler une stratégie à la hauteur pour réduire les coûts dans le domaine de la santé. Les médecin, les cliniques et l'industrie pharmaceutique sont particulièrement visés. Le ministre de la santé bavarois Markus Söder, attend lui un plan de mesures d'épargne, qui ne réduise pas les prestations auxquels les patients ont droit.






















Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
:: Fil rss des commentaires de ce billet ::
Ajouter un commentaire