Shimon Peres au Bundestag | Abus sexuels au collège jésuite de Berlin | Angela Merkel, l'Afghanistan et la conférence béquille de Londres |
jeudi 28 janvier 2010 à 17:00 - permalien #543
Le président israélien a raconté avec émotion devant les députés, la chancelière, les représentants de la communauté juive notamment, comment les nazis ont exterminé sa famille.
*Scandale au lycée Canisius à Berlin. Le collège de l'élite berlinoise, école de statut public régie par les jésuites est frappé par un scandale de pédophilie, remontant aux années soixante dix.
"Mes conversations avec certaines victimes m'ont fait pleinement réaliser quelles blessures profondes peuvent provoquer des abus sexuels, dans la vie de jeunes gens". Des dégâts qui bouleversent une vie pendant des décennies.
Pour l'instant aucune plainte n'aurait été déposée mais la police à ouvert une enquête. Les premiers soupçons étaient apparus ces dernières années à partir de confidences individuelles. Puis les témoignages se sont accumulés et le père supérieur du collège Canisius a compris qu'il ne s'agissait pas de cas isolés, mais d'une pratique systématique. Conscient de la dimension du scandale, il est prêt à y faire face.
*Angela Merkel a justifié hier l'intervention en Afghanistan, pour la première fois au nom du "nouveau" gouvernement des libéraux et de l'union chrétienne. Elle a précisé les buts de l'intervention sur place. La chancelière avait tenu un discours reprenant les même arguments en septembre dernier, lorsqu'elle était encore à la tête de la grande coalition de l'Union chrétienne et du SPD, pour présenter la perspective de la conférence de Londres.
Elle veut préserver le consensus avec les sociaux démocrates sur l'engagement de la Bundeswehr,et laisser la porte ouverte aux Verts, membres du gouvernement rouge-vert qui a initié l'intervention au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.
Le chancelier Schröder avait alors proclamé sa "solidarité sans limite" avec les victimes, mais on peut douter qu'il ait imaginé tout ce que cela signifierait à terme, estime le Tagesspiegel. Jusqu'au bombardement de Kunduz qui a fait des centaines de victimes civiles, et a choqué l'opinion publique.
Un général américain traite aujourd'hui les soldats de la Bundeswehr de couards.
En 2005 ils patrouillaient encore à pied, alors que les soldats US se protégeaient dans leur blindés. Puis le gouvernement de grande coalition d'Angela Merkel a décidé d'éviter les morts allemands, enjoignant aux soldats de se replier dans leurs bunkers.
Sigmar Gabriel, Le chef du SPD, ne veut pas entendre parler de guerre en Afghanistan aujourd'hui et s'en tient à la mission de pacification de l'ONU. La chancelière elle évoque une situation "proche de la guerre".
Gabriel conditionne le soutient de son parti au prolongement du mandat de la Bundeswehr et à l'envoi de renforts, à l'adoption d'un planning de retrait précis entre 2013 et 2015. La chancelière s'y refuse même si elle indique que les premiers retours des soldats de la Bundeswehr en Allemagne pourraient débuter fin 2011 note le Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Le quotidien souligne que cinq chefs Taliban ont été rayés de la liste des terroristes de l'ONU. Karzei veut plaider à Londres pour de nouvelles radiations, afin de faciliter les négociations avec les Talibans. En visite à Berlin sa prestation n'a pas convaincu la commission des affaires étrangères du Bundestag. Faute d'analyse précise de la situation il ne sait que répéter que "tout ce qui vient d'Allemagne est positif".
Si les conférences permettaient de faire la paix en Afghanistan ce serait déjà fait depuis longtemps souligne le Süddeutsche Zeitung, vu le nombre qui ont déjà eu lieu. Le désaveu croissant de l'opinion à l'égard du conflit a conduit l'Angleterre et l'Allemagne à convoquer cette conférence, pour s'en faire une "béquille", gagner un appui et répondre à la pression international.
Sans Londres, Berlin n'aurait pas eu le dynamisme nécessaire pour augmenter le nombre de soldats envoyés sur le terrain. Le SPD lui serait passé à d'autres questions. Mais on ne décidera à Londres d'aucune nouvelle stratégie, pas plus qu'on y décidera de négociations sérieuses avec les Talibans.
Tout se passe à Washington et à Kaboul. Avec 74 000 soldats US sur le terrain et trente mille de bientôt en renfort, la guerre est conduite par l'Amérique. Sous la pression internationale le retrait progressif des troupes est inévitable, tandis que Karzaï à Kaboul négociera la participation des Talibans au pouvoir, avec islamisation accrue. Avec un peu de chance il arrivera à les détacher d'al Quaïda. C'est tout ce qu'on peut espérer.

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