Lidl en quête de salaire minimum | Les métallurgistes réclament l'aide de l'état |
jeudi 18 février 2010 à 23:28 - permalien #558
Deux tiers des entreprises paieraient ainsi en moyenne l'heure de travail 12 euros, selon la fédération des entreprises du commerce -Lidl serait même à 13 euros. Le cas est similaire à celui du travail intérimaire. Les grosses entreprises qui appliquent des conventions salariales conclues avec les syndicats du DGB, la confédération des syndicats allemands, ont revendiqué il y a deux ans un salaire minimum de branche, afin de rétablir leur compétitivité face aux concurrents qui pratiquent le dumping salarial et rémunèrent leurs salariés au dessous de la norme.
Les concurrents privés de la poste ont également refusé d'appliquer le salaire minimum de la Deutsche Post, conclu avec le syndicat des services Ver.di, membre du DGB, pour négocier des accords salariaux beaucoup moins avantageux pour leurs salariés avec des syndicats concurrents.
*Les métallurgistes appellent l'état à l'aide. Les partenaires sociaux de la branche métallurgie, le syndicat IG Metall, et Gesamtmetall, la fédération des patrons de la métallurgie, ont conclu un accord qui garanti l'emploi des 3,4 millions de salariés de la branche jusqu'en 2012. Ces dernier ne toucheront par contre qu'une prime de 320 euros cette année et leurs salaires seront augmentés de 2,7% seulement en 2011, souligne le Frankfurter Rundschau.
Pour garantir l'emploi, l'accord prévoit la possibilité de réduire la semaine de travail à 28 heures, avec compensation partielle des pertes de salaires, à partir de 2011. Lorsque les mesures de chômage partiel (Kurzarbeit) financées par l'état prendront fin. Celles-ci permettent aux entreprises qui renoncent aux licenciements, de faire prendre en charge par l'agence de l'emploi une part substantielle de leurs charges sociales. Cette politique, impulsée par la grande coalition CDU/SPD et relayée par le gouvernement Union chrétienne/Libéraux, a permis à l'industrie allemande de faire face au choc de la crise en ce qui concerne l'emploi.
Mais pour que le compromis signé par l'IG Metall et Gesamtmetall soit appliqué les pouvoirs publics devront apporter leur pierre à l'édifice et prolonger de 18 mois, jusqu'en 2012, la politique de subvention par l'agence de l'emploi des charges sociales des entreprises qui appliquent le nouvel accord, afin de garantir d'emplois. Une revendication que soutiennent aussi bien le SPD dans l'opposition, que le patron des patrons, Dieter Hund, ou l'économiste keynésien Rudolf Hickel, pourfendeur du néo-libéralisme.
Une alliance inhabituelle, souligne le quotidien de Francfort. Ursula von der leyen, la ministre du travail a salué l'accord "qui convient à des temps difficile", note die Welt. Mais elle a laissé en suspens la question des subventions pour le maintien de l'emploi au delà de 2010. Une revendication rejetée par son ministère, parce qu'elle créerait un précédent dans une seule branche.
L'institut de l'avenir du travail (Iza) critique lui aussi cette perspective. Les mesures de chômage partiel ont certes constitué un amortisseur indispensable pour le marché du travail, "mais elles ne doivent pas se transformer en subvention étatique de longue durée pour une branche particulière, la métallurgie. L'état doit manifester son intention de mettre fin à ces mesures. La branche métallurgie doit prendre en charge elle même la gestion des conséquences de la crise.
Le syndicat de la métallurgie avait renoncé pour la première fois de son histoire à mettre des revendications de hausses salariales en préalable aux négociations, pour prioriser l'emploi, rappelle Spiegel on line. Le syndicat redoute une vague de faillites et de licenciements si les mesures de chômage partiel ne sont pas relayées par des accords dans les entreprises fin 2010. 700000 postes de travail seraient menacés dans la branche.

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