Lufthansa, pilotes en colère | Polémique sur l'indépendance de la 2ème chaine | Guido Westerwelle cynique, selon Nahles, SPD|
lundi 22 février 2010 à 18:43 - permalien #559
Ils adoptèrent en contre-partie le contrat salarial de l'entreprise comme référence à l'avenir. Celui-ci précise entre autres qu'aucun avion de la Lufthansa de plus de 70 sièges ne doit être affrété dans les sociétés filiales. Aucun vol sous le sigle de la compagnie aérienne ne doit être réalisé avec des pilotes qui n'en sont pas membres.
La Lufthansa estime aujourd'hui que cet accord vieux de 18 ans est dépassé. Le marché aérien n'a plus rien à voir avec celui de l'époque explique la présidence du groupe.
Les pilotes craignent donc d'être soumis à la concurrence de leurs collègues des sociétés filiales moins bien rémunérés qu'eux. Une menace pour leur emploi.
Les pilotes craignent par dessus tout que la Lufthansa ne délègue nombre de lignes à des filiales charter. Le nombre des machines de la compagnie est passé au cours des dernières années de 300 à 850, mais deux seulement ont été intégrées dans le domaine de couverture de l'accord salarial du Konzern, souligne le porte parole de Cockpit, dont le Financial Times Deutschland rapporte les propos.
Le syndicat s'affirme prêt à négocier à tout moment. La compagnie aussi. Mais elle exige en préalable que Cockpit cesse de revendiquer l'extension du bénéfice des accords salariaux allemands aux personnels des filiales à l'étranger. Le syndicat revendique en effet dans un de ses projets d'accord que les compagnies étrangères qui utilisent les références et le logo de la Lufthansa appliquent l'accord salarial de la campagnie-mère.
Le coût de la grève risque d'être élevé pour l'Allemagne, pays exportateur, prévient le président de la fédération de l'industrie allemande, BDI. A fortiori à un moment sensible, alors que les entreprises reprennent des forces et ont besoin d'infrastructures efficaces. Le ministre des transports Peter Ramsauer (CSU) a demandé en vain d'éviter la grève, recommandant le retour à la table des négociations.
*Un réseau de surveillance serait à l'oeuvre dans la seconde chaine, ZDF, si l'on en croit son rédacteur en chef démissionnaire, Nikolaus Brender. Il rappellerait la police politique de l'ex RDA, la Stasi, et servirait à informer certains responsables de partis des pensées des journalistes et des responsables de la rédaction de la chaine. "Autant d'affirmations erronées, déplacées, inacceptables", selon l'intendant de ZDF, Markus Schächter, rapporte l'hebdomadaire die Zeit.
Le rédacteur en chef Brender ne devrait pas exprimer sa frustration à propos du refus de prolongement de son contrat en tapant sur ses collègues, souligne-t-il. Les rédactions de ZDF sont indépendantes de toute influence politique et économique, selon l'intendant. Qui prétend le contraire doit le prouver.
Le prolongement du contrat de Brender, 61 ans, a été rejeté au conseil d'administration de la 2éme chaine par la majorité proche de l'Union démocrate chrétienne.
*Guido Westerwelle est un cynique, si l'on en croit Andrea Nahles, secrétaire générale du parti social démocrate, dans les colonnes du Frankfurter Rundschau. Le SPD est partisan lui aussi que le travail en vaille la peine, et que le salaire d'un actif soit supérieur aux indemnités chômage Harz IV, récompensant ainsi celui qui a repris une activité.
Mais les salaires en vigueur dans un certain nombre de branches sont si faibles que les travailleurs doivent percevoir des aides sociales en plus pour en sortir. La première chose à faire serait donc de leur assurer au contraire des salaires décents et un salaire minimum garanti.
Mais le FDP, le parti de Guido Westerwelle, a justement mis son veto à cette politique au sein du gouvernement Merkel. Il est également favorable à l'élargissement du secteur "bas salaires". Guido Westerwelle monte les petits revenus contre les chômeurs, selon la secrétaire générale du SPD, pour détourner l'attention de ceux qui fraudent le fisc et les caisses sociales en plaçant des millions illégalement à l'étranger. Là Westerwelle ne dit rien. "Et pour ses cadeaux fiscaux destinés aux héritiers et aux chaines hôtelières, les prestataires de Harz IV doivent passer à la caisse".
Des critiques percutantes, certes, mais le principal parti d'opposition -à l'origine des mesures Harz IV lorsqu'il était au pouvoir-, a surtout beaucoup à faire avec lui même actuellement, reconnait Nahles. Afin de se remettre de sa débâcle de septembre dernier.

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