L'Allemagne, relance et illusion | Merkel, et les raccourcis du "Basta journalismus" |
vendredi 23 juillet 2010 à 19:31 - permalien #672
Nombre d'emplois restent même inoccupés, 2000 chez Siemens par exemple. L'économie d'exportation qui passait pour être jusqu'à il y a peu le talon d'Achille de l'économie allemande est redevenu son remorqueur. Alors que l'Allemagne faisait figure d'homme malade de l'Europe au début des années 2000 elle est aujourd'hui dans le haut du classement en ce qui concerne l'emploi avec un taux de chômage de 7%.
L'industrie allemande au contraire a sécurisé ses emplois -une politique facilitée par les mesures de « chômage partielle » renouvelées du gouvernement Merkel ndr-, prenant en compte des ruptures de commandes d'ampleur. Elle se retrouve aujourd'hui la première prête à repartir de l'avant et à répondre aux commandes. Un optimisme qui n'a pas grand chose à voir avec la réalité estime le Frankfurter Rundschau, qui juge que tout cela est construit sur du vent. Au lieu de parler des faillites étatiques qui menacent, des banques qui vacillent, la Bundesbank et le gouvernement assurent que les exportations s'envolent, que la croissance est solide comme elle ne l'a pas été depuis longtemps.
L'agence de l'emploi affiche des miracles depuis des mois de son côté sur le marché du travail.
Or « la croissance de l'Allemagne dépend une fois de plus de l'étranger, dont les forces se relâchent déjà. » Aux USA les entrepreneurs licencient, la Chine freine après une participation énorme au gigantesque programme de soutien de la conjoncture.Et la question des questions reste toujours sans réponse : qui remplace la demande lorsque les consommateurs américain et les états compriment les dépenses pour réduire leurs déficit. L'économie privée est encore bien loin de bénéficier d'une croissance saine, prolongée, en Allemagne en particulier, conclu le quotidien.
« Merkel, la chancelière en double » : l'ancien rédacteur en chef du Frankfurter Rundschau, Wolfgang Storz, critique quant à lui dans un commentaire du Spiegel, le « Basta journalisme » de ses confrères, qui dépeint la chancelière et son régime allant de déboire au déboire, arrivé quasi en bout de course.
Or elle détient au contraire toujours une majorité solide au Bundestag, la situation économique et celle de l'emploi n'ont jamais été si bonnes, les départs successifs des ministres présidents des Länder de Koch à Wülff en passant par Rütgers et von Beust, lui permettent aussi de renouveler ses troupes, et la candidature de Joachim Gauck n'a pas empêché que ce soit finalement son candidat, Wulff qui l'emporte.
La chancelière aurait par ailleurs donné une leçon de maitrise en politique en concluant une alliance avec les libéraux, avant de les faire revenir pratiquemment sur toutes leurs revendications de la baisse des impôts à la réforme de la santé à tel point qu'il n'est pas impossible qu'elle leur fasse voter des augmentations d'impôts à l'automne.
Une charge qui vise particulièrement le Süddeutsche Zeitung, qui n'a pas épargné Merkel ces dernières semaines dans ses commentaires.

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