L'Alliance CDU Verts reconduite à Hambourg, a perdu son lustre à Berlin
jeudi 26 août 2010 à 16:06 - permalien #684
Personne ne s'attendait à un résultat pareil. L'opposition faisait grise mine. « Il y a fort à parier que les deux voix de plus viennent du SPD », assure un député du parti la Gauche.
Un choix prôné par la direction régionale des verts, contesté dans ses rangs. Sifflets, huées, et panneaux vengeurs avaient accueilli les 400 délégués. Plus de 80% d'entre eux se prononceront finalement pour la poursuite de l'alliance gouvernementale avec la CDU.
Ahlhaus, le successeur de von Beust est pourtant contesté à la base du parti souligne le Tageszeitung. Il occupait le poste de ministre de l'intérieur dans le gouvernement noir-vert jusqu'ici et a la réputation d'être un conservateur « Hardliner".
Du point de vue des Verts, il aurait semblé logique de remettre l'alliance avec la CDU en question, note le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais Christoph Althaus est venu répondre avec « sagesse et humour » aux questions des militants écologistes de base, dans une assemblée convoquée à cet effet. Les Verts se sont arrangés entre temps avec lui.
Le GAL -les Verts de Hambourg- a sans doute voté pour lui en comptant obtenir plus encore de lui et de la CDU, car une rupture de la coalition est possible à tout moment. Le SPD qui a repris la tête dans les sondages à Hambourg et a dirigé la ville durant des décennies, n'attend que cela pour proposer un « Bourgmestre » de rechange, Olaf Scholz, vice-président du parti social-démocrate.
Ahlhaus n'aurait aucune chance face à Scholz, si les élections avaient lieu aujourd'hui. Il ne peut guère se fier au GAL. Les Verts restent alliés à la CDU tant que cela sert leur politique de pouvoir, conclu le quotidien conservateur.
C'est une "coalition démystifiée", estime son confrère libéral de gauche le Frankfurter Rundschau. Ce n'est en fait qu'une alliance qui prend son sens à l'échelon de la région: pas plus, mais pas moins. La république était fascinée il y a deux ans lorsque ce gouvernement écologiste et démocrate chrétien a vu le jour. L'alliance noir-verte de Hambourg semblait préfigurer une coalition moderne et « bourgeoise » à l'échelle de la fédération.
"La constitution du gouvernement libéral et démocrate chrétien d'Angela Merkel n'y fit rien. Des ministres démocrates chrétiens comme Norbert Röttgen (environnement) et Ursula von der Leyen (travail) semblaient être un signe pour l'avenir adressé aux Verts. La situation catastrophique du SPD rendait impensable toute alternative de gouvernement des sociaux démocrates et des Verts. Les Verts étaient en train de devenir le troisième parti en puissance à l'échelon fédéral. On évoquait déjà une alliance inévitable de la CDU et des verts au lendemain des élections régionales de Rhénanie-Westphalie. L'alliance au gouvernement à Berlin n'aurait plus été que question de temps." "Mais les temps changent vite. La République regarde à nouveau ce qui se passe à Hambourg. Et bien que la CDU et les verts aient renouvelé leur alliance, une coalition de ce type semble plus éloignée que jamais à Berlin. La politique modérée de Röttgen à l'égard du nucléaire est attaquée aussi bien par les Verts que par son parti, la CDU. L'école primaire réputée être un projet de réforme ambitieux du gouvernement noir-vert de Hambourg est morte. Le pionnier de l'alliance CDU-écolos, Ole von Beust, est parti. Et un gouvernement rouge-vert minoritaire est la nouvelle option à l'essai en Rhénanie. Personne ne considère plus noir-vert comme un modèle."

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