La vaccination obligatoire est pour l’instant en salle d’attente. Le chancelier Scholz semble être revenu sur sa promesse de candidat d’instaurer un vaccin obligatoire dés le début de cette année. 

Les débats et décisions au parlement sur cette question ultra sensible sont renvoyés en mars, voire avril, au plus tôt. Entre autres parce que le Bundestag ne tiendra qu’une seule séance en février, en raison du Carnaval. Fête incontournable en Allemagne - en Rhénanie du nord et à Cologne en particulier-, avec ces défilés costumés ou chacun pour un moment se moque des convenances.

Or la vaccination obligatoire, elle, ne peut être décidée à la légère.  Une telle décision doit respecter la liberté de conscience des parlementaires.  De toute façon un tel choix sera avant tout « une  mesure préventive » pour les prochaines vagues de l’automne et de l’hiver 2022 constate le  vice président du groupe parlementaire du SPD, Dirk Wiese, cité par le quotidien Tagesspiegel.
  
Un avis partagé par les Verts (Bundnis 90/Die Grünen). La présidente du groupe au Bundestag, Britta Haßelmann, insiste: « ce n’est pas une décision facile », même si elle se prononce personnellement en faveur du vaccin obligatoire. Le groupe parlementaire vert doit d’abord se donner le temps d’examiner les différentes solutions envisageables. 
Du côté du FDP (parti libéral) le ministre de la justice Marco Buschmann milite pour une décision rapide du Bundestag. Mais si le vaccin devient obligatoire il faudra, selon lui, dire pour qui et à partir de quand, et savoir mesure garder. Au sein du FDP des voix sont discordantes sur cette question. Wolfgang Kubicki, vice-président du parti est contre le vaccin obligatoire. Le députélibéral  Andrew Ullmann envisage avec d'autres députés une obligation vaccinale pour les plus de cinquante ans, si le taux de vaccination n'augmente pas significativement. Une proposition partagée par Stepha Pilsinger,  responsable santé de la CSU bavaroise,

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vaccination obligatoire ou pas .janv. 2022

Bref : « ça vient, ça viendra plus tard, ça ne viendra pas du tout »...résume avec humour l'hebdomadaire der Spiegel

Pourtant la majorité des Allemands est favorable au vaccin obligatoire, avec 61 % contre 32 % des sondés, selon un sondage publié par le Bild am Sonntag. Les ministres présidents des 16 Länder se sont tous prononcés en sa faveur de l’obligation lors de leur rencontre avec le chancelier Scholz, le 7 janvier. Mais aucune résolution commune en ce sens n’en est sortie.

Le chancelier, le ministre de la santé, n’ont pas l’intention pour autant de proposer une loi en ce sens au Bundestag. Ils attendent que les députés, réunis en groupe de travail,  proposent eux même un ou plusieurs projets.  La liberté de conscience lors du vote est même envisagée. Les députés ne seraient pas contraints de voter selon les décisions de leur groupe parlementaire, ou du gouvernement en ce qui conserne la coalition SPD, Verts, Verts,FDP, mais selon leur propre conviction sur cette question.

Cette réserve s’explique. Tout d’abord une obligation vaccinale risque de renforcer la division au sein de la société, à l’heure ou les manifestations contre les mesures anti-covid se multiplient à travers le pays. Même si les partisans de la vaccination tentent ici et là de dialoguer avec ses adversaires.

Les convictions évoluent avec les vagues...

Jusqu’à cet automne, les responsables politiques militant en faveur du vaccin obligatoire étaient plutôt rares. Puis les appels en ce sens se sont multipliés avec la quatrième vague et le constat que le nombre de vaccinés restait malgré tout modéré. D’où les promesses électorales de Scholz. 
La situation se complique encore aujourd’hui avec la vague Omicron et ses inconnues. Sa contagion rapide va-t-elle de pair avec une gravité moindre ? Est-elle la dernière vague avant « banalisation » du Covid comme une maladie saisonnière, similaire à la gripe.  

Ces incertitudes n’épargnent pas l’opposition démocrate-chrétienne qui exige du chancelier Scholz une mesure rapide. Mais ne proposerait-elle pas un projet de loi elle-même, afin de mieux souligner l’attentisme de la coalition Scholz, si elle était certaine de l’unanimité dans ses rangs ? Le député démocrate chrétien Thorsten Frei, argue que "ce n'est pas à l'opposition de faire le travail du gouvernement". Il attend un projet de loi du SPD, afin d'ouvrir le débat et s'oppose à toute participation des députés de la CDU à un groupe de travail parlementaire, multi-parti, sur un  projet de loi. Comme le propose le gouvernement.

Mais au sein de la CDU, certains parlementaires seraient favorables quant à eux, à une proposition de loi de leur parti, rapporte le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Autant de tergiversations qui s’ajoutent au délai indispensable au vote d’une loi après examen au Bundestag et au Bundesrat. et  renvoient toute décision au printemps. Mais la vaccination obligatoire sera-t-elle toujours opportune à cette date, dans la balance des remèdes contre la pandémie ?