En plus de leur mauvais résultat en Bavière le 15, c'est un coup de massue qu'ont encaissé les Verts le 16 septembre, pour la dernière semaine de campagne. Leur leader, Jürgen Trittin est rattrapé par le passé des Grünen, dans les années quatre-vingt, et leur tolérance à l'époque à l'égard de groupes prônant la « libre sexualité consentie entre adultes et mineurs». Étudiant en 1981 à Göttingen, Trittin, responsable de publication du matériel électoral du parti, a donné le feu vert à la publication du programme de la liste verte alternative de l'époque, qui comprenait explicitement cette revendication. Quarante ans plus tard il reconnaît « qu'il s'agit d'une faute, qui fut corrigée trop tard par les Verts ». Un aveu qui paraît tardif aujourd'hui, après le scandale des abus sexuels de mineurs qui ont touché en particulier ces dernières années l'église catholique. Au début des année quatre-vingt, certes, « l'esprit du temps était tout autre sur ces questions, commente le Tageszeitung (proche des Verts). Les Grünen menaient alors le combat pour la libération sexuelle en Allemagne, il serait bon aujourd'hui de mener le débat avec responsabilité sur cette époque et ses zones d'ombres. »

Mais les faits révélés lundi par les historiens Franz Walter et Stefan Klecha, qui ont été chargés par les verts eux même de faire la lumière sur les errances de l'époque, tombent au plus mal. A un moment ou il est facile pour les adversaires politiques des Verts, de discréditer l'ensemble du parti. » Les soupçons de tolérance à l'égard des pédophiles peuvent conduisent en effet droit à l'exclusion politique et sociale, sur le thème : « les Verts c'est pas ceux qui sont pour le sexe avec les enfants » ? »

« La raison essentielle de la chute des Verts dans les derniers sondages vient de leur politique en faveur de la hausse des impôts et pour la redistribution des richesses, commente de son côté le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il montre son vrai profil de parti qui veut prendre les gens en tutelle, jusqu'à indiquer aux citoyens ce qu'ils doivent mettre dans leur assiette -allusion au jour sans viande une fois par semaine, préconisé par les Verts, ndr. "Mais les Verts sont rattrapés par leur passé et leurs relations avec les milieux pédophiles, un péché de jeunesse au pire sens du mot. Un parti qui ne connait aucune pitié lorsque ces questions concernent les autres, l'église catholique par exemple, ne se comporte pas différemment en fait de ceux qu'il accusait de manque de volonté de faire toute la lumière sur leurs délits. Ils sont devenus un parti aussi puant qu'un autre."

Vertspedo.jpgA quelques jours du scrutin du 22 décembre, l'Union chrétienne en profite pour accroitre la pression sur les dirigeants du parti écolo. La porte parole de la CDU pour les questions familiales et sept femmes de la présidence des jeunesses de l'Union, exigent des verts une politique tolérance-zéro à l'égard de la pédophilie, dans une lettre adressée à Katrin Göring-Eckardt, tête de liste des Verts avec Jürgen Trittin, rapporte Spiegel on line. Elles soulignent qu'elle « ne doit pas être complice des crimes contre les enfants et les mineurs par son silence, en tant que mère de deux fils ». Göring-Eckardt, ex-présidente de l'église protestante allemande a pris lundi Trittin sous sa protection.

Gerda Hasselfeldt, président du groupe parlementaire de la CSU bavaroise et Philipp Mißfelder, président des jeunesses de l'union, revendiquent eux la démission de Trittin de la tête de liste du parti Vert. « Trittin aurait été l'un des premiers à revendiquer un tel retrait, de l'un de ses adversaires politique », assène Hasselfeldt.

Dans sa lettre de réponse à celle des femmes de la CDU, Katrin Göring-Eckardt, contre attaque. Après avoir condamné, en tant que mère les erreurs "horribles des Verts" il y a 30 ans, elle demande à ses interlocutrices de cesser de faire de faire de l'agitation électorale sur ces questions. Les Verts ont justement chargé des historiens de faire toute la lumière sur l'influence dans leurs rangs de groupes pédophiles dans les années soixante-dix. L'ex-présidente de l'église protestante, souligne que tout le monde serait bien inspiré de suivre cet exemple à l'égard de son propre passé. Elle renchérit en rappelant que les violences contre les femmes et les enfants dans le cercle familial ont été  mises en cause seulement à la fin des années quatre-vingt dix. Le viol de la part d'un conjoint ayant été qualifié de crime en 1997, par un vote des femmes contre la majorité démocrate-chrétienne CDU/CSU. Il a fallu attendre le gouvernement rouge-vert de l'ex-chancelier schröder pour que soit condamnés les actes de violences des parents dans l'éducation de leurs enfants, poursuit-elle. 

Trittin a reçu également le soutien du responsable gouvernemental des crimes d'abus sexuels contre les enfants. Celui-ci souligne en effet que le travail de recherche sur le passé des verts, à l'époque de leur fondation, confié à des experts indépendants, est le bon choix. Même si les résultats  qui peuvent être douleureux sont rendus publics."