Le chroniqueur économique -libéral-  de France-Inter Dominique Seux...conseillait  jeudi 23 janvier au gouvernement français de réduire drastiquement le nombre de ses 37 ministres pour faire des économies...à l’exemple de -vous l’aviez deviné- l’Allemagne ce pays qui compte  «quinze ministres, pas un de plus, avec Angela Merkel – même s’ils ont des assistants. C’est-à-dire deux fois et demi moins que chez nous.»
L‘auditeur méfiant qui vérifie sur Wikipedia y trouvera effectivement ce chiffre. S’il clique sur  Wikipedia Allemagne par contre, il tombe sur un tableau beaucoup plus détaillé du cabinet Merkel avec  15 ministres ...et  33 secrétaires d’état «parlementaires», et ministres d’état ! Ces «assistants» sans doute évoqués au passage par Dominique Seux.
2013-12-18-kabinettsitzung.jpgSi l’on se réfère au total Wikipedia-Allemagne, le cabinet Merkel aligne donc 48 membres, un chiffre...nettement supérieure au gouvernement Ayrault avec 20 ministres et 17 ministres délégués  -qui ont remplacé dans ce gouvernement  les secrétaires d’état! 
Certes les «Staatsekretär» du cabinet Merkel ont un statut -et notamment une   fonction de liaison avec les parlementaires- différent du ministre délégué à la française -c’est pourquoi les comparaisons sont toujours risquées surtout si on n'en donne pas tous les termes. Mais tous et toutes font bien partie du cabinet ministériel! 
Du côté de Merkel certains «secrétaires» ou «ministre d’état» sont d’ailleurs de grosses «pointures».  Jörg Asmüssen, par exemple, «star de la politique financière" souligne le quotidien die Welt , proche du SPD, était secrétaire d’état des ministres des finances de Peer Steinbrück (SPD) et  Wolfgang Schäuble (CDU) avant de rejoindre la direction de la BCE à Francfort. Il vient de quitter celle-ci pour rejoindre le ministère du travail du gouvernement Merkel III. Brigitte Zypries (SPD), Michael Roth (SPD), Karl-Joseph Laumann (CDU), Maria Böhmer (CDU) sont des personnalités de la politique allemande qui ont au moins autant sinon plus de poids que les ministres délégué(e)s du gouvernement Ayrault.
Le compte  de Dominique Seux,  est donc pour le moins fumeux...
D’autant plus que le lecteur saisi d’un doute et voulant vérifier combien le cabinet Merkel coûte finalement  au contribuable découvre des chiffres parlants.
Chaque secrétaire d’état touche environ 14000 euros, cumulés avec la moitié de son «indemnité» de parlementaire  4000 euros, soit 18000  € par mois , selon l‘analyse publiée par l’association des contribuables «trop de secrétaires d’état et trop chers». La chancelière est rémunérée elle environ 15200 euros et ses ministres 13500 -des traitements cumulés avec la moitié de leur traitement de parlementaire.
Du côté du  cabinet Ayrault, le Premier Ministre  touche environ 15 000 €, ses ministres et ministres délégués perçoivent  près de 10 000 €, selon «quoi info» -4000 euros de moins qu’un «Staatssekretär». Auxquels peuvent s’ajouter la moitié de leur indemnité parlementaire, soit 2 750 euros environ.
Les deux gouvernements ont d’ailleurs suivi deux politiques inverses. Tandis qu’Ayrault baissait les revenus des ministres lors de sa prise de fonction, Angela Merkel augmentait les salaires des ministres et secrétaires d’état allemand, comme le sien en 2012...ce qui fit couler pas mal d’encre.
Quand vous faites les comptes le gouvernement Merkel n’est donc en rien un exemple, à l’inverse du conte de Dominique Seux!