De retour de ses vacances de ski, Klaus Wowereit doit se plonger dans le scandale berlinois déclenché par la démission de son ministre de la culture le social-démocrate André Schmitz pour fraude fiscale. Schmitz avait, comme la féministe Alice Schwarzer ou Theo Sommer éditeur de die Zeit, un compte en Suisse, non déclaré. La culture assure ses arrières.

Wowereit est d'autant plus empêtré dans le scandale qu'il était au courant depuis 2012 et s'est tu, maintenant son ministre à son poste. Celui-ci a du finalement démissionner après mise en demeure du SPD, sous la houlette du président berlinois du parti, Jan Stöß, pas fâché d'imposer sa loi à « Wowi ». Celui-ci est d'autant plus à découvert dans cette affaire qu'il milite pour une tolérance zéro et un renforcement des peines contre les délinquants fiscaux, en tant que vice-président du parti social-démocrate. Bref, deux poids, deux mesures.

Pour se défendre le maire de Berlin s'appuie notamment sur une expertise juridique selon laquelle il se serait lui même rendu coupable d'un délit en prenant une mesure disciplinaire contre son ministre, parce que qu'il aurait ainsi mis en cause le secret fiscal...L'affaire à une dimension politique répliquent les opposants du maire de Berlin dont les Verts.

Le ministre de la justice, Thomas Heilmann (CDU) et le ministre des finances Ulrich Nußbaum (proche du SPD) du gouvernement berlinois, constitué d'une « grande coalition » entre les sociaux démocrates et la démocratie chrétienne, étaient également au courant de la démarche judiciaire entamée par le parquet en 2012 contre Schmitz...mais ne se sentaient visiblement pas gênés de siéger aux côtés du délinquant.

Après la démission forcée du trésorier de la CDU qui détenait lui un compte au Bahamas pour gestion d'héritage, l'image d'exemplarité entretenue par la classe politique allemand l'Allemagne est une fois de plus démentie.