« On a encore jamais vu une institution s'effondrer si rapidement, l'Adac -le tout puissant automobile-club allemand avec 19 millions d'adhérents- a perdu définitivement son pouvoir ». Ce jugement de l'ancien directeur de la communication de Mercedes-Benz, Wolfgang Inhester est sans appel.1402_Sofortmassnahmen_406x229_199914.jpg L'automobile club a manipulé pendant des années l'attribution du « Gelber Engel », l'ange jaune de la couleur de l'Adac- et les résultats de son classement désignant les meilleurs voitures, « le véhicule préféré » des Allemands. La VW Golf a ainsi été désignée comme le véhicule préféré de l'Allemagne en 2014. Le nombre des votants annoncés avait en fait été multiplié par dix (34000 contre 3400). Une manipulation révélée par le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung -le siège de l'Adac se trouve à Münich.

Après voir contesté ces « rumeurs » le directeur de la communication de l'association a fini par reconnaître les faits, et par démissionner après avoir pris l'entière responsabilité de la fraude. Les scandales n'ont cessé ensuite de s'accumuler. Le président de l'Adac utilisait un hélicoptère du club pour se rendre à ses réunions ; les dépanneurs de l'Adac qui viennent au secours de l'automobiliste en panne avec leur voiture jaune, touchaient une commission sur les ventes de batteries conseillées à ceux qu'ils avaient dépanné ; les fabricants de pneus étaient avertis des rigueurs des tests auxquels seraient soumis leurs produits ; le vainqueur du concours de la voiture préférée n'était pas le seul victime des manipulations, l'intégralité du classement était également truqué, en 2014 comme en 2013. L'Adac privilégiait ainsi BMW, le constructeur automobile bavarois face à Mercedes-Benz.

Face à cette vague de révélations, les constructeurs automobiles ont fini par tourner le dos à l'automobile-club dont ils étaient contraints jusqu'à présent de tenir compte des recommandations et critiques pour satisfaire leurs clients. Ils ont rendu à l'Adac tous les trophées qui leur avaient été attribués, devenus symboles des manips du club.

« Maintenant que ces manipulations ont été démontrées en ce qui concerne notamment la fraude sur le décompte des votes, le Gelbe Engel de l'Adac a perdu toute valeur, assène BMW . »

C'est maintenant le président de l'automobile-club depuis 2001, Peter Meyer, qui a été contraint de démissionner. Non sans mettre les pieds dans le plat rapporte le quotidien die Welt. Face à la direction du club qui prenait acte de son départ en soulignant qu'il prenait ainsi la pleine responsabilité politique de la tempête que traverse l'Adac, Meyer rétorque qu'il s'agit là d'un point de vue « unilatéral » et révèle qu'il avait proposé à ses collègues de la présidence de démissionner collectivement. Pour l'instant ils s'en sont abstenus et assurent vouloir mettre en œuvre un plan de redressement de l'Adac en dix points.