Joe Kaeser le président de Siemens a présenté un plan de réorganisation du groupe qui veut se concentrer sur les domaines de l'énergie, de l'industrie, de la mobilité et devenir le « Google de l'industrie ». Siemens "ne craint aucunement la digitalisation, à l'inverse de certains. Nous n'en avons pas peur, au contraire nous la respectons et nous sommes déjà là ou les données sont la matière première ».

Siemens.JPGKaeser s'est félicité d'avoir « mis un pied dans la porte » en ce qui concerne le rachat du groupe Alsthom, convoité par General Electrics. Car si ce dernier l'emporte, GE renforcerait sa compétitivité en Europe au détriment de Siemens.

Mais on sait à Berlin que le groupe allemand  devra faire un sacré travail de conviction auprès d'Alsthom et des autorités françaises s'il veut emporter le match contre GE. Le groupe allemand a obtenu l'ouverture de consultations avec la direction d'Alsthom et propose d'échanger sa division matériel ferroviaire, dont le train grande vitesse ICE, concurrent du TGV, contre les turbines du groupe français que convoite avant tout également GE, http://www.berliner-zeitung.de/wirtschaft/-alstom-uebernahme-wenig-chancen-fuer-siemens,10808230,26990686.html souligne le Berliner Zeitung.

Paradoxe, « depuis des générations de manager, GE est le modèle de Siemens, commente le quotidien berlinois du 6 mai (édition papier) ». Les bavarois sont loin d'avoir la profitabilité du géant US. Joe Kaeser, le président actuel de Siemens a besoin d'un succès pour effacer les faiblesses et les incertitudes du trust issues du règne de son prédécesseur.

Le Berliner Zeitung n'a guère d'illusion sur les véritables motivations de Siemens dans l'offre de rachat Alsthom.

« Kaeser veut échanger sa banche ferroviaire aux faibles marges contre la branche énergie d'Alsthom, plus profitable. Il voit par ailleurs dans l'ICE, un rejeton à problème du groupe -les pannes de climatisation de l'ICE l'été notamment sont célèbres en Allemagne, ndr- dont elle pourrait aujourd'hui se débarrasser élégamment avec un avantage stratégique. La patron de Siemens appâte ainsi le monde politique français avec la vision d'un champion européen des trains à grande vitesse rassemblant le TGV et l'ICE son rival allemand. Les politiques français sont sensibles à ce genre de symboles et Kaeser sait jouer cette carte, souligne le Berliner Zeitung.

Pour faire face au groupe GE dans les années à venir, Siemens va revoir les frontières de ses quatre grandes activités, énergie, industrie, technique médicale, infrastructures et équipements urbains, et le nombre de ses divisions sera réduit de 16 à 9, http://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/siemens-quartalszahlen-schwach-kaeser-stellt-umbauplaene-vor-a-967969.html note Spiegel on line.

La métallurgie va être revendue à Mitsubishi, la technique médicales -secteur porteur-, devrait « sortir » du groupe. Siemens vient d'embaucher la directrice stratégique du groupe Shell, Lisa Davis, pour remplacer le président de la division énergie du groupe, remercié. La direction du secteur énergie devrait avoir dorénavant son siège à Orlando en Floride et non plus à Erlangen en Bavière. Siemens rachète par ailleurs la division turbine de Rolls-Royce. Rappelons enfin au passage que le groupe Siemens a noué un partenariat stratégique depuis deux décennies avec la Russie dans le domaine de l'énergie avec Gazprom' et pour la modernisation de l'industrie.

Le syndicat de la métallurgie met en garde la direction du groupe. S'il est favorable à une réorganisation qui clarifie l'horizon stratégique Siemens, celle-ci ne doit en aucun cas servir de couverture d'une politique de suppressions d'emplois. En Allemagne, à l'inverse de la France, http://www.siemens.com/about/de/management_unternehmensstruktur/aufsichtsrat.htm les représentants du syndicats et du conseil d'entreprise siègent de plein droit au conseil d'administration du groupe. Un côté du modèle allemand dont on ne fait pas publicité dans l'hexagone, et qui est l'une des raisons pourtant de la stabilité et de la force de l'industrie d'Outre-Rhin.