Gabriel assure que l'Allemagne s'accommoderait des clauses contestées, dont le recours par les entrepreneurs étrangers à des tribunaux internationaux d'arbitrage. Il accuse ses critiques, au sein du SPD d'avoir lancé « un débat hystérique » incompréhensible pour le reste de l'Europe et de ne « se préoccuper que de leur nombril ».Gabrielceta.JPG

« Dire désolé mais le traité Ceta est déjà négocié est une attitude totalement déplacée de sa part, » réplique le député social démocrate Sascha Raabe dans Spiegel online.

« En tant que député j'ai le droit et le devoir de vérifier les lois et les accords et de les modifier si cela est nécessaire.» Raabe est responsable des questions de commerce international au sein de la commission développement du Bundestag.

L'aile gauche du SPD menace Gabriel d'un affrontement sur ces questions lors du congrès du parti en 2015, si les résultats des négociations des traités Ceta et TTIP s'écartent des résolutions adoptées lors de la dernière convention du SPD.

Sascha Raabe renvoie lui aussi Gabriel aux résolutions du parti. S'il s'en écarte, il doit au moins présenter une nouvelle résolution. Faute de quoi sa crédibilité en tant que président du parti en ferait les frais.

Gabriel a mis en garde devant le Bundestag contre un « découplement du marché ». Le libre échange international est une chance affirme-t-il et les accords actuels sont peut être « la dernière possibilité de réguler la globalisation ». Un refus coûterait sans doute des centaines de milliers de places de travail à l'Allemagne.

Mais si les frontières n'existent plus ce serait une sacré affaire pour les USA selon Sascha Raabe. « General Motors pourrait délocaliser des postes de travail d'Opel en Amérique. L'exportation en Allemagne ne coûterait rien et GM n'aurait plus à s'affronter au conseils d'entreprises d'Opel. »

Le député écarte également l'argument selon lequel les USA se tourneraient vers la Chine en cas d'échec des négociations du TTIP. « Les Américains qui s'achètent une BMW ou une Mercedes continueront à le faire. Il n'achèteront pas en tout cas une voiture chinoise, pour la seule raison qu'il existe un traité de libre échange entre les deux pays. »

Les procédures de négociation du TTIP et du Ceta sont « une farce » selon lui, sur laquelle les parlements européens et nationaux n'ont aucun pouvoir.