Dans sa déclaration au Bundestag, Scholz a condamné avec virulence la guerre criminelle de Poutine,  une grave erreur "qui sera une catastrophe aussi pour la Russie".

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Scholz Poutine.jpg, fév. 2022

Berlin a rompu un tabou institué au lendemain de la deuxième guerre mondiale en Allemagne et livrera des armes à un belligérant, l'Ukraine, dans la guerre déclarée par la Russie. 1000 lance-roquettes, 500 missiles sol-air vont être remis aux forces ukrainiennes, la Hollande et l'Estonie ont reçu le feu vert pour remettre à Kiew 400 lance grenades anti-char fabriqués en Allemagne et plusieurs véhicules blindés de l’ex RDA.

100 milliards d’euros sont attribués en dotation exceptionnelle à la Bundeswehr en bien mauvais état selon Annegret Kramp-Karrenbauer, ex-ministre de la défense d’Angela Merkel. Certes cela peu sembler peu de chose à l’heure ou Poutine menace de recourir à l’arme nucléaire en mettant en alerte la force de dissuasion russe.
Mais c’est bien un bouleversement de la politique en Europe et de la politique extérieure allemande qu’annonce le changement de ton du chancelier allemand.

Au Bundestag les groupes parlementaires de la coalition gouvernementale, SPD, Verts, Libéraux du FDP ainsi que la démocratie chrétienne CDU/CSU ont demandé un  élargissement de la politique de solidarité financière, humanitaire et militaire de l’Allemagne à l’égard de l’Ukraine.

En ce qui concerne Swift, c’est le pression des pays membres de l’UE qui avaient déjà fait le choix de déconnecter la Russie du système d’échange financier qui a contraint Berlin de cesser de s’opposer à cette mesure, selon un commentaire de la chaine ARD. Une position intenable face à la demande expresse de l’Ukraine (voir mon billet, Swift après Northstream un boulet de plus pour Berlin).

Il ne faut certes pas surestimer cette mesure. Les contrats en cours avec Gazprom’ ne sont évidemment pas rompus pour autant et le gaz russe continue à parvenir en Allemagne via le gazoduc Northstream I.
La trame des liens financiers et industriels entre l’Allemagne et la Russie qui s’est développée après la chute du mur et le partenariat stratégique noué par les grands groupes allemands, Siemens, Basf, avec Gazprom’ par exemple demeurent et ne s’effaceront pas.
Il n’en reste pas moins que Moscou vient de perdre l’un de ses atouts clés, le lien privilégié entretenu ces dernières décennies avec Berlin. 

La réaction de la classe politique allemande après la sidération qui l’a saisie face à l’invasion de l’Ukraine avait-elle aussi sans doute sous estimée par Poutine (lire mon billet Berlin Moscou, faillite d'une politique).

Sa rapidité s’explique par la fulgurance des évènements qui se sont enclenchés depuis l’agression de Kiew.
100000 personnes manifestaient dimanche 27 à Berlin ou la communauté russe est très présente, contre la guerre de Poutine.