Martin Schulz, président du SPD, annonçait lundi qu'il campait sur sa position : le SPD restera dans l'opposition.Le groupe parlementaire social démocrate au Bundestag s'est rebellé contre cette stratégie. Les nouveaux élus soulignent qu'un retour aux urnes, après dissolution du Bundestag qui vient d'être élu, ne profiterait en rien à leur parti mais mais à l'Afd, le parti europhobe et anti-immigration. Le SPD se retrouverait probablement dans la même situation. « Groko -grande coalition- ou pas Groko » en cas de nouvel échec de la constitution d'une coalition Jamaïque ou autre.

GERMANY-POLITICS/SPD
Martin Schulz, SPD, nov. 2017

Ce sont des députés de « base », souligne le « Frankfurter Allgemeine » qui demandent ainsi que leur parti entame au moins les consultations avec la CDU/CSU. Ils redoutent de retourner dans leur circonscription et de devoir faire face à la question « alors c'est reparti? ». Ils ne veulent pas non plus risquer le mandat qu'ils viennent d'obtenir.

Le SPD est un parti de gouvernement, insiste un député de la direction du groupe parlementaire. « Nous devons trouver une issue et préparer le parti avec précaution à ce que nous ne fuyons pas nos responsabilités. »

Le président de la république Franck-Walter Steinmeier (SPD), ancien bras droit de Gerhard Schröder n'a pas hésité non plus à mettre en garde son parti et Martin Schulz, président et candidat chancelier. Les partis qui se présentent aux élections fédérales doivent être prêts à exercer leurs responsabilités en constituant un gouvernement « dans les meilleurs délais ». Il s'agit là de respecter la constitution (art 63), ni plus ni moins. Les députés ne peuvent s'en démettre au nom de la « volonté de l'électorat ».

« Schulz se heurte aux objections dans le SPD, souligne de son côté le « Süddeutsche Zeitung ». « Le scepticisme se répand dans le groupe parlementaire au Bundestag et dans la direction du parti. On estime que le chef du SPD s'est trop fermement engagé en affichant un strict refus à une nouvelle grande coalition ».

Plusieurs poids lourds du SPD, dont Olaf Scholz, maire de Hambourg et Stephan Weil qui vient d'être réélu ministre-président de Basse-Saxe à la tête d'une Groko justement pèsent également contre le non de Martin Schulz à la Groko. Celui-ci pense ainsi sans doute préserver sa réélection au congrès du SPD, qui se tiendra début décembre.

La majorité des délégués seraient hostiles à la grande coalition avec les démocrates chrétiens dont ils ont mesuré les dégâts lors des dernières élections. La CDU comme la CSU bavaroise et le SPD enregistrant leurs scores les pires qui soient.

Si le SPD amorce malgré tout un tournant vers une nouvelle grande coalition, Schulz pourrait se tirer de ce mauvais pas en jouant la carte européenne, suggère le « Frankfurter Allgemeine ». « Il pourrait s'adresser aux délégués de son parti en soulignant que :  « l'Europe attend un gouvernement allemand stable : nous devons répondre à Emmanuel Macron et sauver l'Europe de concert. »