Deuxième compagnie aérienne allemande, concurrente de la Lufthansa, Air Berlin serait aussi l'un des piliers du futur aéroport Berlin-Bandenbourg...qui pourrait entrer en activité en 2018 selon les pronostics optimistes. Pour éviter un fiasco de plus, Le gouvernement a donc garantit un prêt de 150 millions d'euros à Air Berlin qui peut ainsi poursuivre ses vols et ne laissera pas ses passagers en plan.

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Capture.JPG, août 2017

La compagnie a trois mois pour trouver une solution à ses déboires financiers, négocier un rachat partiel par la Lufthansa ou un autre groupe.

Selon les déclarations officielles le gouvernement n'aide pas seulement Air Berlin, il vole également au secours de milliers de vacanciers allemands. "vous savez que nous avons encore la majorité des Länder en vacances d'été », explique Brigitte Zypries(SPD) ministre fédérale de l'économie. Des milliers de vacanciers risqueraient d'être abandonnés au sol en cas de faillite. En pleine campagne électorale la chancelière préfère éviter un crash financier tel que celui de Swissair en 2001 qui laissa des milliers de passagers en plan à travers le globe et fait figure de drame national,  commente Spiegel on line.

Les partis alliés au gouvernement, la CDU d'Angela Merkel comme le SPD de Martin Schulz, n'ont aucune envie de mécontenter leurs futurs électeurs, aujourd'hui clients d'Air Berlin. Mais l'aide à la compagnie en difficulté relance à la veille des élections le sacro-saint débat sur les aides de l'état aux firmes privées en difficulté. Un remède évoqué en 2009 à propos d'Opel et en 2012 lors de la faillite de la chaîne de droguerie Schlecker, 27000 salariés.

Un tabou pour les libéraux, longtemps alliés privilégiés de la CDU, selon qui cette intervention déstabilise le marché et fausse la concurrence en favorisant certaines firmes, seulement pour des motifs purement politiques. Le FDP, le parti libéral, qui pourrait retrouver sa place au Bundestag après avoir été balayé lors des dernières élections fédérales y est toujours hostile. L'hostilité est identique dans les rangs de l'aile économique de la CDU.

Les sauvetages passés ne sont guère convaincants. L'ex chancelier Schröder accorda 250 millions de crédit garanti à l'entreprise de construction Holzmann, qui n'en déposa pas moins son bilan trois ans plus tard. Sans avoir fait usage du crédit, ceci dit. Le cas d'Opel n'est pas plus convaincant. General Motors, la maison mère décida de garder la firme après des mois de négociations pour la vendre avec la garantie de l'état pour assurer sa pérennité. Mais la marque a été vendue récemment à Peugeot, sans que le gouvernement allemand soit avisé. Un fait "inacceptable" selon Brigitte Zypries.

Aujourd'hui c'est la compagnie aérienne Ryannair qui a déposé plainte auprès des autorités de Bruxelles contre la politique de cartel de Berlin qui favoriserait la Lufthansa en aidant Air Berlin.

Les concurrents d'Air Berlin s'intéressent avant tout aux lignes qu'elle détient et à ses droits d'atterrissage. Et bien que sa faillite soit due à une stratégie d'entreprise chaotique, les perspectives de vente s'annoncent très bien, selon la ministre de l'économie.

Le crédit de 150 millions accordé par l'état étant remboursable en priorité, les contribuables ne feraient pas les frais de l'opération espèrent la chancelière et son ministre des finances Wolfgang Schäuble.