La re-nationalisation de la politique climatique est à l'oeuvre à l'échelle de l'Europe. Le quotidien berlinois illustre ce constat d'une caricature "pétante" dans laquelle on reconnait le vice-chancelier Gabriel et l'on devine la chancelière, dans un bel ensemble d'émission de gaz! climat__2_.JPG La re-nationalisation de la politique climatique est à l'oeuvre à l'échelle de l'Europe. Faute de volonté commune, la perspective d'en faire une politique active de modernisation économique est en panne. L'objectif de réduction globale des émissions de l'Union européenne de 40 % en 2030 par rapport à 1990, n'est en aucun cas un objectif ambitieux.
On ne peut en tenir rigueur uniquement à une politique malheureuse de la commission européenne. Cela tient aussi à la passivité de l'Allemagne à Bruxelles, entretenue pendant des années par l'abstention, parce que la CDU et les libéraux n'arrivaient pas à s'entendre sur ces questions à Berlin. Plus grave encore : le gouvernement fédéral et avant tout les associations patronales ont désigné la Pologne comme étant le vrai coupable, avec véhémence et depuis des années.
Le gouvernement allemand est à l'origine de l'échec d'une « réforme » des échanges des droits d 'émissions de gaz toxique à l'échelle de l'Europe, qui a démotivé les investisseurs et transformé cet instrument de la lutte climatique en vulgaire marché pour les spéculateurs. Les responsables politiques allemand mettent trop facilement cet échec sur le dos de la Pologne, qui se prête idéalement il faut le dire à la manœuvre. Varsovie joue avec plaisir depuis des années, le rôle de lutin de la politique climatique.
Mais au lieu de chercher à rompre cette confrontation, les responsables politiques allemands se reposent trop facilement sur cette idée selon laquelle la lutte contre le réchauffement climatique ne peut être plus audacieuse à cause de la Pologne. Aucun autre pays n'a plus de possibilités que l'Allemagne de changer cette situation. L'Allemagne et la Pologne pourraient ainsi restaurer la confiance, avec des projets de réduction d'émissions ambitieux et des investissements communs dans les énergies renouvelables.
Le fait que cela ne soit jamais arrivé depuis 20 ans, à l'exception de deux projets concrets, témoigne de l'incapacité de la politique allemande contre le réchauffement climatique. (Tagespiegel. Es fählt die Wille zur Europa.Dagmar Dehmer)