En alternative à la réduction des retraites et à l'augmentation de la TVA sur l'électricité, mesures auxquelles le gouvernement Tsipras s'oppose frontalement depuis le début des pourparler, Jüncker proposerait d'épargner des sommes équivalentes en réduisant le budget militaire de la Grèce. Une flexibilité hors de propos pour le FMI qui campe sur les mesures qu'il veut imposer.lagarde.jpg

Selon le Süddeutsche Zeitung, quotidien de Münich, la Grèce pourrait épargner pourtant 200 à 400 millions d'euros chaque année en adoptant cette politique de compression des dépenses d'armement.

Cela semble d'autant plus raisonnable que les dépenses d'Athènes en ce domaine sont hors de proportion. Comparées aux ressources du pays elles se situent au second rang, derrière celles de la Grande Bretagne, au sein de l'Union européenne.

Les représentants du FMI auraient quitté brutalement les négociations à Bruxelles jeudi 11 juin et fait leur valise pour Washington, parce qu'ils refusent de tels échanges entre le budget des retraites et celui de l'armée, contrairement aux propositions de Bruxelles.
Les négociations reprises dimanche 14 juin après midi auraient tourné court pour les mêmes raisons le FMI avançant à nouveau les exigences de réduction des retraites et de hausse de la TVA dont ils savent qu'elles sont inacceptables pour le gouvernement Tsipras.

Les représentants du Fonds assureraient n'être pas mandatés pour négocier des compensations telles que les proposent Jüncker. Un représentant du gouvernement grec à Bruxelles renchérit en assurant selon die Zeit que ces derniers ont fait étalage de leur inflexibilité et de leur arrogance, les négociations n'ayant pas duré plus de 45 mn, en raison de leur attitude.

Le fonds monétaire a démenti samedi les informations du Frankfurter Allgemeine Zeitung sur le « torpillage » du compromis proposé par Bruxelles à Athènes. Mais le quotidien de Francfort n'en assure pas moins que Christiane Lagarde en personne a téléphoné à Angela Merkel pour bloquer l'éventualité d'un accord de compromis sur un « surplus primaire » du budget grec à 0,8 % au lieu des 1 % proposé actuellement, mettant à nouveau des battons dans les roues de Jüncker.

« C'est un vrai paradoxe, confie un négociateur au Frankfurter Allgemeine, qu'un institution qui ne représente aucun peuple décide en fin de compte de l'avenir de l'Europe. »