Une écrasante majorité des salariées consultées par leur syndicat (70%) a rejeté les propositions des médiateurs qui leur proposait une hausse de salaire de 2 à 4,5 % dans un accord en vigueur jusqu'en 2020. Les personnels des « Kitas » attendent beaucoup plus. Une revalorisation substantielle de leurs profession par la reconnaissance de leur qualification au sein des métiers de l'éducation. Des mesures qui pourrait aller jusqu’à une hausse de revenus de 10 % environ. kitasstreik.JPG

Les propositions des médiateurs Georg Milbradt (CDU) ex ministre-président de Saxe, et Herbert Schmalstieg (SPD) ex maire de Hanovre, sont donc loin du compte. D'où la résistance de la base dans les établissements « scolaires ». Une déléguée de Fulda citée par le Berliner Zeitung explique l'irritation la colère et l'incompréhension totale de ses collègues face à des propositions sans rapport avec l'intensité du conflit qui les à leurs employeurs.

Les « Kitas » jouent en quelque sorte le rôle des écoles maternelles en France pour les enfants. Considérées autrefois comme de simples « garderies », elles sont devenues aujourd'hui des établissements préparant les enfants à la scolarisation obligatoire à 6 ans. Mais leur statut n'a pas suivi cette évolution vers un établissement « scolaire ». Les éducatrices -et éducateurs- ne sont donc pas considérés comme des enseignantes, et perçoivent un salaire qui dévalorise leur fonction, leur formation, par rapport à leurs collègues de l’école primaire par exemple, selon elle.

« Il serait donc plus que temps que les éducatrices, les pédagogues et les assistantes des Kita reçoivent la reconnaissance qu’elles méritent, souligne le quotidien berlinois Tageszeitung.  Le rejet des propositions des médiateurs d’une hausse de salaire de 2,5 % par exemple est une véritable claque pour le syndicat Verdi et sa direction qui conduisait les négociations et n’aurait jamais dû se laisser entraîner à signer un tel compromis boiteux ». Quant aux parents qui ont fait les frais des grèves des Kitas et risquent de s’y voir à nouveau confrontés cet automne, plutôt que de se prendre aux personnels, ils devraient se rebeller contre la politique d’économie des communes qui les rémunèrent injustement.

A l'inverse, le quotidien conservateur Frankufrter Allgemeine Zeitung, regrette lui que le conflit des Kitas se poursuive sur le «dos des enfants dont les personnels des jardins d’enfants ont la responsabilité». « Ils ne perçoivent certes pas de revenus princiers. Mais bénéficient d’un travail stable. Le temps ou leur activité relevait simplement de la garde d’enfants jusqu’à midi est certes terminé et les les Kitas sont considérés aujourd’hui comme des établissements de formation. Les éducatrices d’hier se considèrent donc comme des diplômées universitaires d’aujourd’hui. Mais 5% d’entre elles seulement ont un diplôme équivalent à ce niveau.»

C’est exactement le genre de commentaire qui horripile éducatrices assistantes et pédagogues et explique le rejet massif des propositions des médiateurs. Les négociations doivent reprendre cette semaine. Mais les employeurs estiment impossible de faire plus que ce que proposent les médiateurs et le syndicat Verdi prépare de nouvelles grèves en septembre.