La génération des immigrés venus de Turquie est venue  il y a cinquante ans pour contribuer au miracle économique allemand, note Spiegel on line. On les nomma « Gast », travailleurs « invités », parce qu'à l'époque l'Allemagne croyait qu'ils retourneraient chez eux, après avoir participé à l'essor des entreprises allemandes .

Avec 2,8 millions de chômeurs, l' Allemagne affiche aujourd'hui le taux de chômage le plus faibles depuis 1991…Mais son déficit démographique interdit la relève des générations, et  l'Allemagne a à nouveau besoin de main d'oeuvre. Elle « ne peut plus garantir l'occupation des emplois qu'elle offre à elle seule, avec des Allemands. »

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GERMANY-BUSINESS/, sept. 2015

« Je peux très bien imaginer que nous informions directement les réfugiés sur les possibilités et les conditions pour trouver une travail en Allemagne ou chez Daimler » explique Zetsche au "Bild am Sontag".

Christine Hohmann-Dennhardt, membre de la direction de Daimler, soulignait de son côté récemment dans un interview à la presse qu'il serait nécessaire d'alléger les règles d'accès à l'emploi et de permettre aux demandeurs d'asile d 'exercer un métier après un mois de présence en Allemagne. Car « nombre d'entre eux resteront pour toujours ».

Jusqu'à présent il est interdit aux demandeurs d'asile de travailler au cours des trois premiers mois de séjour. Ils ont ensuite de piètres chances d'être embauchés quand des demandeurs d'emplois « prioritaires postulent pour le même poste ». Ce sont les Allemands, mais également des étrangers de pays membres l'Union Européenne, ou bien des réfugiés reconnus. Après 15 mois de séjour en Allemagne, les demandeurs d'asiles et les réfugiés titulaires d'un titre de séjour ne sont plus soumis à ces conditions pour accéder à un emploi.

Nombre de dirigeants d'entreprises ont déjà demandé aux Länder et au Bund l'allègement de ces conditions d'accès à l'emploi pour les réfugiés. « Un bon nombre de ceux qui fuient la guerre et les déportations pour venir chez nous y resteront longtemps voire pour toujours », explique les président de la fédération patronale Ingo Kramer. "Il est dans l'intéret de tous, de tout faire pour que ces gens puissent s'intégrer rapidement au marché de l'emploi»."

Le président de l'agence fédérale de l'emploi, Frank-Jürgen Weise, souligne qu'il faut trouver le bon équilibre en ce qui concerne l'autorisation d'accès à l'emploi. "Les premiers mois sont souvent utilisés pour assurer l'apprentissage élémentaire de la langue. » Les chances des réfugiés sur le marché de l'emploi sont très diverses. Nombre de demandeurs d'asile venus de Syrie par exeemple sont très bien formés et parlent parfaitement Anglais. Mais Weise revendique la protection à l'égard de l'expulsion des réfugiés en cours de formation.