Le projet de libéralisation de l'accès à la Marihuana et de surveillance de sa consommation porté par Monika Herrmann, maire de Friedrichshain-Kreuzberg, avait été déposé en juin. Il revendique la vente libre et contrôlée dans quatre commerces spécialisés et "cafés modèles". Tous les adultes habitant la commune auraient ainsi droit à la délivrance de 60 grammes de Marihuana par mois indique le Tageszeitung berlinois.

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Le but de l'accès sous contrôle au n'est pas de transformer Kreuzberg en royaume de la fumette "mais au contraire de mieux protéger les jeunes en s'attaquant au marché noir" explique Monika Herrmann et en rendant encore plus difficile l'accès des moins de 18 ans à la Marihuana. Celle-ci de plus devrait « être cultivée régionalement, biologique, et avec le moins d'émission de CO2 possible ». Pour les Verts le rejet du projet est un signal négatif pour la prévention de la consommation de la drogue et la lutte contre sa distribution criminelle. L'institut fédéral s'accroche ainsi à la politique d'interdiction qui a déjà fait faillite, « au lieu de soutenir un projet pour la protection des jeunes. Les adultes devant pouvoir accéder en effet légalement à l'achat de Cannabis réglementé, en vue d'assécher le marché noir, selon Harald Terpe chargé des question de la politique des drogues chez les Verts. »

La responsable fédérale de la politique à l'égard des drogues, Marlene Mortler (CSU bavaroise) dont les propos sont rapportés par le Tagesspiegel berlinois, réplique que la vente de Cannabis pour le plaisir n'est pas compatible avec les lois de prévention contre la drogue. « La vente légale suggérerait que les risques pour la santé des consommateurs sont inexistants. » Or on ne peut confondre le Cannabis utilisé en tant que drogue et en tant que médecine, insiste-t-elle.  Les dangers de la consommation de loisir doivent être réduits au minimum par les lois en vigueur alors que l'accès pour les malades sera facilité au contraire.

Franz Henkel, ministre démocrate-chrétien de l'intérieur de Berlin -la ville a le statut d'un Land- se félicite de la décision de l'institut fédéral, "l'état ne doit pas devenir un dealer" selon lui. Nous nous opposons fermement aux fantaisies de l'accès libre au Cannabis." Car les conséquences psychiques, physiques et sociales des drogues sont tout autre que bénigne. La porte parole du sénat berlinois -le gouvernement de la ville état- se félicite aussi de ce que l'institut fédéral ait mis en garde contre "une dangereuse expérience des Verts". Un langage qui nous ramène aux années quatre-vingt selon le Tagespiegel.

Le SPD qui gouverne Berlin avec les démocrates-chrétiens est divisé sur la question. Le maire social-démocrate de Berlin, Michael Müller, est contre la proposition des Grünen. Mais à Kreuzberg le SPD a soutenu le projet de cafés-modèles des Verts. Son responsable des questions de santé, regrette le rejet de la demande de Friedrichshain-Kreuzberg et insiste sur la nécessité de changer la loi à propos de l'accès au Cannabis, afin que des communes de Berlin, puissent enfin réaliser les projets qui permettront une distribution contrôlée de Cannabis en renforçant la prévention et la protection de la jeunesse.

Le syndicat des policiers se félicite enfin de la décision de l'institut fédéral des médicaments. "L'état ne doit pas suggérer que consommer de la drogue n'est pas si grave". Monika Herrmann pourrait faire appel de la décision de l'institut fédéral. La maire verte de Friedrichshain-Kreuzberg, estime être la porte parole d'un mouvement large de communes qui militent pour l'accès libre au Cannabis et dont l'institut a rejeté tous les projets jusqu'à présent. Dans le Brandenbourg, qui entoure Berlin on constate que de plus en plus de jeunes deviennent des « dealers » à l'école rapporte die Welt. Un enfant et 27 jeunes de 14 à 18 ans ont été arrêtés par la police pour de tels faits l'an dernier, contre 20 au cours de l'année précédente. La consommation régulière de Haschich serait en recul depuis 2004 chez les adolescents de 15-16 ans, mais la consommation de Cannabis serait en hausse chez les 12-25 ans selon une analyse de l'institut fédéral de la santé. L'abus d'alcool est également préoccupant. 58 % des jeunes de 16 à 18 ans reconnaissent consommer cinq boissons alcoolisées un jour par mois au moins.