Les propos du premier ministre français Manuel Valls critiquant la politique des réfugiés de la chancelière ont été largement cités par la presse allemande. "Il n'est pas favorable à la mise en place d'un mécanisme de répartition stable des réfugiés comme le propose la chancelière Angela Merkel", souligne le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Et il appelle à s'en tenir à répartition déjà négociée de 160 000 réfugiés au total dont 30 000 pour la France", alors que l'Allemagne en accueille 1 million. Un engagement qui ne sera pas difficile à tenir d'ailleurs, puisque selon nombre de témoignages les réfugiés qui échouent sur le littoral grec n'ont aucune envie d'aller demander l'asile en France.  

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Valls_critique_Merkel.jpg, fév. 2016


Valls avait déjà critiqué la politique d'Angela Merkel en soulignant que "l'ouverture des frontières n'est pas une solution durable et que si elle avait été momentanément justifiée, elle était impossible à tenir à terme."
"Nos capacités d'accueil limitées, les tensions des dernières semaines en Allemagne et ailleurs également en Europe, nous contraignent à dire les choses clairement: l'Europe ne peut pas accueillir tous les migrands de Syrie, d'Irak ou d'Afrique" et doit rétablir le contrôle sur ses frontières son immigration et sa politique d'asile. 
Merkel avait répondu par avance en quelque sorte aux critiques de Valls, qui ne fait que relayer celles des conservateurs de la CDU, de la CSU voire l'ultra-droite de l'Afd, auxquelles elle fait face depuis des mois en Allemagne. 
La politique qu'elle propose est difficile reconnaissait-elle à Hambourg vendredi 12 février, relève le quotidien die Welt. Mais c'est la seule qui permet de répondre à la crise des réfugiés "avec Humanité et dans le souci de l'avenir de l'Europe". A ceux qui veulent rétablir le contrôle des frontières et rappellent qu'il y a eu une vie avant Schengen, elle répond "volontiers", "oui, il y a eu aussi une vie avant la réunification de l'Allemagne -et à cette époque les frontières étaient encore mieux gardées".
Le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung  quant à lui, explique à ses lecteurs les attaques de Valls contre Merkel par la pression du Front National. "Alors que l'Allemagne a accueilli l'an passé un millions de réfugiés, la France est peu touchée par l'afflux provenant de la "route des Balkans". Le gouvernement se retrouve un an avant les prochaines élections présidentielles  sous la pression croissante du FN. Marine le Pen marque des points chez ses partisans avec son discours xénophobe et est devenu la seconde force derrières les conservateurs, avant les socialistes du président Hollande."
Bref, si Merkel a la trempe pour faire face aux pressions xénophobes dans son propre pays, ce n'est pas le cas de Valls.
Hollande partage-t-il les critiques de son premier ministre à la chancelière?