Les églises catholiques et protestantes sont  des partenaires de l'état, en particulier en ce qui concerne l'école, l'éducation les services sociaux et de santé.. Or un tiers des Allemands se disent aujourd'hui "sans confession » et nombre d'entre eux ne considèrent plus les activités des églises comme une contribution au bien être commun, mais comme une affaire privée.

Les avantages réservés aux églises leur paraissent donc être des privilèges injustifiés. Celles-ci ont contribué elles même à cette dégradation de leur image par leur financements opaques, les pressions exercées sur les salaires de leurs employés, ou les licenciements pour cause de remariage après divorce par exemple.

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le fisc relève l'impôt religieux

La direction du parti die Linke en Saxe prend en compte ces évolutions pour revendiquer sans « athéisme agressif », souligne le Süddeutsche Zeitung la fin des privilèges disproportionnés dont bénéficient les églises chrétiennes. Un amendement « Liberté, égalité, laïcité » sera soumis au vote du congrès fédéral du parti qui se tiendra fin mai à Magdebourg.

Il met en cause l'impôt religieux relevé par le fisc, le droit du travail particulier des employés des œuvres des églises et des entreprises qui leur sont liées, et toutes les formes directes ou indirectes de financement public dont elles sont bénéficiaires. Le suivi psychologique devrait remplacer le « souci des âmes » dans la Bundeswehr et la Police. Une « politique religieuse progressiste devrait non seulement garantir la liberté totale de religion mais également la liberté totale des sans religion ».

La fédération de Saxe ne figure pas parmi les poids lourds du parti die Linke. « Et la revendication d'une laïcité à la française a peu de chance d'être adoptée. Il faudrait pour cela modifier le texte de la constitution et les contrats qui lient l'état et les églises ». Pas besoin d'être un chrétien affirmé au sein du parti la Gauche, pour estimer que ce projet desservirait die Linke. Le document n'en jette pas moins un certain trouble au sein du parti, d'autant qu'il provient d'une direction régionale du parti unanime.

On retrouve d'ailleurs des préoccupations identiques chez les verts et une partie des sociaux-démocrates. Un cercle laïque avait été fondé en 2011 au sein du SPD. La direction du parti rejeta néanmoins à l'unanimité se reconnaissance. Le groupe "Humanistes et sans confessions" fondé en 2014 aurait plus de succès. Au sein du parti vert un rapport "visions du monde, communauté religieuses et état", propose de revoir les rapports des églises et de l'état en ce qui concerne le droit du travail ou l'impôt religieux. Les communautés musulmanes devraient être intégrées dans ces réformes.

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La Bavière épargnée par les débats

Mais ce sont préoccupations sans lendemain selon les défenseurs du système actuel qui a fait ses preuves, selon eux. « La collecte de l'impôt religieux marche bien, la majorité des parents souhaite une éducation religieuse pour leurs enfants, et la plupart des communes se réjouissent de l'existence de Caritas et Diakonnie, les œuvres catholiques et protestantes. "Le débat sur le droit du travail des églises est réservés aux spécialistes", note le quotidien münichois qui précise que ce débat n'a pas cours dans la très catholique Bavières.