Les obstacles à la carrière professionnelle des femmes, à la maternité conjuguée à l'activité professionnelle sont l'une des raisons majeures de ce déficit démographique. Une étude de « You Gov » qui vient d'être publiée, avance même que 20 % des parents en Allemagne « regrettent » d'avoir des enfants, contre 73 % et 7 % d'indécis.

Deux mille personnes, 1200 parents ont été « sondés » via internet pour réaliser cette étude, note le quotidien berlinois Tagesspiegel. Le thème de la « Maternité regrettée » est d'actualité depuis l'année 2015, à la suite de la publication de l'étude de la sociologue israélienne Orna Donath. Les femmes interrogées soulignaient à la fois qu'elles aimaient et haïssaient leurs enfants à la fois. Certaines regrettaient leur venue, dés le début de la maternité. Ce qui exclut un remord des parents lié à la personnalité de leur enfant ensuite.

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der Tagesspiegel 28/07/2016

Les « regrets de maternité » sont du même ordre chez les pères et les mères. 95 % d'entre eux assurent qu'ils n'en aiment pas moins leurs enfants. 50 % des sondés assurent qu'il est possible à la fois "d'aimer ses enfants, et de regretter d'avoir décidé d'en avoir". Cela tient peu aux naissances non-désirées, qui concerne 20 % seulement des parents qui regrettent la maternité.

La raison première du regret d'avoir eu des enfants tient aux obstacles qu'ils constituent au développement personnel. La moitié des parents estiment s'être sacrifiés pour les enfants et le famille. selon l'étude de « You Gov ». Mais ce « regret » tient surtout à la situation professionnelle et à l'activité des parents concernés.

«Ceux et celles qui travaillent à plein temps se sentent beaucoup moins limités dans leurs carrières et ont rarement le sentiment de s'être sacrifiés pour leurs enfants ». Or comme le démontre l'étude nombre de parents ont du prendre un emploi à temps partiel ou abandonner complètement leur job pour leur enfant.

1/3 des parents estime que leur carrière a souffert d'une naissance. 50 % des femmes sont de cet avis, 60 % même parmi les femmes qui « regrettent leur maternité ». La moitié des parents qui assurent aimer leurs enfants s'accordent à dire que la société attend des mères qu'elles « sacrifient leur ascension professionnelle pour leurs enfants. » Le manque d'équipements sociaux est incontournable « pas de crèches pas d'ascension professionnelle », résume le Tagesspiegel.

Les deux tiers des parents sondés par "You Gov" estiment que les équipements pour l'accueil des enfants, crèches, Kindergarten, n'offrent pas les places indispensables. Pourtant, c'est en Allemagne que la croissance de l'emploi des femmes a été la plus forte depuis l'an 2000, selon les statistiques de l'OCDE. Mais plus de la moitié d'entre elles travaillent à temps partiel.

Les hommes au contraire travaillent à temps plein. Tandis que les femmes s'occupent pour l'essentiel des enfants et des travaux du ménage -travail non rémunéré, à l'inverse de celui des hommes  note le quotidien die Welt. Une forte majorité des Allemands rejette le travail à temps plein pour les femmes parce qu'il « porterait tord à la vie familiale ».