"Le dialogue de St Petersbourg, organisme de dialogue mis en place par Wladimir Poutine et l'ex-chanvelier Schröder a été remis sur pied du côté allemand selon les voeux de la chancelière, en remplaçant la vieille garde des experts de la Russie qui l'ont façonné depuis dix ans, par des membres de la société civile, critiques vis à vis de la Russie, souligne Alexander Rahr, expert des relations germano-russes, dont nous rapportons les propos dans le Huffington Post". 

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Petersburg.PNG, août 2016

Les médias allemands revendiquent également que l'on cesse de se courber devant la Russie, pour lui parler clairement.

Au lieu de chercher les rapprochements, ce qui divise a pris le devant. Il est douteux que le dialogue y gagne politiquement. Le dialogue de Petersbourg n'en a pas moins survécu. Il reste indispensable pour les ONG allemandes dont nombre ont été fondées pour impulser la démocratie à l'est. Le dialogue est également indispensable du côté russe. Avant tout pour des raisons de prestige, afin de démontrer que la Russie n'est en aucun cas isolée. Les Russes se réjouissent déjà de la prochaine rencontre du dialogue à Berlin en avril prochain, espèrant ainsi que les sanctions encombrantes seront levées. Les objectifs des participants allemands et russes divergent pendant ce temps. Le côté allemand veut renforcer la pression sur le Kremlin en soutenant la société civile. Le côté russe voudrait rétablir les relations particulières avec l'Allemagne et espère que celle-ci va prendre ses distancces avec les USA. Ces deux perspectives sont illusoires. Les Allemands joue avec le temps et espèrent que les sanctions vont atteindre leur but, étouffer l'économie, faire chuter Poutine, la Russie renouant alors avec la démocratie. La partie russe sait seulement ce qu'elle ne veut pas...Un élargissement de l'Otan et de l'EU à l'Ukraine et le Georgie. Moscou joue aussi avec le temps, juge l'EU fragilisée par le Brexit et la crise des réfugiés. Quand les Allemands espèrent mettre la Russie sur la défensive en l'attaquant sur l'Ukraine, le côté russe réplique en accusant la politique allemande de faillite dans la crise des réfugiés et de kuschen -se coucher- devant les Américains. La dernière rencontre a démontré combien les deux parties vivent dans des mondes différents. Les deux côtés ont convenu cependant de poursuivre leur coopération dans les secteurs tels que l'économie, la politique, et la science. Mais l'Allemagne hypothèque ce rôle d'avocat de la Russie à l'ouest, qu'avaient imposé Kohl et Schröder. Aux yeux des critiques tout c'est une bonne chose, car pour eux l'Ukraine est devenue plus importante que la Russie. C'est une erreur de jugement fatale.